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Une convention sans syndicat… c’était possible

Je vous avais raconté l’expérience manquée de syndicalisation du journal et de son imprimerie en 1970 et que ces efforts avaient quand même engendré une association des employés. Dans l’édition du 15 mars 1973, une photo montre l’éditeur et propriétaire André Paquette et le comité de négociation des employés lors de la signature d’une première convention collective de trois ans. Rolland Brunette, de la firme de conseiller en relations ouvrières portant son nom, avait mené les négociations pour l’entreprise, alors que j’avais été le principal porte-parole de l’association autour de la table. Les négociations n’avaient pas été faciles et, à un certain moment, mes journalistes et moi avions remis notre démission. C’était notre seule arme puisque nous n’avions aucun droit de grève, l’association n’ayant aucun statut autre que celui que lui reconnaissait l’employeur. Le vendredi où notre démission était effective rien ne s’était encore passé et je pose donc la question à l’éditeur. Il avait cru à un « bluff ». Nous avons reporté légèrement notre démission, afin de permettre des négociations le samedi matin avec Brunette. En fin de compte, nous avions obtenu plus que nous avions anticipé au début des négociations. Nous avions soumis des demandes, mais comme cela se fait partout, nous n’avions pas cru tout obtenir. Je ne sais pas ce que nous aurions obtenu si tous les autres collègues avaient suivi notre geste et avaient eux aussi remis leur démission. J’avais quand même décidé que ce serait la dernière fois que j’irais au front pour mes collègues. Nous n’avons jamais informé nos lecteurs de ces petits conflits internes parce qu’ils ne s’en sont jamais aperçus.

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Larry Demers est un jeune de l’École secondaire régionale de Hawkesbury qui aspire à faire du théâtre. Son souhait est exaucé. Un texte, sous la signature de « Dominik Demers » (elle signait parfois comme ça) dans l’édition du 15 mars 1973, raconte que Larry a fait partie de la distribution de « Amal et la lettre du roi », une présentation du théâtre étudiant du Centre national des Arts. Larry y interprétait le rôle de Madhav. Ce ne serait pas son dernier rôle; il allait poursuivre plus tard une carrière au théâtre et à la télévision. J’y reviendrai sûrement.

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Un article dans l’édition du 15 mars 1973 annonce aux voyageurs de Hawkesbury qui se rendent à Ottawa par autobus que la compagnie Voyageur aura maintenant un nouveau terminus de 2,5 millions de dollars sur la « rue Catherine à Ottawa, entre les rues Lyon et Kent, dans le centre-sud de la ville ». Jusqu’alors, le terminus d’autobus était situé sur la rue Albert. Le nouvel emplacement de « 111,000 pieds carrés est trois fois supérieur à celui de la rue Albert ». Voilà pour le progrès. Il y a quelque temps, à Ottawa, on parlait d’aménager un nouveau terminus ailleurs en ville, notamment dans le coin de la gare. Par contre, dans les médias du 14 septembre dernier, il était question d’investir pour rénover le terminus de la rue Catherine et y ajouter des services.

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Le Carillon du 22 mars 1973 en parle. Un convoi du CN déraille « à quelques pieds à peine de la petite gare desservant » Limoges dans le comté de Russell. « Le déraillement s’est produit vers 4 h 30 lundi matin alors qu’un convoi de marchandises de 79 wagons venait de quitter Ottawa à destination de Montréal. Pour des raisons demeurées mystérieuses, quelque 23 wagons ont quitté la voie, dans un enchevêtrement de fer tordu et des milliers de tonnes de grain et de marchandises ont été éparpillées sur la rue Principale du village. » Dans l’édition de la semaine suivante, celle du 29 mars 1973, il est question cette fois d’un déraillement de six wagons d’un convoi de 23 « vendredi midi, sur une voie secondaire située entre Glen Robertson et Dalkeith ». Cette fois, c’était plus sérieux. « Les six wagons portaient du chlore et de la soude caustique, et les autorités ont cru à un certain moment devoir faire évacuer les environs. » Cela n’avait pas été nécessaire.

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Une loterie pour financer la police

Le Conseil municipal de Hawkesbury soutient que « les services de police devraient être financés par la mise sur pied d’une loterie à l’échelle de la province et recommande même la légalisation des jeux de hasard et d’argent ». Cette suggestion est contenue dans une série de recommandations soumises au Groupe d’étude sur le maintien de l’ordre en Ontario. Le Carillon du 8 mars 1973 en parle à la une. Le Conseil recommandait notamment « que chaque agent en formation suive des cours de relations publiques afin d’offrir un meilleur service aux citoyens » et suggérait « de diviser les responsabilités des policiers de sorte que leur rôle soit de protéger les individus et les propriétés » plutôt que d’être considérés « comme des distributeurs de billets de stationnement ». Le mémoire de la ville de Hawkesbury au Groupe d’étude allait même jusqu’à proposer que « les enquêtes criminelles compliquées devraient être conduites par les autorités provinciales ». À cette époque, Hawkesbury avait son propre service policier; ce n’est que beaucoup plus tard qu’elle l’a démantelée et confié sa protection à la Sûreté provinciale de l’Ontario.

