Hawkesbury voulait tout faire

C’était un cadeau bien reçu dans le contexte de l’après-CIP. « L’Association d’investissements industriels de Hawkesbury a obtenu la subvention de 430 000 $ pour son projet d’édifice industriel locatif dans le parc industriel local. » La nouvelle est publiée dans l’édition du 6 juillet 1983 du journal Le Carillon. Le député fédéral Denis Ethier avait annoncé cette subvention versée « sous l’égide du Programme Canada-Ontario de développement de l’emploi ». Les autorités municipales avaient voulu mobiliser tous leurs efforts pour attirer de nouvelles sources d’emploi à Hawkesbury. « Le projet d’édifice de 20 000 pieds carrés, sur un terrain municipal au coin sud-est des rues Aberdeen et Tupper, dans le parc industriel, représente quelques 1 075 semaines/heures de travail, soit environ 40 emplois, spécialisés ou semi-spécialisés ou de journalier. » Quant au maire Lucien Berniquez, il avait ajouté « qu’il sera plus facile de continuer le développement de la rue Tupper et de la prolonger de Spence à Aberdeen et éventuellement jusqu’à la rue Principale ». Depuis plusieurs années, cette rue Tupper relie la route 17 à la rue Principale et le nouveau mégaentrepôt des pharmacies Jean Coutu y est construit.

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Plusieurs automobilistes et camionneurs savaient que traverser le pont Perley relevait parfois de l’acte de courage. « Les fracassantes déclarations du fondateur de l’Association des scaphandriers du Québec, Guillaume Tremblay, selon lesquelles certains ponts du Québec sont dans un état si déplorable qu’ils pourraient s’affaisser et que le pont Perley entre Grenville et Hawkesbury soit probablement le plus mal en point ont été vigoureusement contredites par l’ingénieur maritime en chef de la région de la capitale. » On peut lire ce texte dans le journal du 6 juillet 1983. Jos Roach avait « affirmé que le pont a subi des travaux de réparations incessants au cours de la période s’étalant de 1975 à 1981. Ces travaux consistant en la réfection de la chaussée du tablier du pont, le renforcement de la structure et en la réparation de deux poutres de soutènement usées ont coûté 1,8 million de dollars. » Tremblay avait basé ses commentaires sur la situation qui prévalait avant les travaux de réfection. Mais malgré l’assurance des ingénieurs, tous savaient qu’il faudrait un jour remplacer ce pont inquiétant. Il faudrait patienter encore longtemps.

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Albert ‘Ti-pit’ Sabourin avait 78 ans et disait « qu’un être humain n’est vieux qu’à 80 ans ». Il avait « travaillé plus de 30 ans pour la CIP et a vécu la syndicalisation ». Le journaliste Yves Rouleau raconte son histoire dans le journal du 13 juillet 1983. Il avait réagi aux opinions publiques blâmant « le syndicat d’avoir précipité la fermeture de l’usine CIP » et s’était porté à la défense de son ancien syndicat.

« J’ai entendu des gens dire que l’usine de la CIP avait mis le cadenas à la porte parce que le syndicat était devenu si puissant qu’il encourageait la paresse chez les employés. (Note du blogueur : J’avais personnellement entendu de tels commentaires.) Ce sont des affirmations gratuites de gens qui n’ont jamais mis les pieds à la CIP. Je suis à la retraite depuis quelques années déjà, mais j’ai travaillé assez longtemps à l’usine pour affirmer catégoriquement que le syndicat a été très bénéfique aux employés sans entraver les opérations de la compagnie. Grâce au syndicat, les employés ont obtenu des salaires décents, un milieu de travail plus sécuritaire, des vacances adéquates et jouissent maintenant d’un niveau de vie plus raisonnable à leur retraite. Tout cela, les employés le méritent. » Il avait quand même reconnu que « les syndicats sont toujours incapables d’assurer une quelconque sécurité d’emploi à leurs membres ».

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