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Poirier… pour le vrai cette fois

L’élection précédente remontait à cinq mois à peine et cette fois, le député libéral sortant Jean Poirier retournait à Queen’s Park avec un mandat beaucoup plus clair, un total de 18 833 votes, soit une majorité de 7 796 votes sur son plus proche rival, le conservateur Guy Génier. Le candidat néo-démocrate Maurice Landry avait obtenu 2 625 votes. Le maire de Casselman avait blâmé la presse française pour sa cuisante défaite, une excuse toujours facile quand on est incapable de reconnaître les problèmes de son parti à l’échelle de la province. À l’échelle provinciale, les conservateurs de Frank Miller se contentaient d’un mandat minoritaire avec 52 députés, les libéraux de David Peterson en ayant fait élire 48 et les néo-démocrates de Bob Rae, 25. C’était donc à recommencer un peu plus tard. Je note que Poirier n’a jamais eu l’occasion de siéger à Queen’s Park entre son élection en décembre 1984 et sa réélection. L’article faisait évidemment la une de l’édition du journal Le Carillon du 8 mai 1985. Et Frank Miller ne serait pas premier ministre bien longtemps.

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Je ne crois pas que bien des employeurs l’ont imité, mais l’idée avait quand même été appréciée par son personnel. Mes collègues n’ont pas eu plus d’enfants par contre. Voici ce qu’on retrouve dans le journal du 1er mai 1985 : « La Société de gestion André Paquette a annoncé un nouvel avantage social pour la cinquantaine d’employés de quatre de ses filiales. Il s’agit d’un ‘boni familial’ calculé en fonction du nombre d’enfants d’un employé. Le boni en question comprend une somme hebdomadaire de 5 $ par semaine par enfant. Le président de la Société, André Paquette, a expliqué qu’il s’agissait pour lui de ‘mettre en pratique ce qu’il prêche’, c’est-à-dire encourager la famille. »

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Une nouvelle rubrique apparaît dans les pages du journal Le Carillon du 15 mai 1985. Sous le titre « Né d’une race fière », l’éducateur à la retraite Jean-Roch Vachon y publierait une courte généalogie de diverses familles francophones. Quand Jean-Roch m’avait offert cette collaboration, je lui avais dit qu’il faudrait qu’il m’en prépare une chaque semaine. En 2013, il remet toujours sa rubrique hebdomadaire au journal. Il avait respecté son engagement.

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Je vous avais écrit que nous étions dans les premières manifestations de la rectitude politique… la fameuse « political correctness » toujours omniprésente dans notre société d’aujourd’hui. Dans l’édition du 15 mai 1985, les lecteurs apprennent que « les autorités administratives du Conseil des écoles catholiques de Prescott-Russell ont décidé d’enlever des étagères de leurs bibliothèques les livres d’histoires de Newfies. (…) Les livres de Newfies comportent généralement des blagues de tous genres, souvent à double sens. Les acteurs dans ces blagues sont des Newfies, nom péjoratif des Terre-Neuviens, auxquels on prête méchamment de pauvres facultés intellectuelles. » Signe d’une époque révolue. Ces blagues avaient fait rire bien des gens pourtant!

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Parlant d’une autre époque, je retiens ce court paragraphe dans le journal du 15 mai 1985. « Renée Martel, le père Gédéon et Steve ‘Cassonade’ Faulkner monteront sur scène lors du premier Festival des mangeux de m’lasse, qui se déroulera dans la cour de l’école de Lefaivre du 20 au 23 juin. »

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Des animaux et des enfants dirait Steinbeck

Vous entendez souvent la remarque voulant que les animaux soient souvent mieux traités que les humains. Vous serez donc surpris de découvrir que les sociétés de protection de l’enfance tirent leur origine des sociétés protectrices des animaux. L’histoire surprenante est racontée dans Le Carillon du 3 avril 1985 parce qu’il était alors question du cinquantenaire de la Société d’aide à l’enfance de Prescott-Russell. La source du texte n’est pas identifiée, mais je tiens pour acquis qu’il s’agissait d’un document que nous avait fourni la Société en question. J’ajoute que mes parents ont été un foyer d’accueil dans les années 50-60… le temps de mon enfance et mon adolescence.

« Le service de la Société d’aide à l’enfance tel que nous la connaissons aujourd’hui dans Prescott-Russell résulte d’un cheminement historique qui ne remonte qu’au siècle dernier dans le continent nord-américain. Celui qui nous touche plus particulièrement, celui de Prescott-Russell, fête cette année son 50e anniversaire.

L’historique de ce service humaine ne pouvait se faire sans s’inspirer de grands noms qui ne sont pas nécessairement des fondateurs, Charles Loring Brace de New York ou John J. Kelson de Toronto, mais aussi de l’histoire du premier enfant qui a reçu des services de protection dont la situation engendra les premières lois de Protection de l’enfance.

