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L’affaire du directeur général… était-ce réellement terminé?

« La situation de méfiance envers le directeur général au Conseil des écoles catholiques de Prescott et Russell est en voie de règlement, si on en croit les deux communiqués officiels remis à la suite de la réunion du 7 mars, par le président du Conseil, M. Yvan Séguin, et par le directeur général, M. Jean Léveillé. » La journaliste Monique Castonguay raconte tout ça à la une du journal Le Carillon du 15 mars 1978. « M. Séguin indique que le Conseil a décidé de donner la main au directeur général et ainsi lui faire confiance ‘afin de rétablir l’harmonie le plus tôt possible’. » Satisfait de ce vote de confiance, Jean Léveillé avait dit « compter sur la collaboration des parents et des cinq cents employés du Conseil, comme il l’a toujours fait. Il s’est dit persuadé qu’on se donnera le coup d’épaule nécessaire pour mener à bonne fin les buts et objectifs du Conseil scolaire. » Voilà! Tout était bien qui finissait bien… ou était-ce réellement terminé?

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Les discussions se poursuivaient depuis un certain temps. Quant au Conseil des comtés unis de Prescott-Russell, il tentait par tous les moyens de se départir des anciens locaux du Foyer Prescott-Russell. Ce foyer était situé à Hawkesbury depuis l’automne précédent. Comme on peut le lire dans le journal du 29 mars 1978, « le vieux foyer Prescott-Russell est maintenant vendu au Conseil des écoles catholiques de Prescott et Russell pour la somme de $15,001 ». Ainsi, « le CECPR signera un bail d’un an commençant le 1er mai 1978, pour la somme de $15,000 et se portera acquéreur de l’édifice à la fin du bail pour $1. » Le CECPR entendait louer une partie de l’édifice au Conseil d’éducation de Prescott et Russell, ce qui ne s’est jamais matérialisé. « Selon le président du CECPR, M. Yvan Séguin, l’entente avec les comtés unis a été faite à l’avantage des payeurs de taxes. » Il y a longtemps que Le Carillon préconisait l’achat du vieux foyer par ce conseil scolaire.

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« Le ministère ontarien de l’Environnement étudie sérieusement la possibilité pour le village d’Embrun d’importer de l’eau du village de Casselman. » Quand on connaît la rivalité entre ces deux villages, la déclaration du ministre George McCague surprenait. « Les ingénieurs du ministère de l’Environnement ont trouvé les emplacements pour cinq puits dans les limites du village, qui pourraient desservir une population d’environ 2,200 personnes. Une pénurie d’eau souterraine restreindra sérieusement la croissance du village et une alternative serait d’obtenir l’eau du village de Casselman. » En fait, ce sont des puits dans le canton de Russell qui seraient utilisés jusqu’à ce que la municipalité relie son système d’aqueduc à celui de la ville d’Ottawa il y a deux ou trois ans.

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Il y avait d’abord eu Rhéal Leroux, qui avait « jeté les bases de la structure des loisirs qui existe présentement » peut-on lire dans mon éditorial du 19 avril 1978. « Le deuxième directeur des loisirs, Gilbert Patry, est sélectionné par le Conseil et tout le monde est emballé. Sa popularité publique est moindre que celle de M. Leroux, mais son efficacité administrative est soulignée. Malheureusement, comme dans le cas de son prédécesseur, il ne peut œuvrer avec toute la liberté nécessaire. » Lui aussi démissionne. Le Conseil embauche un troisième directeur, William Jermyn, un unilingue anglophone qui avait promis de devenir bilingue. « Les difficultés de communication sont déjà amorcées. Le climat de confiance nécessaire à toute bonne organisation de loisirs n’existe pas: M. Jermyn n’a déjà plus de chances de s’en sortir. Partout, dans les coulisses, on se demande qui va provoquer son départ. C’est fait. Tout est donc à recommencer. »

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C’était inévitable… le complexe coûterait plus cher

