Pas capable de vous rendre… votez par la poste

Le vote par la poste était un phénomène plutôt rare à la fin de 1982. Le Manitoba avait connu un certain succès aux élections générales de 1981 alors que 954 électeurs s’en étaient prévalu. Dans Le Carillon du 15 décembre 1982, nous y lisons que le député libéral de Prescott-Russell, Don Boudria, « veut aider les personnes physiquement incapables de voter aux élections ». Son projet de loi privé, « Amendement à la Loi électorale 1982 » était justement « destiné à permettre aux personnes incapables de se présenter aux bureaux de scrutin de voter quand même ». Ce projet « permettrait de voter par courrier postal, au lieu du vote par procuration » alors en vigueur. L’amendement de Boudria, s’il était adopté par l’Assemblée législative ontarienne, ferait en sorte qu’un « électeur qualifié recevrait un bulletin de vote par la poste. Son vote serait ensuite retourné, accompagné d’un formulaire certifié, au président des élections, avant la fermeture des bureaux de scrutin. » À Ottawa, un comité spécial des Communes recommandait « d’ailleurs que le gouvernement fédéral établisse un système de vote postal semblable à celui du Manitoba ». Aujourd’hui, le vote par la poste est en fait un service régulier offert par Postes Canada à tous les niveaux de gouvernement.

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« Le fondateur du Carillon sera nommé Membre de l’Ordre du Canada par le gouverneur général Edward Schreyer. » C’est évidemment à la une du journal du 22 décembre 1982. Un beau cadeau de Noël pour le patron André Paquette, il va sans dire. « La candidature de M. Paquette a été soumise par l’Association de la presse francophone hors Québec, dont il a été un des membres fondateurs et président » pendant quelques années. « Sa nomination lui confère le privilège d’apposer dorénavant les initiales ‘C.M.’ à la suite de son nom. » M. Paquette rejoignait dans l’Ordre du Canada une liste de cinq autres citoyens de la région ou originaires de la région. « Ce sont la Dre Annie Powers, médecin de Rockland, nommée en décembre 1979; et le Révérend J. Harold Conway, originaire de Chute-à-Blondeau, maintenant de Happy Valley, Labrador, nommé en même temps que la Dre Powers. Le père Roger Guindon, recteur de l’Université d’Ottawa et cousin de M. Paquette, est Compagnon de l’Ordre du Canada depuis décembre 1974. Il y a aussi le Dr J. Russell Harper, docteur en littérature, d’Alexandria, nommé en juin 1975; ainsi que le Dr Wilfred J. Johnston, de Martintown, nommé en juin 1975 également. » Si vous le saviez pas, la devise latine de l’Ordre du Canada est « Desiderantes meliorem patriam » ou en français… qu’ils « aspirent à une patrie meilleure ».

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« Fatigués des agissements d’un petit nombre d’individus qui font la pluie et le beau temps dans Hawkesbury, un groupe de citoyens de la ville vient d’entreprendre ce qu’ils perçoivent comme une première étape en vue d’une réforme globale du système judiciaire. » Comme l’expliquait le citoyen Jean-Maurice Larocque au journaliste Charles Burroughs dans un article publié le 22 décembre 1982, leur objectif était « plutôt de faire ressortir les lacunes qui existent afin que tous les citoyens jouissent d’une meilleure protection ». Et quelles étaient ces lacunes, outre celle que les policiers débordés n’avaient pas toujours la possibilité de terminer leurs enquêtes? Les avocats de la défense sont trop rusés, l’avocat de la Couronne manque de preuves à cause des enquêtes non terminées des policiers; et les tribunaux sont souvent trop indulgents à l’égard des accusés. Le résultat c’est que ce sont toujours les mêmes individus, bien connus de la police locale, qui sont responsables de la plupart des délits. » J’ajouterais, bien connus aussi des journalistes; quelques-uns venaient même nous rendre visite pour se plaindre du traitement que nous leur avions réservé dans nos colonnes. « Une cinquantaine d’individus peu recommandables font la pluie et le beau temps dans la ville, a déclaré un homme d’affaires sous le couvert de l’anonymat. Le nombre de crimes a peut-être diminué dans son ensemble, mais il est indéniable que le taux de crimes violents monte en flèche depuis quelques années. » En fait, ce sont souvent les mêmes noms de famille qui revenaient à l’avant-scène du crime local.

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