Nous parlons de la petite Mary Ellen. L’histoire de cette petite fille est rappelée à maintes reprises dans les textes sur le bien-être de l’enfance pour rappeler sans doute aux praticiens la grande fragilité et l’impuissance des enfants face aux mauvais traitements. Un journaliste de l’époque, l’éloquent Jacob Riis – qui toute sa vie, par ses écrits, a tenté de confronter les gens de la classe moyenne au triste sort des pauvres de New York – raconte dans son livre ‘The Children of the Poor’, l’histoire de ‘Little Mary Ellen’s Legacy’.

C’était en 1871. Etta A. Wheeler, travailleuse à une mission pour les pauvres de New York, trouva qu’une petite fille connue depuis lors sous le nom de Mary Ellen était sévèrement maltraitée par un homme et une femme qui l’avaient retirée d’un établissement (institution) de charité et n’étaient pas ses parents. Les lois de l’époque ne permettraient pas que l’on appréhende l’enfant à moins de faire preuve que ‘l’enfant’ avait commis un crime, ou encore menait une vie immorale.

Trouvant la situation désespérée, Mme Wheeler eut la prescience de s’adresser à la Société protectrice des animaux, dirigée alors par Henry Bergh. Les lois régissant la protection des animaux donnaient des pouvoirs importants aux travailleurs de la Société afin de protéger les animaux jugés foncièrement impuissants (surtout les chevaux et les chiens de la ville) contre les mauvais traitements. L’avocat de la Société, Me Elbridge T. Gerry, présenta une requête à la cour, demandant qu’une Mary Ellen soit protégée et retirée des soins de l’homme et de la femme qui la maltraitaient. La requête se faisait sous la loi régissant la protection des animaux et l’avocat présenta l’argument que l’enfant, qui était aussi un animal, eût droit à la même protection d’un chien ou un cheval maltraité. La cause fut gagnée; la mère fut incarcérée pour un an et l’enfant – Mary Ellen – reprit la vie dans des circonstances qui garantissaient son épanouissement.

L’héritage de Mary Ellen fut donc de nous donner la première loi qui permettrait la protection des enfants. La première ‘Children’s Aid Society’ vit le jour encore à New York, deux décennies plus tôt, en réaction à la situation malheureuse des enfants trouvés de New York. Un journaliste de l’époque rapportait que quelque 10 000 jeunes garçons couraient les rues de New York le jour et le soir s’abritaient là où ils trouvaient un toit qui offrait un peu de protection. Et ces enfants, une fois ‘trouvés’, étaient placés en centre d’accueil pour enfants. Et là, ‘sauvés’ des dangers de la rue, ces enfants subissaient un esclavage des plus abominables. Les propriétaires de ces centres d’accueil profitaient énormément de ces placements. Ils recevaient une subvention de l’État pour chaque enfant trouvé et ensuite les nourrissaient peu, lui imposaient de durs labeurs, le maltraitaient et allaient jusqu’à le vendre en esclavage. Tel fut le cas de la petite Mary Ellen. En réaction à ces mauvais traitements, des gens tels Charles Loring Brace établirent des Sociétés de l’aide à l’enfance et des ‘Societies for the Protection of Children’. Ces organismes proposèrent une alternative acceptable ou la famille d’accueil. Bien que fondamentalement bonnes, ces réformes ne furent pas sans abus. Par exemple, M. Brace plaça systématiquement des milliers d’enfants avec des familles qui prenaient la route des pionniers vers l’ouest été les expatriaient à tout jamais du milieu de leur naissance. Heureusement, cette pratique cessa avec l’arrivée du nouveau siècle.

Plusieurs centres d’accueil pour enfants ont été fermés systématiquement à la même époque. Ces centres d’accueil représentaient le triste héritage de l’époque médiévale qui vit des centaines de milliers d’enfants maltraités tout au long des mille ans de l’histoire de ce genre de service. Des milliers d’enfants furent ‘hébergés’ à Paris dans des conditions rappelant celles imposées aux forçats de la Salpêtrière. Ces centres d’accueil hébergeaient simultanément des nombres incroyables de jeunes : par exemple, au IXe siècle, 2000 à l’Asile pour enfants à Naples et au XIXe siècle, jusqu’à 25 000 enfants trouvés à l’hôpital pour enfants à St-Petersburg.

Depuis la fin du XIXe siècle, l’utilisation systématique de la famille d’accueil a permis à des centaines de milliers d’enfants de se voir accorder l’occasion de l’épanouissement dans une situation familiale, entourée de parents substituts aimants.

Plus près de chez nous, à Toronto, l’urbanisation croissante créait des problèmes nouveaux, mais non pas sans précédent. S’inspirant de gestes posés aux États-Unis, un jeune journaliste, John J. Kelso, travailla à protéger les enfants qui livraient les journaux et qui étaient souvent des jeunes sans famille. Rapidement, son attention se tourna vers la situation malheureuse des enfants trouvés de Toronto. À cette période se fonda la ‘Toronto Humane Society’ qui voyait à la promotion de la protection des animaux et des enfants.

En 1888, grâce aux efforts de Kelso et de la ‘Toronto Humane Society’, la législature adopta une loi de Protection des enfants et la ville de Toronto embauchait un ‘Cruelty Constable’ qui voyait à prévenir la cruauté envers les chevaux et les enfants.