Les contribuables se retrouvaient avec une facture sensiblement plus élevée que les 1 170 000 $ que le projet devait coûter. Comme le rapporte Le Carillon dans son édition du 22 février 1978 dans un texte sur l’ouverture des soumissions « le projet de construction d’un nouveau complexe sportif complet pour la ville de Hawkesbury, comprenant une piscine intérieure, une patinoire avec gradins pour plus de 1,000 personnes, une patinoire utilisable douze mois par année entourée d’une piste de jogging, une salle communautaire et tous les services de soutien, coûterait quelque $2,568,000 ». C’était le prix le plus bas pour le projet en entier et il provenait de la société Thomas Fuller Construction Co. d’Ottawa. Dans le cas d’un projet d’une seule patinoire, « soit le premier projet envisagé par les autorités municipales et pour lequel la Commission municipale de l’Ontario a déjà autorisé la ville de Hawkesbury à contracter une dette de $368,500 », la société Thomas Fuller demandait 2 118 000 $, alors que Sotramont Ontario Ltd, également d’Ottawa, demandait 2 100 188 $, montant inférieur à Fuller. Une seule firme locale, Sinclair Supply Co., de Vankleek Hill, demandait 2 598 000 $ pour le projet complet et 2 156 575 $ pour le projet approuvé, soit le deuxième plus bas soumissionnaire. Finalement, après une révision des soumissions par les ingénieurs-conseils, c’est Thomas Fuller qui obtenait le contrat. Il ne restait plus qu’à attendre le début officiel des travaux et l’inauguration éventuelle d’un nouveau complexe sportif complet quelque temps au début de 1979… Mais Fuller parlait d’octobre 1978.

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Robert Cusson aurait bientôt 41 ans et sa réputation n’était plus à faire à Hawkesbury et dans la région. Il était né à Ottawa. En ce 3 mars 1978, il venait de perdre son droit de vote. Pourquoi? Parce que le ministre fédéral de la Justice venait de le nommer juge de la Cour de comté de Prescott-Russell. Il succédait au juge Omer H. Chartrand, qui venait de prendre sa retraite il y a quelques mois. Comme on peut le lire dans journal du 8 mars 1978, « Me Cusson ne peut plus pratiquer le droit depuis vendredi matin et il a également remis sa démission comme représentant de Hawkesbury au sein du Conseil d’éducation de Prescott-Russell et comme secrétaire-trésorier de l’Association libérale de Prescott-Russell. Il a également perdu son droit de vote. » Il avait été admis au Barreau de l’Ontario en 1962… Seize ans d’avocat à juge. « À Hawkesbury, le nouveau juge est bien connu pour avoir œuvré au sein du comité des loisirs de la ville, de la Jeune chambre – il est sénateur de la Jeune chambre internationale – du club Richelieu, de la Société d’aide à l’enfance, du Bureau des gouverneurs de l’Hôpital général, de la Commission scolaire de l’école secondaire, puis du Conseil d’éducation de Prescott-Russell, de l’organisation du club de hockey des Hawks. Il a également toujours été un militant très actif de l’Association libérale de Prescott-Russell, tant au niveau provincial que fédéral. » Il méritait pleinement son nouveau titre. Robert m’avait invité, à titre personnel, à son intronisation comme juge. Nos fils ont joué au hockey mineur ensemble. Tristement, il est décédé il y a quelques années.

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Nous avions l’espace suffisant dans nos pages. « Soucieux de son rôle d’instrument communautaire, Le Carillon mettra de l’espace à la disposition des jeunes étudiants désireux de se procurer du travail pour la période estivale. La conjoncture économique actuelle fait en sorte qu’il sera sans doute extrêmement difficile pour les étudiants de se trouver du travail cet été. Afin de faciliter la tâche pour les jeunes, nous leur offrons, gratuitement, de les faire connaître aux employeurs et aux citoyens qui pourraient leur fournir du travail, ne serait-ce que sur une base temporaire. » L’initiative a été couronnée de succès. Dès avril 1978, nous avions une pleine page de noms d’étudiants qui cherchaient du travail. Et l’expérience s’est poursuivie ainsi tout l’été. Le titre? « Le coin du dépanneur ».

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Un séminaire qui change de vocation

Les Prêtres du Sacré-Cœur avaient décidé de ne plus poursuivre leur association avec le Séminaire Sacré-Cœur de Pointe-au-Chêne. Mais le séminaire, « en existence depuis 25 ans, pourrait bien continuer à opérer comme une école quand les prêtres du Sacré-Cœur auront quitté l’institution ». Le séminaire recevait alors 76 élèves et sa capacité était de 80 à 85 étudiants. Il en est question dans Le Carillon du 11 janvier 1978. Dans le journal du 25 janvier, on apprend que le séminaire « continuera encore ses opérations, malgré les incertitudes des dernières semaines ». En fait, le séminaire se transformera en institution privée mixte et existe toujours au même endroit.

