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Garde-malade

Le 7 avril 1985, ma mère était hospitalisée. Les infirmières autour d’elle lui ont forcément inspiré ce poème de gratitude… qu’elles n’ont sûrement jamais vu. Ou bien elle pensait à ma nièce Sharon, qui était déjà infirmière à ce moment-là.

Presque toutes les petites filles
Rêvent d’un prince charmant,
Mais quelques-unes très gentilles
Rêvent tout différemment.

Elles voudraient se voir vêtues
De bleu, de rose ou de blanc,
Et aller dans un coin perdu
Soigner les petits enfants.

Puis la petite fille grandit
Le rêve devient réalité,
Mademoiselle étudie
Pour soulager l’humanité.

Garde-malade ou infirmière
Elle rencontre la souffrance,
Elle est toujours la première
À nous apporter l’espérance.

L’infirmière apprend ensuite,
Le nom des médicaments
Qui soulagent et guérissent vite,
Pour le bonheur des patients.

Écoutons ses bons conseils,
Sans elle, partout dans la vie
Tout ne serait pas pareil,
Pour ça, on la remercie!

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La chaise berçante raconte

Celui-ci remonte au 5 mai 1985. Ce pourrait quasiment être un de mes « portraits d’objets ».

Pendant de nombreuses années
J’ai bercé des petits bébés;
Quelquefois il fallait se taire,
Car près de moi dans le vieux ber,
Bébé venait de s’endormir,
On n’entendait plus que des soupirs.
En les berçant, j’ai consolé
Tous ceux qui venaient de pleurer.

Puis quand le soir arrivait
C’était le père qui se berçait
Il chantonnait en souriant
À la grande joie des p’tits enfants.
Maintenant je suis moins occupée,
On a voulu me remplacer
Par des jouets dispendieux
Qui pourtant ne font pas d’heureux.

Ah! que de secrets j’ai entendus!
Mais de ça n’en parlons plus…
Mes bras vous sont grands ouverts,
Je n’ai rien d’autre chose à faire,
Que balancer et reposer
Nos bons vieux devant la T.V.
Mais je veux vivre encore longtemps
Pour bercer les petits enfants.

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Après la pluie, le beau temps

Ma mère a composé ce poème le 13 mars 1985 et l’avait dédié à sa nièce Lovina Pearson, de Papineauville (Québec). Je n’ai aucune idée qui est cette nièce et je ne me souviens pas de l’avoir rencontrée. Quoi qu’il en soit, le poème est pertinent. Au moment où je prépare sa publication sur mon blogue, il pleut dehors. Je me revois aussi répéter à mon équipe, à Postes Canada, que « derrière les nuages, il y a toujours le soleil ».

Y a-t-il quelque chose
De plus morose
Qu’un jour de pluie
Avec l’ennui?
Plus de soleil
Gris est le ciel
Les gouttes d’eau
Font des ruisseaux.

On voudrait bien
Penser à rien,
Qu’est-ce qu’on peut faire
Pour se distraire?
À la radio
Rien de nouveau,
La météo
N’est pas au beau.

Pluie bienfaisante
Enrichissante
Tu fais fermer
Tu fais pousser.
Tu causes parfois
Bien malgré toi
Inondations
Désolation!

La pluie efface
Bientôt la trace
De la saleté
Accumulée,
Et on espère
Rien d’autre à faire,
Voir le beau temps.
Mais c’est pour quand?

Souvent aussi
Dans notre vie,
On verse des pleurs
Sur nos malheurs;
Mais les beaux jours
Viennent à leur tour
Nous rendre heureux
C’est beaucoup mieux.

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Première neige

Ces jours-ci, la neige nous gâte. Ce n’est pas la première de la saison et on sait qu’elle fondra bientôt. Le 9 décembre 1984, j’imagine que la neige qui tombait ou qui venait de tomber avait inspiré ma mère.

La première neige nous émerveille
Tous grands et petits enfants,
Quand on regarde à notre réveil
La terre vêtue d’un manteau blanc.