Aussi, mentionnons qu’à la même époque, la ‘Toronto Fresh Air Fund’, œuvre de philanthropie très populaire, voyait à organiser des randonnées en campagne et des colonies de vacances en plein air pour les enfants moins fortunés de la ville. C’est l’union de tous ces efforts communautaires et le leadership de J.J. Kelso qui mena à l’incorporation de la première Société de l’aide à l’enfance en 1891. S’en suivront les 51 autres Sociétés de l’Ontario, dont la SAE de Prescott-Russell fondée en 1935.

Ce bref historique de la protection de l’enfance n’a pu, malheureusement, traiter des (et elles sont multiples) questions d’intérêt historique et de l’heure – l’abus sexuel, l’infanticide, le rôle changeant de la famille, l’adoption, entre autres.

Il devrait toutefois permettre à faire comprendre la richesse des traditions du bien-être de l’enfance, les racines historiques de la SAE de Prescott-Russell et l’importance de notre vigilance continue à voir à la protection de l’enfance. »

Cette conclusion est toujours pertinente en 2013.

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C’est dans le journal. Vous êtes coupable!

Encore aujourd’hui, des gens reprochent aux médias de « condamner » d’avance des citoyens qui sont arrêtés et accusés. Dans mon éditorial du 3 avril 1985, je fais référence à une résolution dont avait été saisie le Conseil national des femmes. Une section, le Conseil des femmes d’Ottawa, « qui représente pas moins de 66 organisations féminines de la région de la capitale » voulait « que le Code criminel soit amendé afin de prévoir que le nom ou l’identité d’une personne arrêtée ou accusée d’un délit ne soit pas publié dans aucun journal, magazine, périodique ou média quelconque de quelque façon que ce soit jusqu’à ce que la condamnation soit rendue à moins que la personne accusée consente à la divulgation ou à la publication de son nom ». Cette résolution faisait suite au cas de « Susan Nelles, cette infirmière de l’Hôpital pour enfants de Toronto » qui avait été accusée puis innocentée, mais dont la réputation, entre temps, avait été démolie par la couverture dans les médias nationaux. J’avais argumenté que le souhait du Conseil national des femmes, « tout valable qu’il puisse être, entre pourtant en contradiction avec le principe de notre société ‘juste et démocratique’ qui veut non seulement que justice soit faite, mais qu’on doive la voir faire ». Le cas contraire ouvrirait la voie à des tribunaux secrets « ouverts aux abus les plus crapuleux ». Évidemment, le Code criminel ne serait jamais modifié dans un tel sens. Et en 2013, au Québec, la Commission Charbonneau est un exemple flagrant des effets du moindre soupçon sur la réputation des gens; avant, il y avait eu l’effet Gomery.

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Signe des temps. J’en fais une note dans ma chronique du 3 avril 1985. « Nos lecteurs nous pardonneront quelques erreurs imprévisibles au cours des prochaines semaines. Nous sommes en train de nous adapter progressivement à notre nouveau système de rédaction par ordinateur. Les textes du journal de cette semaine, à quelques rares exceptions, ont tous été conçus grâce à ce petit écran cathodique merveilleux… (si l’on peut en comprendre toutes les complexités). Patience. Nous tenterons par la suite de vous améliorer encore davantage votre journal favori. » L’avènement du traitement de texte pour les journaux et les imprimeries… toute une innovation. La prochaine étape serait l’acquisition d’un Macintosh d’Apple, qui était alors la plus merveilleuse des inventions pour la mise en page graphique. Une petite expression… WYSIWYG… qui reflète l’arrivée de l’informatique dans nos vies de journalistes.

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La publicité du gouvernement fédéral était précisément publiée dans l’édition du 17 avril 1985 du journal Le Carillon et s’intitulait « Date historique pour la reconnaissance des droits à l’égalité ». Le texte se lisait ainsi :

« Le 17 avril 1985, l’article 15 de la Charte canadienne des droits et libertés entrera en vigueur. Son libellé est le suivant :

‘15 (1) La loi ne fait acception de personne et s’applique également à tous, et tous ont droit à la même protection et au même bénéfice de la loi, indépendamment de toute discrimination, notamment des discriminations fondées sur la race, l’origine nationale ou ethnique, la couleur, la religion, le sexe, l’âge ou les déficiences mentales ou physiques.

(2) Le paragraphe (1) n’a pas pour effet d’interdire les lois, programmes ou activités destinés à améliorer la situation d’individus ou de groupes défavorisés, notamment du fait de leur race, de leur origine nationale ou ethnique, de leur couleur, de leur religion, de leur sexe, de leur âge ou de leurs déficiences mentales ou physiques.’

(…) Un comité de sept députés représentant les trois partis de la Chambre des communes étudie actuellement les lois fédérales afin d’en assurer la conformité avec la lettre et l’esprit des garanties d’égalité et de non-discrimination contenues dans la Charte. »

Évidemment, ces clauses auraient une grande portée sur la vie de tous les Canadiens et, en cours de route, créeraient un nouveau concept, celui des accommodements raisonnables… sans oublier la pernicieuse « rectitude politique ».