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C’était le mercredi à 21 heures à la télé de Radio-Canada et la mini-série serait diffusée du 8 février au 22 mars 1978. Je n’en ai pas manquée une seule. Jean Lapointe y excellerait. « Sept épisodes d’une heure, télévisés dans le cadre de Hors-série et consacrés à la vie de ce grand homme politique qui fut plus que tout autre intimement mêlé à l’histoire du Québec dont il fut le premier ministre durant dix-huit ans. En vedette: Jean Lapointe entouré de plus de 200 comédiens. Auteur: Denys Arcand. » C’est ce qu’on peut lire dans la publicité de Radio-Canada pour promouvoir « Duplessis » dans le journal du 8 février 1978. J’avais oublié que l’auteur était Denys Arcand.

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Un article de l’édition du 15 février 1978 parle de l’installation possible d’une industrie allemande à Hawkesbury « si le Conseil de développement de l’Est ontarien consent à aider financièrement l’industrie à s’établir ici. On sait que deux autres entreprises industrielles doivent s’établir à Hawkesbury en 1978, soit la Transcrane Inc. et la Canadien Button Company ». Dans l’édition du 22 mars, nous apprenons qu’il s’agit de la firme Mercedes Textiles Ltée, une entreprise qui « se spécialise dans la fabrication de boyaux pour les pompiers ».

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Nous sommes en 1978, quasiment une vingtaine d’années avant l’arrivée grand public du World Wide Web. Mais il y avait quand même les catalogues, la publicité dans les médias et Postes Canada. « Protégez-vous contre la fraude des ventes par correspondance » proclamait une publicité du ministère de la Consommation et du Commerce dans le journal du 15 février 1978. Le texte de cette annonce peut s’appliquer presque mot pour les ventes sur le Web d’aujourd’hui. Et personne ne se doutait de la naissance éventuelle d’eBay, de Kijiji et de nombreux autres sites Internet.

« De nos jours, vous pouvez commander presque n’importe quoi par correspondance – des plantes, des livres, des marchandises dans un grand magasin, des exercices de développement musculaire et même des ‘diplômes’.

La plupart des organisations de vente par correspondance sont honnêtes, mais quelques-unes ne le sont pas – ce qui donne une mauvaise réputation à toute l’industrie. Alors avant de traiter avec une compagnie de vente par correspondance, posez-vous les questions suivantes :

· Qu’est-ce que l’offre promet réellement?
· Est-ce que l’annonce est vraiment informative?
· Est-ce que je connais la réputation de cette compagnie?
· Est-ce que j’ai vraiment besoin de cet article?
· Est-ce que je pourrais acheter le même article à meilleur marché dans un magasin?
· Est-ce que je peux payer à la livraison?
· Y a-t-il une garantie de remboursement? »

De bonnes questions toujours pertinentes pour les ventes « par correspondance électronique »… ce qu’est le Web.

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Un journal communautaire avait besoin de collaborateurs

Un journal communautaire comme Le Carillon, avec des ressources financières qui n’étaient pas inépuisables, comptait sur de nombreux collaborateurs pour produire ses éditions hebdomadaires. C’est forcément encore comme ça de nous jours. Dans un éditorial rendant hommage à nos collaborateurs dans le journal du 11 janvier 1978, je rappelais que, sans être « le serviteur de personne » nous étions « au service de la population » que nous desservions, « ce qui ne signifie pas la même chose ». Je soulignais que « Le Carillon se veut, dans un certain sens, le porte-parole de ses lecteurs, un média pour les renseigner et les guider dans leur prise de décision ou leur formation d’opinions ». En faisant référence aux « dizaines de collaborateurs bénévoles », j’ajoutais que « ce sont eux qui permettent à l’équipe permanente du journal de produire chaque semaine un journal intéressant et dont la qualité a été reconnue à maintes reprises par des associations de presse provinciale et nationale ». Un lecteur anglophone de Hawkesbury nous avait écrit pour rendre hommage à notre collaboratrice de l’association du hockey mineur locale et ce sont ses éloges qui m’avaient incité à écrire cet éditorial. « Comme le souligne M. Sage, Le Carillon tente dans la mesure du possible d’être positif et honnête dans son traitement de l’information. Quant à son éditorial, Le Carillon analyse les événements et le fait parfois de façon brutale, mais les lecteurs doivent toujours prendre en considération la différence entre les faits des nouvelles et les opinions en éditorial. » Si j’étais encore actif dans les médias, je pourrais récrire le même message.

