« Il y en a bien peu qui l’embrassent »

« Bien des gens couchent avec le rapport Price-Waterhouse, mais il y en a bien peu qui l’embrassent. » C’était la conclusion du conseiller municipal Edward Mullin. Comme on peut le lire dans Le Carillon du 19 mars 1980, Mullin réagissait à la proposition d’embaucher l’entraîneur des Hawks, Mac MacLean, « à titre de gérant du complexe et promoteur d’activités ». Mullin et quelques autres croyaient que cette nomination ne respectait pas les procédures recommandées dans le rapport de Price Waterhouse sur l’administration municipale. Ainsi, le directeur des loisirs, Gilles Lefort, n’aurait même pas été consulté, ni l’administrateur Raymond Lacroix. Vous aurez conclu, si vous suivez mes billets, que c’était encore une fois une manigance du conseiller Claude Demers, et Lefort ne s’était pas gêné pour le lui reprocher. Il y avait aussi l’épineuse question de l’unilinguisme de MacLean. Ce dernier ne serait pas embauché en fin de compte.

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C’est le problème typique des petites communautés, aujourd’hui comme il y a 30 ans… la qualité de l’eau. Dans le journal du 26 mars 1980, on apprend que le village de L’Orignal devra retarder le développement domiciliaire dans son territoire à cause des problèmes de qualité de l’eau. Le ministère ontarien du Logement avait conclu que « le Conseil doit accorder une grande cote de priorité aux problèmes de chlorure dans l’eau potable du village ». Un document du ministère souligne que « L’Orignal compte présentement 384 habitations privées et 128 logis loués. D’ici 1984, il y aura 97 résidences privées de plus et 48 logis loués additionnels. La population devrait avoir passé de 1669 à 2238 pendant la même période, tandis que le nombre de foyers devrait être de l’ordre de 662 en 1984 comparativement à 512 aujourd’hui. D’ici là, la croissance sera limitée à 40 nouveaux logements par année au plus. » Cela n’avait aucune incidence sur les projets de développement déjà autorisés et il y en avait quelques-uns. L’Orignal devait régler ce problème si la communauté voulait croître davantage.

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Jusque-là, les automobilistes ontariens pouvaient verser 150 $ au Fonds d’indemnisation des victimes d’accidents d’automobile et pouvaient conduire un véhicule immatriculé sans assurance. Le gouvernement ontarien venait de changer la loi pour rendre l’assurance-automobile obligatoire dans la province pour tous les propriétaires de véhicules. Le lecteur retrouvait les explications à cet effet dans le journal du 26 mars 1980. « Les automobilistes sont tenus de porter sur soi la carte rose d’assurance responsabilité civile lorsqu’ils conduisent. » Tiens, tiens, j’ai toujours cru qu’il fallait simplement l’avoir dans son auto.

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Sa décision n’avait rien à voir avec l’affaire MacLean, mais sa démission se produisait quasiment en même temps que le débat était devenu public. Dans le journal Le Carillon du 29 mars 1980, on apprend que « l’administrateur de la ville de Hawkesbury, M. Raymond Lacroix, a remis sa démission mardi après-midi, mettant ainsi fin à une carrière de plus de vingt ans dans la fonction publique locale et régionale ». C’est que Lacroix avait acheté l’entreprise du maire Laurent Cayen, Cayen Steam Laundry. Le maire en était propriétaire depuis 1968, quand il l’avait acheté de son père. Devenir homme d’affaires était un rêve de Lacroix. « M. Raymond Lacroix a été surintendant municipal de la ville de Hawkesbury pendant douze ans, avant d’occuper le poste de préposé aux achats au Conseil d’éducation de Prescott-Russell et d’adjoint à l’administrateur des affaires au sein de cet organisme, pendant près de six années. C’est ce poste qu’il occupait quand il a accepté la responsabilité d’administrateur municipal, en 1976. »