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Le chef redevient sergent

« Après 11 ans à la tête de la Sûreté municipale de Hawkesbury, Maurice Durocher a démissionné de son poste de chef et a accepté de servir en tant que sergent. » La nouvelle fait la une de l’édition du 13 mars 1985 du journal Le Carillon. Ça se passe quelques semaines après la nouvelle des malaises décelés par la Commission de police, mais Durocher laisse supposer que ça n’a rien à y voir. « Je songeais à abandonner bien avant que ces rumeurs surgissent. » Le chef Durocher avait mentionné « qu’il garde plusieurs bons et mauvais souvenirs de sa décennie comme chef. C’est toutefois l’amer souvenir de la grève d’Amoco qui est le plus vivant dans sa mémoire. ‘Plusieurs personnes m’en ont voulu et m’en veulent encore pour les mesures que j’ai prises. Mais je ne faisais que prendre mes responsabilités; protéger la propriété privée, la propriété publique et empêcher les gens de commettre des actes qu’ils auraient regrettés ensuite’, a-t-il relaté. » Il sera remplacé plus tard par le sergent Michel Denis. En passant, le fils aîné de Maurice, né à Windsor (Ontario), Paul-André, est aujourd’hui évêque du diocèse de Gatineau.

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« Prise d’assaut depuis peu par une équipe de démolisseurs, l’usine de la CIP devait être la proie de flammes lundi soir, deux ans après sa fermeture. La section du cuiseur, haute de quelque 25 mètres, a été transformée en brasier et le feu a fait rage jusqu’à 2 heures dans la nuit. (…) Le feu aurait pris naissance alors que les démolisseurs faisaient usage de torches pour couper le métal. » Heureusement, personne n’avait été blessé et les dommages n’avaient aucune importance puisqu’il fallait démolir de toute façon. C’est dans le journal du 13 mars 1985.

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C’était toujours un peu déchirant de rapporter les incendies dans des fermes parce que la plupart du temps, il était question d’animaux victimes. « Quelque 1 410 cochons d’engraissement ont péri dans l’incendie de la porcherie de Jean-Guy Wathier, de Caledonia, dans la nuit de vendredi à samedi. La bâtisse, à l’écart sur la ferme, avait été construite en 1978 et s’allongeait sur 400 pieds. (…) La porcherie, couverte par des assurances, abritait des porcs à maturité, d’autres tout jeunes ou en croissance. » Le gagne-pain d’une famille de trois enfants qui s’envolaient dans les flammes.

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Frank Miller avait déclenché des élections provinciales générales pour le 2 mai 1985. Dans Prescott-Russell, il était sous-entendu que le candidat au scrutin complémentaire, Gaston Patenaude, le maire du canton de Russell serait encore dans la course. Mais comme on l’apprend dans le journal du 3 avril 1985, « Gaston Patenaude a abandonné toute idée de devenir député ». Il avait affirmé que « sa décision doit être interprétée comme un geste de solidarité envers le Parti conservateur ». Par contre, Patenaude avait revendiqué plusieurs réalisations. « J’ai quand même obtenu beaucoup plus que M. Poirier (le député libéral actuel), a-t-il soutenu. Mentionnons les trois résidences pour personnes âgées ou handicapées, Rockland, 32 logis, Plantagenet 26 logis et Embrun 45. Je leur avais promis mon intervention et je l’ai fait. J’ai travaillé conjointement avec la majorité des municipalités qui devaient rencontrer certains ministres… J’ai répondu à nombre d’appels téléphoniques de plusieurs personnes qui se sentaient mal représentées et qui me considéraient l’approche normale entre eux et le gouvernement. C’est d’ailleurs ce que je faisais depuis 1981. » Il faut ajouter que les rumeurs d’alors laissaient entendre l’élection d’un gouvernement libéral en Ontario, avec David Peterson à sa tête.

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Jean-Pierre Cloutier, agent de développement de l’ACFO

J’ai encore des pièces de poterie de lui à la maison. Par contre, j’avais oublié qu’il avait fait partie de ma salle de nouvelles, à temps partiel, au début de 1985. Et comme on peut le lire dans Le Carillon du 27 février 1985, « Jean-Pierre Cloutier, un potier qui œuvre dans le village de Fournier depuis 1979, deviendra vendredi le nouvel agent de développement de l’Association canadienne-française de Prescott-Russell. » Il succédait bien sûr à Jean Poirier, qui était devenu député provincial à Queen’s Park. « Âgé de 42 ans, le nouvel agent de développement communautaire est originaire de Plessisville, au Québec, et possède une formation considérable en journalisme et en archéologie. Il a déjà travaillé à La Voix de l’Est de Granby, à La Tribune de Sherbrooke et à L’Écho de Vaudreuil-Soulanges, et plus récemment à temps partiel à L’Express de Hawkesbury. Depuis quelques mois, il était à l’emploi temporaire du Carillon à titre de journaliste à temps partiel. » Temporaire à temps partiel… ce n’est pas une garantie d’avenir! Jean-Pierre nous avait dépannés pendant le congé de maternité de Monique Castonguay. Jean-Pierre Cloutier était déménagé en Ontario en 1965, s’était installé à St-Isidore en 1976 puis dans la communauté voisine de Fournier trois ans plus tard. Il avait d’ailleurs œuvré depuis longtemps au sein de l’ACFO régionale.