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La décision n’était pas compliquée. Le Conseil municipal avait retenu les services des ingénieurs-conseils Dupuis Morin Routhier et Associés « pour réaliser une étude sur les possibilités d’utilisation futures du Centre Mémorial à d’autres fins qu’une patinoire ». C’était en prévision de la construction prochaine du nouveau complexe sportif et de ce qu’il adviendrait du Centre Mémorial par la suite. Ces ingénieurs sont de Montréal et le conseiller Claude Drouin n’aime pas ça. « Le conseiller Claude Drouin s’est opposé à l’embauche de la firme, rappelant qu’elle n’était pas locale et se référant aux récentes décisions du Québec à l’effet que, dans plusieurs contrats, le gouvernement exige que des compagnies aient leur siège social au Québec. M. Drouin a soutenu énergiquement que le même principe devrait être appliqué pour protéger les firmes locales et ontariennes. ‘Il est temps que quelqu’un mette le pied à terre’, a-t-il lancé. » Drouin était devenu favorable au complexe, mais il tenait encore à protéger le plus possible le vieux Centre Mémorial. Les ingénieurs ont quand même été retenus. Ce sont d’ailleurs eux qui réalisaient les plans pour le futur complexe sportif. On en parle dans le journal du 11 janvier 1978.

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L’imitateur Jean-Guy Moreau est décédé au début de mai 2012. Un autre imitateur de son époque, Claude Landré, était en spectacle à l’Hôtel Century Inn de Grenville les 20 et 21 janvier 1978. On le voit dans la publicité avec son cache œil, devenu sa marque de commerce.

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Je parle d’une nouvelle bière pour ceux et celles qui « surveillent leur ligne » dans ma chronique du 18 janvier 1978. « Carling O’Keefe vient de mettre sur le marché une nouvelle bière qui contient seulement 70 calories, la ‘Highlite’. » Je ne sais pas si elle a été populaire.

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Même aujourd’hui, l’idée ne plaît pas à tous… pas dans leur cour en tout cas

Un article anodin en soit, mais intéressant dans la perspective des efforts écologiques de notre époque. C’est dans Le Carillon du 4 janvier 1978. « Un rapport publié en Grande-Bretagne révèle que, vers le milieu des années 80, environ deux pour ceux des besoins énergétiques essentiels de l’Europe seront satisfaits par la combustion des ordures ménagères des villes et des rebuts industriels. Puisqu’on estime que les ordures ménagères renferment environ un quart de l’énergie du charbon, c’est une source énergétique dont il faut tenir compte pour satisfaire les besoins énergétiques de l’avenir. » Deux compagnies britanniques en faisaient déjà l’expérience. « En outre, les autres méthodes de suppression des ordures pour des raisons écologiques, de pollution et économiques seront bientôt choses du passé. » Le rapport ne parlait sans doute pas des conséquences de cette combustion sur l’environnement; combustion sous-entend cheminées. Nous ne sommes qu’en 1978 après tout. « Une chose est certaine, c’est qu’en tant que source énergétique les ordures constituent à peu près la seule qui ait quelque chance d’être inépuisable. » Quand je regarde le centre de recyclage et de déchets de mon édifice à condo, je me demande si toutes ces ordures ne suffiraient pas à quelque chose de plus utile.

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Tania Marie Lapointe. Le nom ne vous dit sans doute rien. Elle est née le 28 décembre 1977 à l’Hôpital général de Hawkesbury et elle pesait 3,2 kilogrammes. Il y a une photo d’elle et de sa mère dans l’édition du journal Le Carillon du 4 janvier 1978. Sa mère est Johanne Lapointe. Non seulement Johanne était-elle la première femme à siéger au Conseil municipal de Hawkesbury, mais elle devenait aussi la première conseillère à donner naissance pendant son mandat. Et comme le précise le court texte : « Mme Lapointe tentera maintenant de coordonner ses fonctions de conseiller municipal et de mère à la fois. » Et bien entendu, il est question du père, Claude Lapointe. Tanya Lapointe (comme elle épelle maintenant son nom) est aujourd’hui journaliste à la chaîne RDI de Radio-Canada et couvre les activités culturelles. Et comme je l’ai déjà écrit, Claude et Johanne habitent le même condo que moi dans Beechwood Village et étaient quasiment mes voisins à Embrun.