La nature se fait belle, je pense,
Pour cacher ce qui était gris;
Les flocons de neige volent et dansent
Pour nous dire, c’est fête aujourd’hui.

Les enfants s’en vont vite jouer
Sur ce tapis doux et moelleux;
Ils ne se lassent pas de sauter
Rire et courir, ils sont heureux.

Ils sortent les skis et les traîneaux,
Ils en parlaient depuis longtemps;
Pour ces petits rien n’est si beau
Que ce joli décor tout blanc.

L’artiste prend pinceaux et toile
Pour peindre cette réelle beauté
Qui nous rappelle les cartes de Noël
Et ces images qui font rêver.

Petits flocons mystérieux
Aux formes si bien étoilées,
Puisque vous descendez des cieux,
Faites que nos vœux soient exaucés.

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Crépuscule

Nous passons à l’Heure avancée de l’Est en fin de semaine. Tout à fait approprié pour parler du coucher du soleil, qui se fera plus tard. Si nous pouvions avancer le coucher du soleil que nous sommes! Voici ce que ma mère en pensait… avec quelques licences poétiques.

Soleil, bonsoir!
J’aime à te voir
À chaque soir
Avant le noir.

          Le ciel se dore
          Et au dehors
          Il se fait tard
          Et tout s’endort.

Le jour s’achève
Minute brève
Comme en un rêve
La lune se lève.

          L’ombre grandit
          Tout s’assombrit
          Et c’est ainsi
          Qu’un jour finit.

Puis le temps fuit
Sans un seul bruit
Silence! et puis
Voici, la nuit.

          La fin d’une vie
          Où tout s’oublie,
          Doit être ainsi
          De paix, remplie.

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Ensemble

Composé par ma mère le 7 septembre 1985.

Ensemble on aime, ensemble on vit
Ensemble on chante, ensemble on pleure
À cause de tous les soucis
Qui viennent détruire notre bonheur.

Le chagrin est un gros nuage
Qui peut cacher toute la beauté
De notre monde rempli d’images
Qui nous parlent de l’éternité.

Ensemble on souffre, on est rêveur
Ensemble on prie, tout devient triste,
On ne pense plus qu’à nos douleurs
Mais près de nous la vie existe.

On s’émerveille devant l’enfant,
Ensemble on va vers l’avenir,
En le voyant on est confiant,
Qu’il gardera notre souvenir.

Pourquoi faut-il que notre vie,
Soit éphémère, soit passagère?
Les êtres chers nous sont ravis,
Sans tenir compte de nos prières.

Ensemble on pleure, ensemble on aime
Après la pluie revient le soleil
Mais dans la vie on sait quand même
Que ce sera toujours pareil.

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Fidélité

Ma mère écrit à la toute fin de son poème qu’il est « trop sentimental pour 1984… ». Dans mon esprit, ce n’est pas pour l’époque que je pourrais le trouver trop sentimental, mais plutôt parce qu’il sortait de la tête de ma mère que je ne pouvais imaginer sentimentale, à son âge de 80 ans. Je doute qu’elle l’ait montré à mon père et je tiens pour acquis (pour ma santé mentale) qu’elle se référait à lui! À moins bien sûr que ce soit ce qu’elle aurait imaginé et souhaité.

Te souviens-tu quand j’avais seize ans,
De notre tout premier rendez-vous?
Pour moi, tu étais le prince charmant,
Partout, il n’existait plus que nous.
C’est comme si, en l’espace d’un jour,
Tout, autour de moi était nouveau
Et j’imaginais que pour toujours,
Ton doux regard serait le plus beau.

Te souviens-tu quand j’ai eu vingt ans?
En m’apportant un bouquet de roses
Tu m’as fait des aveux en tremblant,
Moi, trop émue pour dire quelque chose,
Je compris tout de même que l’amour
C’est un sentiment bien merveilleux
Et qui unit deux êtres pour toujours
Puis qui toute la vie les rend heureux.

Maintenant, j’ai plus de soixante ans,
Tu es pour nous tous, plein de tendresse
Je te vois toujours en prince charmant,
Car tu as tenu toutes tes promesses.
Je retrouve en nos petits-enfants,
Ce doux regard qui m’a captivée,
J’espère que nous vivrons très longtemps,
Pour continuer à nous aimer.