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Il était avantageusement connu de tous les producteurs laitiers de Glengarry-Prescott-Russell et d’ailleurs en Ontario. Le journal du 27 février 1985 nous annonce le décès d’Elphège Lefebvre, à l’âge de 76 ans. Il était un cousin de ma mère. « Politicien pendant vingt ans et représentant des comtés de l’Est ontarien auprès de la Régie ontarienne de mise en marché du lait pendant 12 ans, M. Lefebvre est décédé au cours d’un séjour prolongé en Floride. (…) Cultivateur de son métier, M. Lefebvre a fait son entrée sur la scène politique en 1946, alors qu’il était élu conseiller de sa municipalité natale, le canton de Hawkesbury-Est. Il fut subséquemment sous-préfet, de 1948 à 1958, ensuite préfet, de 1958 à 1964, année où il fut élu président du Conseil des comtés unis de Prescott-Russell. Sa retraite politique, en 1964, ne mettait cependant pas fin à ses activités. Cette même année, il était nommé au sein de la Régie ontarienne de mise en marché du lait par le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation d’alors, M. William Stuart. » Il y a siégé jusqu’en 1976. Né en 1908 à St-Eugène, il laissait son épouse de 46 années, Mary Wylie, et une fille adoptive.

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Frank Miller est le nouveau premier ministre de l’Ontario. Il a remplacé William Davis à la tête du parti progressiste-conservateur. Il s’arrête à Hawkesbury afin de visiter les installations de l’usine Montebello Metal et de rencontrer des partisans conservateurs bien entendu. Il n’avait pas voulu parler de date d’élections, mais il était clair que le parti préparait le terrain. Le candidat Gaston Patenaude, défait lors de l’élection complémentaire, l’accompagnait. Note discordante, Miller avait déclaré que « de ne pas avoir le bilinguisme officiel, c’est important pour le moment ». Miller ne sera pas premier ministre pendant bien longtemps.

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Nos méthodes ne plaisaient pas à tout le monde à l’Association du hockey mineur de Hawkesbury. En prenant la tête de l’organisation, mon équipe et moi avions promis du nouveau, dont « un nouveau mode d’évaluation des joueurs, en prévision de la saison 1985-1986 ». Un court encadré en explique les grandes lignes dans le journal du 6 mars 1985. « La nouvelle procédure veut impliquer directement l’équipe d’instructeurs dans l’évaluation des joueurs, afin d’en arriver à une meilleure répartition et un meilleur équilibre des formations dans chacune des catégories. L’évaluation se concentre à la fois sur les techniques de hockey (patin avant et arrière, maniement du bâton, lancers, jeu de position, échec avant), en plus de l’attitude générale et du rendement global du jeune joueur. Chaque instructeur remplira un ‘bulletin d’évaluation’ pour chacun des joueurs évoluant présentement sous sa direction. L’exécutif de l’AHMH qui sera élu en avril prochain pourra ensuite, en collaboration avec ses instructeurs, mieux préparer la saison prochaine. » Nous avions été réélus.

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Une super agence pour contrôler l’information

Lorsque je repasse les journaux d’il y a 30 ans et plus, je n’en reviens pas de constater comment tout se répète et que rien ne change… ou presque. Cette fois, je me réfère à l’édition du 23 janvier 1985 du journal Le Carillon dans laquelle le député libéral Don Boudria reproche « au gouvernement conservateur de mettre en place une super agence d’information, d’effort démesuré visant à créer une sorte de Pravda Canada »; Pravda étant l’agence de contrôle d’information de l’ancienne Union soviétique. Ainsi, comme le signalait Boudria, « toute la publicité gouvernementale serait contrôlée par cette super agence qui superviserait le contenu publicitaire et les activités de relations publiques de tous les départements gouvernementaux ». Aujourd’hui, en 2013, ce sont encore les conservateurs qui dirigent de cette manière et l’agence équivalente est à toutes fins utiles le bureau du Conseil privé, le « cabinet » du Premier ministre Stephen Harper. Dans l’article, par exemple, il était question d’une directive du ministre Érik Nielsen qui aurait « ordonné à la Fonction publique d’observer un silence total ». Comme l’ajoutait Boudria, « au lieu d’avoir un gouvernement ouvert, tel que promis, les conservateurs nous offrent un gouvernement où toute l’information sera manipulée par un contrôle centralisé ». C’est le même genre de critiques que l’on peut lire dans les journaux de 2013. Et finalement, le député Boudria avait conclu que « le déploiement de ces efforts est comparable à l’endoctrinement utilisé en Union soviétique ». Bizarre! Très bizarre en rétrospective!