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Le journaliste Charles Burroughs signe un reportage très intéressant dans le journal du 4 janvier 1978 sur une institution qui est peu connue du grand public, mais qui joue un rôle très important dans la vie des gens. « Le bureau du cadastre du comté de Prescott, à L’Orignal, est sûrement un des endroits les plus achalandés de la région alors que chaque année y sont consignées près de 5,000 transactions immobilières. » Le bureau est relativement petit et quatre employés y œuvrent sous la direction du registraire du comté de Prescott, André Bénard. Ces gens sont responsables « de l’enregistrement en vertu des différentes lois provinciales de toutes les ventes immobilières, hypothèques, quittances et autres opérations légales concernant les biens immobiliers. Les transactions mobilières conditionnelles, comme les contrats de ventes à tempérament et les liens sur la propriété, sont également enregistrées par le bureau du cadastre. » Comme le précisait André Bénard, « son but ultime est la protection des intérêts des Ontariens en matière d’immeubles et d’autres biens ». Le système est complexe et des études légales ont même des employés qui y travaillent en permanence pour consulter divers documents. « L’édifice logeant le bureau du cadastre à L’Orignal a été construit en 1876, en même temps que celui du comté de Russell, dans le village du même nom. » Les deux édifices sont encore là aujourd’hui et servent aux mêmes fins.

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Le projet était sans doute trop ambitieux

C’était trop beau! Montroc Investments, une société présidée par Marcel Rozon, avait de grands projets ambitieux. Dans Le Carillon du 21 décembre 1977, il est question de leur projet de construction « d’un centre commercial ultra-moderne de 219,000 pieds carrés comprenant des magasins d’envergure nationale, et une première à Hawkesbury, un stationnement intérieur. (…) Ce sera le centre d’achats le plus grand et le plus moderne de toute la région. » Le Centre d’achat Aberdeen ouvrirait ses portes le 1er septembre 1978. Les actionnaires de Montroc Investments étaient Jean-Guy Barrette, Jacques Brazeau, Guy Bonin, Rhéaume Champagne, Robert Cusson, Paul Desrochers, René Joly, Yvon Lahaie, Raymond Laliberté et Yvon Myner. Les plans faisaient miroiter un complexe commercial de 4,5 millions de dollars qui n’aurait pas eu d’équivalent dans la région de Hawkesbury. Retenons que la commission de lutte contre l’inflation n’avait pas encore été démantelée; donc, que la situation économique n’était pas meilleure. Un autre superbe rêve irréalisé. Mais il faut rêver pour avancer et progresser.

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La tempête dépassait l’ordinaire pour que le journal y consacre une photo couvrant la première page du 28 décembre 1977 au complet et de nombreuses photos en pages intérieures; la tempête de 40 cm de neige du mercredi 21 décembre 1977, premier jour de l’hiver, avait compliqué la vie de bien des gens du coin. « Au dire des anciens, c’est une des plus fortes chutes de neige à survenir avant Noël dont ils aient connaissance. » Il y avait eu deux grosses tempêtes précédentes et cette troisième de l’hiver 77-78 inquiétaient les marchands dont c’était la période la plus achalandée de l’année. À peu près tout avait été paralysé cette journée-là. Comme disait le conseiller municipal Claude Drouin, « la neige tombait plus vite qu’on pouvait l’enlever ».

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Ça c’était respecter le jeu démocratique. Le conseiller municipal Claude Drouin, un intervenant sportif de longue date et défenseur infatigable du vieux Centre Mémorial dans lequel il avait été témoin de tant « d’exploits » locaux, « a décidé de laisser tomber ses objections à la construction du complexe sportif et œuvrera désormais à la réalisation du projet ». Il en est question dans le journal du 28 décembre 1977. Et il allait tenir promesse. Et sans doute afin de renforcer la situation inhabituelle, Claude Drouin avait convoqué une conférence de presse… seulement la deuxième fois de ses 25 années de vie politique à Hawkesbury. Il y tenait donc. Mais je pense qu’il avait finalement compris ce que les électeurs voulaient. Il ne s’était pas fait réélire pendant 25 ans pour rien. « J’ai souvent pensé à démissionner de mon poste à la suite de l’échec du comité des objecteurs. Mais je ne suis pas un ‘lâcheux’. »

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Contexte de l’époque

« Ensemble draps sans repassage » 16 $ l’ensemble. – T-shirts pour enfants 78 cents – Pain à sandwich 2 pour 79 cents – Tomates de Floride 99 cents pour trois livres – Canards congelés 88 cents la livre – Jell-O 19 cents le paquet – Fromage St-Albert 1,49 $ la livre – Bâton de hockey pee-wee pro Koho 5,89 $ – Jeunes dindes congelées 69 cents la livre – Une automobile Mercury Cougar XR7 modèle 1977 deux portes, toute équipée, air climatisé, toit ouvrant pour 8 174 $.