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Si tu savais

En voici un de mars 1986. Ma bru nous faisait remarquer dimanche soir, autour de la table familiale, jusqu’à quel point les poèmes de ma mère étaient toujours d’actualité. En ce dimanche soir pour souligner mes 65 ans, les quatre petits-enfants aux quatre coins de la table grandissent en sagesse. Ils sont beaux et sont aimés! Lisez ceci…

Si tu savais ce qu’est la vieillesse
Avec les ennuis de tous les jours,
Tout ce beau temps de ta jeunesse,
Tu voudrais qu’il puisse durer toujours;
Mais de la vie, ce n’est pas ainsi
On n’est pas longtemps dans le berceau,
On rit, on pleure, on joue, on grandit,
Autour de nous, tout est nouveau.

Si tu savais, le bonheur qu’ont les vieux
À regarder un tout nouveau-né
Tu comprendrais que pour être heureux
Ces petits sont là pour être aimés.
Si tu savais quand on vieillit
Comme on aimerait que le temps s’arrête
Pour pouvoir garder nos enfants petits,
Mais tout continue, rien ne s’arrête.

Si tu savais comme la solitude,
Est difficile quand on est vieux,
Il faudrait qu’on prenne l’habitude
De se penser toujours très heureux
De ne plus faire de durs travaux
De ne plus avoir peur du chômage,
Dans la vie, il y a encore du beau
C’est en vieillissant qu’on devient sage.

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Ma fille

Celui-ci a été écrit le 20 février 1985 et ma mère l’avait dédié à ma nièce Lise (alors d’Amos) qui venait de donner naissance à une petite fille du nom de Mélanie. Cette Mélanie a bien grandi bien sûr et fait partie de mes « amies » Facebook.  Je ne sais même pas si elle a déjà vu et lu ce poème de son arrière-grand-mère.

J’ai besoin de soleil
Qui, au dehors brille
J’ai besoin au réveil
D’entendre ma fille.

J’ai besoin de la voir
Pour me rassurer
Afin de savoir
Que je n’ai pas rêvé.

J’ai besoin d’être habile
Pour la protéger,
Un bébé c’est fragile
Comme une fleur d’été.

J’ai besoin de la prendre
Dire qu’elle est à moi,
Je voudrais lui apprendre
Tant de choses à la fois.

J’ai besoin de musique
J’écoute ma chérie,
Son langage est magique
Et j’en suis ravie.

J’ai besoin de tendresse
J’ai ses petites mains
Qui me font des caresses
Et je pense à demain.

J’ai besoin de repos
J’aime la regarder
Quand elle fait son dodo,
Elle est belle à croquer.

J’ai besoin de penser
À tout ce grand bonheur,
Cette petite désirée
Je l’aime de tout cœur.

Ma chère Mélanie
Bienvenue à toi,
La vie te sourit
Tu es toute ma joie!

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Le troisième âge

Ma mère réfléchissait bien sûr à l’âge qu’elle reconnaissait maintenant avoir atteint.

Quand on atteint le troisième âge
On fait le bilan de sa vie,
Que l’on compare à un voyage
Mais l’on ignore quand il finit.
Même si notre vue est moins bonne
Tout nous paraît plus merveilleux,
Et le petit chat qui ronronne,
Quelquefois peut nous rendre heureux.

Quand on atteint le troisième âge
Il faut cacher toutes nos souffrances,
Pour se faire dire que l’on est sage
Et qu’on est rempli d’espérance.
Les gens nous ignorent tout à coup,
Ils oublient qu’ils deviendront vieux,
Puis ils nous traitent de vieux fous,
Eh! mais comment seront-ils eux?

Quand on atteint le troisième âge,
On croit encore en la bonté
Même si c’est peut-être un mirage,
On espère tout d’la charité.
Chers amis, soyez très patients
Prenez bien soin de vos aînés
Vous n’attendrez pas trop longtemps,
Car vous viendrez nous remplacer.