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Le conseiller Claude Demers l’avait bien fait et si c’était bon pour un, ce devait être bon pour un autre. La manchette du journal du 30 janvier 1985 annonce que cette fois, c’est le sous-préfet Jean-Guy Parisien qui démissionne du Conseil municipal de Hawkesbury. Pourquoi? Parce qu’il venait d’être « embauché comme surintendant des travaux publics pour la municipalité ». Entre temps, le conseiller Demers avait été promu d’employé à temps partiel au poste « de contremaître permanent » du Service des loisirs. Il faut préciser que dans le cas de M. Parisien, il « avait été à l’emploi du service d’ingénierie de la ville pendant sept ou huit ans au début des années 70 ». Quelques semaines plus tard, les membres du Conseil choisissent le conseiller Edward Mullin pour devenir sous-préfet alors que le poste de conseiller vacant sera pourvu par une candidate défaite au dernier scrutin, Claudette Larocque. Ce qui fait dire à mon caricaturiste Hamilton, dans un dessin montrant une très longue file de personnes devant l’hôtel de ville : « Ce sont des chômeurs!… Ils veulent se faire élire au Conseil pour avoir un emploi à la ville! »

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Bisbille à la Sûreté municipale. Dans un article à la une de l’édition du 13 février 1985, je fais état « d’une série de malaises qui nuiraient au bon fonctionnement de la Sûreté municipale de Hawkesbury. Personne ne veut émettre de commentaires officiels sur cette situation, mais Le Carillon a appris que la Commission de police tente de rétablir l’ordre et un meilleur climat de travail, en se penchant sur des circonstances vieilles de plusieurs années, négligées dans le passé. » L’article ajoutait que « la situation se serait aggravée récemment par la présentation d’une pétition des policiers, réclamant des solutions ou une nouvelle direction ». De temps à autre, à Hawkesbury, de tels malaises faisaient surface et à chaque fois, il était question de démanteler la Sûreté municipale et d’utiliser plutôt les services de la Sûreté de l’Ontario. C’est ce qui devait se produire quelques années plus tard.

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Du poisson, s.v.p.! Quelle sorte, Monsieur?

Le rôle d’un journal est de renseigner, bien sûr. Parfois, il arrive que l’actualité ne suffise pas à remplir toutes les pages et il faut alors recourir à l’information générale. C’est pour ça que nous avions des services de presse et des communiqués de toutes sortes. Dans une édition de fin d’année, quand même l’actualité prend des vacances, ces renseignements généraux étaient très utiles. Le texte suivant provient de l’édition du journal Le Carillon du 26 décembre 1984, la dernière de cette année-là. Je pense qu’il est encore pertinent. Aujourd’hui, il en existe encore plus de variétés, dont le tilapia par exemple, absent de la liste. Et il y en a quelques-uns qui ne sont pas des poissons, mais plutôt des mollusques ou des crustacés. C’est ce que nous avions publié.

Il est vous est sans doute déjà arrivé d’acheter du poisson en vous disant que vous aviez déjà vu le même poisson sous un autre nom.

Les nombreux étrangers qui ont immigré au Canada au fil des ans ont amené avec eux une grande diversité de traditions culinaires, ainsi que des méthodes et des termes datant de plusieurs siècles. Les appellations utilisées sont en effet si nombreuses qu’elles diffèrent non seulement entre les pays, mais aussi entre les régions d’un même pays.

Le Canada ne fait pas exception à la règle. Ainsi, peut-être saviez-vous que la morue et le cabillaud ne désignent en réalité qu’un seul et même poisson. Le lexique qui suit a justement été préparé pour montrer ces différentes et aider les consommateurs à s’y retrouver.

Espèce d’eaux douces

Omble chevalier : omble, artic char (charr).

Touladi : omble gris, truite de lac, truite grise, lake trout, grey trout, salmon trout, Great Lakes char, mackinaw, togue.

Meunier noir : catostome noir, aspirant, carpe ronde, carpe noire, cyprin, sucet, mullet.

Grand brochet : brochet du Nord, brouche, laceau, pogeau, paignard, brochet, Northern pike, jackfish.

Doré noir : doré charbonnier, sandre du Canada, sandre canadien, sauger, yellow walleye.

Doré : doré jaune, doré blanc, sandre d’Amérique, walleye pike, yellow pike, yellow pichernel, jackfish, golden pike, opal eye.

Perchaude : yellow perch.

Espèces de l’Atlantique

Morue de l’Atlantique : morue fraîche, cabillaud, cod, bacalhau.

Aiglefin : eglefin, haddock, gibber, chat, pinger.

Goberge : lieu noir, charbonnier, merlan, merlan noir, colin, pollock, Boston bluefish, blisterback, saithe, coalfish.

Sébaste : poisson rouge, chèvre, perche rose, rascasse du nord, redfish, ocean perch, rosefish, bream, Norway haddock, seabream, berghilt, red borsch, red perch, soldier.

Plie du Canada : balai, american plaice, canadian plaice, roughback, dab, sand dab, plaice.

Plie grise : flet, carrelete, flandre, plie, sold, witch flounder, greysole.

Limande à queue jaune : yellowtail flounder.

Flétan de l’Atlantique : Atlantic halibut.

Flétan du Groenland : turbot du Groenland, flétan noir, Greenland halibut, Greenland turbot, Newfoundaland turbot, turbot.