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Bon! Impossible de reculer maintenant

L’autorisation de principe avait déjà été communiquée, mais les autorités municipales attendaient la confirmation définitive. Comme le rapporte Le Carillon du 14 décembre 1977, « la Commission municipale de l’Ontario a confirmé officiellement son approbation du projet de complexe sportif » pour la ville de Hawkesbury. C.G. Ebers, un des deux commissaires chargés du dossier, avait affirmé « qu’il n’y a aucun doute possible que le besoin d’un nouveau complexe sportif existe et qu’aucune preuve du contraire n’a été soumise à l’audience. La Commission juge que la ville peut se permettre cette dette, puisque sa position financière est plus qu’acceptable. (…) M. Ebers note également que le projet a été tellement entouré de publicité à Hawkesbury, que tous les citoyens ont eu la chance de faire valoir leurs points de vue. Il signale d’ailleurs la logique utilisée par les objecteurs pour la présentation de leur alternative, mais tire la conclusion qu’un nouveau projet, comparé à la rénovation du Centre Mémorial, ne représenterait que $2.50 de plus par année pour les contribuables en taxes payables. » Le commissaire Ebers avait noté « que les besoins et les capacités de payer de la ville sont tellement évidents et non contredisables que la Commission n’a d’autres choix qu’être d’accord avec la position du Conseil municipal. » En d’autres mots… « It’s a go! »

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L’animateur communautaire du Collège Algonquin à Hawkesbury et dans la région, Richard Hudon, fait son travail. Il n’y a pas une semaine qu’il n’écrit pas une lettre au rédacteur dans laquelle il commente une situation quelconque dans la région. Sa présence est de plus en plus remarquée partout. Il brasse…

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À ne pas confondre avec le « registre » sur la même question. La loi fédérale qui entrerait en vigueur le 1er janvier 1978 était la Loi sur le contrôle des armes à feu et comme le rapportait Le Carillon du 14 décembre 1977, « les chasseurs craignent une loi répressive ». Le texte cite Jean-Marc Roy, le président du Vankleek Hill Gun Club. Le projet de loi « représente de nombreux dangers pour la liberté de l’individu et le privilège de porter des armes qui a été conféré aux Canadiens depuis le temps de la colonisation. » Roy disait « craindre que la loi pourrait éventuellement s’étendre à une prohibition totale des armes à feu, comme ce fut le cas en Grande-Bretagne ». En résumé, la loi prévoyait qu’un Canadien qui voulait acheter une arme devait d’abord obtenir un certificat d’acquisition « valide pour une période de cinq ans et permettra à son détenteur d’acheter un nombre indéterminé d’armes à feu ». Ce sont des commissaires locaux des armes à feu qui émettront ces certificats qui « vérifieront les antécédents du demandeur » avant de lui en accorder un. Dans le cadre de la nouvelle loi, plusieurs armes deviendront des « armes à autorisation restreinte » et d’autres seront carrément interdites de possession au Canada. Bill Peters, un expert sur cette loi, avait même précisé qu’il « ne s’agit pas d’un système d’enregistrement d’armes à feu ». Ça ce sera une autre histoire pour une autre période. Et les arguments des opposants seront alors passablement semblables.

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Les détails étaient toujours nébuleux

Je vous ai parlé de l’affaire des directeurs d’école mécontents et des manigances en secret autour au directeur général du Conseil des écoles catholiques de Prescott-Russell. Dans Le Carillon du 16 novembre 1977, on apprend que « la situation s’envenime » et le débat, toujours fondamentalement mystérieux quant aux détails du mécontentement, devient un peu plus public. Les quatre conseillers scolaires que je rencontrais « secrètement » – « les quatre plus jeunes membres du CECPR » – affichent ouvertement leurs doléances. Yves Saint-Denis, Roland Saumure, Jacques Prévost et Jean-Roch Brisson avaient indiqué que Léveillé « avait été victime de circonstances qu’il avait lui-même créées ». Saint-Denis aurait déjà averti, six mois auparavant selon lui, « qu’il faudra protéger le directeur général contre lui-même ». Et comme j’ajoutais en éditorial : « Sans vouloir le dire ouvertement ou directement, les conseillers voudraient que le directeur général du conseil remettre sa démission. » Et j’ajoutais que « toute tentative de dialogue se soldera par un échec et c’est aux conseillers scolaires qu’incombe la très lourde responsabilité de changer le climat malsain qui vient de monter en flèche ».