Loup de l’Atlantique : poisson loup, loup de mer, Atlantic catfish, ocean catfish, striped wolfish, ocean whitefish.

Pétoncle géant : coquille St-Jacques, sea scallop, smooth scallop, giant scallop.

Crabe des neiges : crabe araignée, snow crab.

Crabe commun : crabe de roche, rock crab.

Clam : mye, praire, hard-shelled ou quahaug, quahog, soft shelled clam, steamer.

Espèces du Pacifique

Saumon quinnat : saumon royal, saumon roi, saumon chinook, spring salmon, chinook salmon, king salmon, black salmon, chub salmon, tye quinnet salmon.

Saumon keta : saumon chien, chum salmon, keta salmon, dog salmon, qualla, calico salmon, fall salmon.

Saumon rose : pink salmon.

Saumon rouge : saumon du Pacifique, sockeye salmon, Pacific salmon.

Saumon Coho : saumon argenté, coho salmon, rock salmon, medium red salmon.

Morue du Pacifique : Pacific cod, grey cod, greyfish.

Morue du Pacifique occidental : walleye pollock, Alaska pollock, bigeye pollock, pollack.

Morue charbonnière : black cod, sablefish, blue cod, bluefish, Alaska black code, Pacific black cod, candlefish, coal cod, coalfish.

Morue-lingue : lingcod, blue cod, buffalo cod, green cod, greenling, leopard code, cultus cod.

Sole anglaise : sole du Pacifique, English sole, common sole, California sole.

Sébaste canari : scorpène, rascasse, canady rockfish, orange rockfish.

Sébaste à longue mâchoire : sébaste du Pacifique, scorpène, Pacific ocean perch, long jaw rockfish.

Sébaste aux yeux jaunes : scorpène, Pacific red snapper, yelloweye rockfish.

Crabe dormeur du Pacifique : dungeness crab.

Palourde : palourde japonaise (asari), japanese little-neck clam, Manila little-neck clam, rock pickle (native), Pacific little-neck clam (native).

Ormeau japonais : ormeau, japanese abalone, pink abalone, pinto abalone, ear, shell, Venus ear.

Huître du Pacifique : huître du Japon, huître, Pacific oyster.

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Tiens, tiens! Du déjà-vu!

Le scandale des commandites ne ferait surface qu’une vingtaine d’années plus tard et la Commission Charbonneau encore plus tard, mais les deux avaient en commun les ristournes à des partis politiques. Au début de 1985, ce n’est nul autre que notre député libéral fédéral Don Boudria qui demandait à la Gendarmerie royale du Canada de mener une enquête « sur les circonstances entourant l’octroi par le gouvernement d’un contrat de publicité à des entreprises liées de près avec le parti conservateur ». L’histoire est racontée dans Le Carillon du 16 janvier 1985. Un peu moins de 20 ans plus tard, le même Boudria se retrouverait en plein « scandale des commandites » pour la même situation qu’il décriait, mais cette fois avec les rumeurs de ristournes à son parti. En politique, les leçons de l’histoire sont souvent mal apprises.

Se référant à un article publié dans le quotidien The Toronto Star du 5 janvier 1985, Boudria n’y allait pas par quatre chemins et ses propos de l’époque sont drôlement révélateurs en rétrospective. L’article du Star alléguait « que les entreprises en question se sont vu accorder des contrats conditionnels à l’acceptation de remettre un pourcentage de leurs frais au parti conservateur. (…) La compagnie chargée de l’administration des contrats gouvernementaux devrait administrer des contrats d’une valeur d’environ 60 millions de dollars par année et aurait droit en retour à une commission d’environ 3 p. cent ». Décidément, ce pourcentage semble être un standard en politique!

Boudria avait été surpris d’apprendre que « M. Roger Nantel, conseiller de M. Mulroney pour le Québec, et copropriétaire de la firme qui aurait été choisie par le gouvernement, aurait déclaré qu’une ‘partie des profits n’irait pas à des individus, mais servirait à l’organisation d’événements spéciaux permettant au parti de se rapprocher de la base lors de séminaires avec les ministres québécois. » Au moins, il ne s’en cachait pas. Boudria croyait « que les profits découlant d’un tel contrat pourraient servir les intérêts du parti conservateur et constituer ‘une violation des articles 108 et 110 du Code criminel ». En réponse aux attaques de Boudria, le ministre Harvie Andre avait déclaré « qu’il n’y avait rien là pour justifier la tenue d’une enquête. Les journaux torontois ont déjà fait marche arrière au sujet des déclarations relevées. Les deux personnes ont tout simplement été mal citées ou mal interprétées. » L’excuse universelle!

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À mon point de vue, ce jugement de la Cour suprême du Canada était trop passé inaperçu et pourtant, ses conséquences futures étaient dangereuses « à cause des discussions sur le financement des écoles secondaires catholiques en Ontario ». La Cour suprême avait « statué que les enseignants dans les écoles catholiques peuvent être congédiés ou disciplinés s’ils ne suivent pas les directives et les lois de l’Église ». J’avais commenté que « les conséquences sont inquiétantes pour la liberté individuelle des parents comme des enfants et non pas seulement des employés ». En ce 16 janvier 1985, la date de l’édition du journal Le Carillon dans laquelle je commentais la décision, la Charte des droits et libertés était encore toute nouvelle, peut-être que les juges ne l’avaient pas tous comprise.

Quoi qu’il en soit, la Cour suprême avait décrété que « la direction de l’école St-Thomas-d’Aquin de Vancouver-Nord n’avait pas enfreint le Code des droits de la personne de la Colombie-Britannique quand elle avait discipliné une enseignante catholique qui s’était mariée à un divorcé méthodiste ». Je traitais de la question à la lumière de la décision du premier ministre William Davis de prolonger le financement des écoles catholiques jusqu’à la fin du niveau secondaire. Davis avait « indiqué que les conseils scolaires catholiques devront embaucher des enseignants non catholiques pendant une période de dix ans » et cela, à mon avis, allait à l’encontre de la décision de la Cour suprême qui avait décrété « que les conseils catholiques ont le droit d’accorder une préférence d’emploi à un catholique pratiquant ». J’avais conclu que « la seule façon d’éviter une répétition d’une décision semblable, hautement rétrograde à notre avis est de changer les lois ». Je n’ai pas entendu parler d’autres causes semblables ou d’autres situations similaires bien que nous sachions tous que la pratique catholique est loin d’être ce qu’elle était à ce moment-là et encore.

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Deux chapeaux… lequel porter?

Je n’ai jamais compris la logique de la décision du conseil d’administration de l’Hôpital général de Hawkesbury et la région de nommer son directeur général comme ombudsman. Les intérêts de l’un étaient en contradiction avec les responsabilités de l’autre… pourtant entre les mains d’un même individu. « Tout en essayant d’obtenir de hauts standards de performance et de qualité au service des bénéficiaires de l’hôpital, peut-on lire dans Le Carillon du 16 janvier 1985, le conseil d’administration a délégué son directeur général afin d’agir comme ombudsman avec l’objectif primaire d’obtenir des membres de la communauté qui utiliseront les services hospitaliers, tout problème, plainte ou suggestion. Tout problème et toute plainte ne peuvent être corrigés si l’hôpital n’en est pas informé. » Logiquement, donc, le conseil d’administration s’attendait à ce que son directeur général Michel P. Lalonde donne suite à toute recommandation que pourrait lui proposer l’ombudsman Michel P. Lalonde. L’article ne dit pas si Lalonde obtenait un ajustement salarial pour cette nouvelle responsabilité!

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Il n’y avait pas de casinos dans la région à cette époque et, conséquemment, les soirées de bingo jouissaient d’une grande popularité à Hawkesbury comme ailleurs. Il ne fallait donc pas se surprendre, en lisant le journal du 16 janvier 1985, d’apprendre que des entrepreneurs indépendants voulaient une part du gâteau. « L’existence de l’entreprise ‘Chez Bingo’, qui devait ouvrir ses portes ce soir dans le centre commercial Hawkesbury Centre, semble sérieusement compromise à cause de pressions qui seraient exercées de part et d’autre. Le propriétaire du nouvel établissement, Dennis Turnbull, n’a pas caché que son entreprise éprouvait présentement quelques ‘petits problèmes’ découlant du fait que certains groupes reliés à des paroisses exerceraient des pressions à l’endroit des organismes qui avaient manifesté un certain intérêt. (…) Le Carillon a appris que ‘Chez Bingo’ approchait des groupes des villages voisins (L’Orignal et Vankleek Hill, par exemple) qui seraient intéressés dans la proposition d’organiser des bingos à cet endroit, faute de l’intérêt décroissant des groupes locaux. » Je ne me souviens pas si l’entreprise avait finalement ouvert ses portes.

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Jack Histed était un spécialiste en recherches sur les pâtes et papiers de la CIP Research Ltd à Hawkesbury et il s’était vu « conférer un honneur d’envergure internationale » en étant accepté comme « fellow de la Technical Association of the Pulp and Paper Industry », une société professionnelle qui regroupait alors 26 000 membres dans 70 pays. L’association ne comptait que 232 ‘fellows’, dont Jack Histed. « M. Histed a acquis une réputation internationale à la suite de ses recherches effectuées dans les techniques de blanchissage. Ses travaux ont permis à l’industrie de la pulpe et du papier de développer des méthodes simplifiées de blanchiment, qui ont entraîné des économies substantielles en dépenses capitales et en frais d’exploitation. Le processus simplifié découvert par M. Histed est utilisé dans une dizaine d’usines en Amérique du Nord. Ses études ont conduit à des méthodes de réduction des effluents et à un meilleur contrôle de la qualité dans le blanchiment de la pulpe. Il a également été à l’origine de l’introduction d’un procédé de blanchiment à l’hypochlorure à haute température qui a rendu possible un contrôle plus étroit de ce procédé ». Jack était actif au club Rotary de Hawkesbury et il était le conjoint de Roberta, bien connue dans le milieu de gestion des écoles publiques de Prescott-Russell. À ce moment-là, Jack était déjà à l’emploi de CIP Research depuis une trentaine d’années.