Le débat semblait s’enliser et les détails étaient toujours nébuleux. Dans mon éditorial du 30 novembre 1977, je rappelle que dans notre « société dite juste, un accusé a le droit de connaître ses chefs d’accusation et il a le droit de se défendre. Le directeur général du CECPR n’a pas encore eu cette occasion et on s’apprête à prononcer la sentence. (…) Nous étions sous l’impression que les accusations – une quarantaine en tout nous a-t-on dit – seraient dévoilées rapidement. On nous laisse maintenant sous l’impression qu’elles ne le seront jamais. (…) Mais il ne peut se défendre publiquement d’accusations qui ne sont pas encore publiques. » Je réagissais au vote de non-confiance à l’égard de Jean Léveillé qui avait été adopté par le Conseil des écoles catholiques la semaine précédente. Une situation sans issue!

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Il m’avait enseigné en troisième année à l’Académie Saint-Joseph de Hawkesbury et il était aussi principal de cette école. En première année, il m’avait administré le martinet; en troisième année, je crois que j’étais devenu son élève chouchou. Le journal du 16 novembre 1977 rapporte qu’Horace E. Dubois, à tout juste 61 ans, est décédé. Il résidait à Ottawa depuis une vingtaine d’années. À Hawkesbury, il s’était fait connaître dans le milieu scolaire évidemment, mais il avait aussi été préfet de la ville de Hawkesbury et, à ce titre, siégeait au Conseil des comtés unis de Prescott-Russell. Aux élections provinciales du 9 juin 1955, il avait échoué dans sa tentative de déloger le député et ministre conservateur Louis-Pierre Cécile. Il avait été président régional de l’Association canadienne-française d’éducation, l’organisme qui avait devenu l’Association canadienne-française de l’Ontario. Il avait même collaboré au journal Le Carillon en 1954-1955 sous le pseudonyme de J. Voisclair et avait été correspondant local du journal Le Droit. « Il a enseigné à l’École secondaire régionale de Hawkesbury avant de devenir inspecteur d’écoles vers 1957. Par la suite, il a été surintendant des écoles françaises pour le Conseil scolaire d’Ottawa, jusqu’à sa retraite il y a deux ans. (…) Depuis toujours, M. Dubois a été un ardent défenseur des droits des Franco-Ontariens dans tous les domaines, mais particulièrement en éducation. »

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Il voulait simplement élargir ses horizons

Tiens, ça c’est plutôt intéressant. C’est dans Le Carillon du 9 novembre 1977. « Un jeune homme de Hawkesbury passe une année dans le Minnesota dans le cadre d’un programme de bourses internationales de l’American Field Service. Le siège social de l’AFS est situé à New York, tout près du siège social des Nations-Unies. (…) Richard Nadeau, le fils de M. et Mme Benoit Nadeau, du 139 de la rue Richer à Hawkesbury, est le premier Ontarien à obtenir une bourse internationale d’études de l’AFS-Canada-BIS. Le fait qu’il soit francophone en plus représente beaucoup pour le jeune Nadeau. Richard séjourne à Apple Valley, dans la région de Saint Paul au Minnesota. Il étudie dans une école de l’endroit. » L’objectif du programme « est d’élargir les horizons du jeune et le développement de la personnalité ». De temps à autre, du Minnesota, il commentait, par une lettre à l’éditeur, l’actualité de Hawkesbury et la région. Je tiens pour acquis que ses parents lui envoyaient copie du journal. Ce même Richard Nadeau deviendra un jour enseignant, s’installera à Gatineau, au Québec, et sera élu député du Bloc québécois. Mais il n’a jamais caché ses origines franco-ontariennes.

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« En Ontario, la justice en français prend de l’ampleur » est le titre d’un texte dans l’édition du journal Le Carillon du 9 novembre 1977. « L’usage de la langue française devant les tribunaux de l’Ontario prendra de l’ampleur au cours des prochains jours, a annoncé cette semaine le Procureur général de l’Ontario, Me Roy McMurtry. À compter du 21 novembre, les procédures de la Cour familiale dans la région de Sudbury pourront se dérouler en français, et d’ici quelques semaines, l’usage du français s’étendra à la région d’Ottawa-Carleton. Me McMurtry a déclaré que le gouvernement avait décidé de limiter au début cette initiative à la région de Sudbury, puisqu’il fallait le temps de régler certains problèmes de procédures. C’est ce qui s’est produit dans le cas de l’introduction du français dans les cours criminelles, et les services bilingues sont maintenant disponibles à Ottawa, L’Orignal, Hearst, Hornepayne, Kapuskasing, Smooth Rock Falls et Cochrane. Le procurer général a également précisé que 66 p. cent de la population francophone de la province est desservir par des cours bilingues. Le gouvernement fédéral vient d’amender l’article 555 du Code criminel afin de permettre la formation de jury de langue française en Ontario, et le gouvernement ontarien étendra bientôt les services bilingues aux niveaux des cours de comté et de district. » Un petit peu à la fois!

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Le petit village de Curran est justement ça… un « petit village »… ce qui n’avait pas empêché « l’ambassadeur du Vatican au Canada » de s’y rendre pour la Fête de jubilaires de la paroisse St-Luc de Curran, le 29 octobre. Comme on peut le lire dans le journal du 9 novembre 1977, « le nonce apostolique, Mgr Angelo Palmas, concélébrera une messe d’action de grâces en compagnie de prêtres missionnaires et sera entouré d’une garde d’honneur formée de Zouaves pontificaux et de Chevaliers de Colomb du Quatrième degré ». Le curé Lionel Larocque avait convaincu le nonce de s’y déplacer.

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Sept dollars d’essence, c’était trop cher

Nous savons qu’aujourd’hui, compte tenu du prix très élevé de l’essence à la pompe, que plusieurs sont tentés de faire le plein et de se sauver sans payer. Une telle tentation n’est pas récente et le prix de l’essence était aussi très élevé, toutes proportions gardées, au milieu des années 70. Dans Le Carillon du 2 novembre 1977, un court article est intitulé « Pour se sauver d’une facture de $7 ». Aujourd’hui, c’est à peine pour quelques kilomètres, mais il y a 35 ans, cette somme vous aurait quand même mené un peu plus loin. « Un gars et une fille ont été arrêtés à Pembroke, mardi, après avoir par deux fois pris de l’essence sans payer. Lundi soir, le couple s’est arrêté au garage Esso de St-Isidore, en bordure de l’autoroute 417, puis s’est sauvé après avoir pris pour $7 d’essence. Quelques heures plus tard, à Pembroke, ils répétaient le même geste, mais ils ont été pris en chasse, cette fois par la Sûreté provinciale de ce secteur. La poursuite à haute vitesse s’est soldée par une auto-patrouille complètement démolie, mais sans blessés. »

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Un petit entrefilet anodin dans ma chronique du 2 novembre 1977 : « C’est notre député, Denis Ethier, qui a en quelque sorte inauguré la télédiffusion des débats des Communes, il y a deux semaines. Denis était interviewé par Jean-Marc Poliquin immédiatement avant la première télédiffusion en direct. » La télédiffusion des débats des Communes a éventuellement transformé les débats; les députés étaient maintenant des vedettes et ils voulaient attirer l’attention. Les insultes gratuites sont encore une bonne façon d’y arriver.

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Une autre note retient mon attention dans cette même chronique : « La firme Whissell, de Whisseltown, paralysée par une grève depuis juin 1976, cherche effectivement des terrains pour s’établir dans la région de Hawkesbury. Aucune décision n’a encore été prise. » Whissell ne s’installera pas à Hawkesbury et la grève se prolongera pendant encore longtemps.

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Ah non! Encore une! Dans l’édition du 9 novembre 1977 cette fois. « Le maire de Hawkesbury, M. Laurent Cayen et son épouse, ont été témoins d’un étrange événement jeudi soir. Ces derniers affirment avoir vu des lueurs dans le ciel, ressemblant à des explosions, au-dessus de L’Orignal. Selon Mme Cayen, ces lueurs se sont manifestées à deux reprises, vers 20 h 30. M. et Mme Cayen revenaient d’Ottawa, et étaient à quelques milles à l’est d’Alfred. La Sûreté provinciale de l’Ontario de Hawkesbury a dit ne pas avoir eu de rapports sur cet événement. On sait que depuis cinq à six mois, plusieurs objets volants non identifiés ont été signalés dans la région. » Et dire que nous publiions de telles nouvelles dans le journal! Mais elles faisaient toujours jaser.

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Et quelques pages plus loin, un article sur « les nouveaux soins de psychiatrie » à l’Hôpital général de Hawkesbury et dans la région. Une subvention de 110 000 $ avait été accordée pour mettre sur pied une clinique psychiatrique dans Prescott et Russell. Rien à voir, bien sûr, avec les nombreuses « visions inexpliquées » que pouvait avoir la population!