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C’était un peu le commencement de la fin pour ce pont qui enjambait l’Outaouais depuis une quarantaine d’années, le seul entre Montréal et Ottawa. Il ne fallait donc pas se surprendre des énormes répercussions de sa fermeture en ce début de mars 1973. Le Carillon en parle dans son édition du 8 mars. « L’affaiblissement des structures du pont, lors de la flexion des poutres de soutènement sur le côté ontarien, constaté en fin de semaine, a donc eu des répercussions considérables tant du côté ontarien que dans la belle province. » La Sûreté du Québec avait interdit l’accès au pont aux véhicules lourds, les obligeant à effectuer un long détour. Cette décision avait eu un impact majeur sur l’usine locale de la Compagnie internationale de papier et sur Postes Canada pour le courrier en provenance de l’ouest du Québec et qui transitait par le pont Perley.

« Mais ce sont les résidents du Québec qui travaillent en Ontario ou vice versa qui ont été le plus incommodés. En effet, mardi, le pont a été totalement fermé à la circulation, de 10 heures à 15 heures, pendant que des ingénieurs de la compagnie Dominion Bridge procédaient aux réparations. » Au cours des années subséquentes, ce pont a dû subir de nombreuses réparations, mais cela ne changeait rien au fait que le pont Perley devait être remplacé un jour ou l’autre. Il le sera beaucoup plus tard et perdra son nom.

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Sidonie Rozon était la sœur de Noé, le sympathique président et propriétaire de Rozon Discount Food, l’épicerie incontournable de Hawkesbury. Mais on la connaissait sous un autre nom et Le Carillon en parle dans son édition du 8 mars 1973. « Sœur Ste-Rose a été choisie par le Comité des droits de l’homme comme citoyenne de l’année à Sudbury. » Elle était alors pharmacienne à l’hôpital St-Joseph de Sudbury depuis 25 ans et était très appréciée de tous. « Elle a conseillé les jeunes médecins sur les dangers des nouveaux médicaments, a assisté les infirmiers à l’urgence et a conseillé les jeunes aux prises avec des problèmes. Elle a passé plusieurs nuits à réconforter les agonisants. » Elle avait rédigé des articles sur le monde médical et pharmaceutique et elle avait même composé des chansons. « Depuis son arrivée à Sudbury, elle a formé un centre anti-poisons et elle a contrôlé les effets de 475 nouveaux produits pharmaceutiques par année en notant les effets de chacun d’eux. » Elle était originaire de Hawkesbury. Rozon Discount Food n’existe plus depuis quelques années.

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Un complexe sportif de plus d’un million… mais pas tout de suite

C’était d’abord et avant tout un projet du maire Yvon Montpetit, fervent sportif et visionnaire. On parle de son dernier projet dans l’édition du 22 février 1973 du journal Le Carillon. « Le maire Yvon Montpetit dévoilera sous peu un projet pour un complexe sportif de plus d’un million de dollars, destiné à remplacer les facilités actuelles du Centre Mémorial. (…) Ce projet semble être la seule solution pratique au problème de la réfection de l’aréna actuel. » Le complexe envisagé par Montpetit « serait un centre récréatif complet combinant une patinoire avec glace artificielle, une piscine intérieure, une piste de course pour le ‘jogging’, des terrains de balle au mur et des courts de tennis extérieurs ». J’y reviendrai parce qu’il y aura éventuellement un complexe sportif, mais non sans une controverse.

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Parlant de visionnaire, il est question d’un autre projet grandiose du maire Yvon Montpetit dans l’édition du 1er mars 1973. Cette fois, une petite Place Ontario sur la Grande Île. « Cette île est idéale pour une telle entreprise, étant située dans la rivière Outaouais, près du pont interprovincial Perley, à l’entrée même de la Belle province, Elle pourrait facilement accueillir une marina, des pavillons, un terrain de camping ou un petit terrain de golf ou même un casino. Ce serait également le site idéal pour reconstruire le fort de Dollard des Ormeaux. » La Grande île avait été acquise de l’Hydro-Ontario l’année précédente pour la somme nominale de un dollar. Rien ne s’est concrétisé.

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Et dans l’édition du 8 mars 1973, on fait référence à une autre idée de Montpetit. Cette fois, il souhaite la formation d’une commission gouvernementale pour les parcs dans la région de l’Outaouais, un peu à l’image de la Commission des parcs du St-Laurent et de la Commissions des parcs du Niagara. Personne ne donnerait suite à cette autre excellente suggestion du maire de Hawkesbury.

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Raymond Ouimet est nommé administrateur en chef du Conseil des comtés unis de Prescott-Russell. Il cumulait les fonctions de secrétaire et de trésorier depuis 1966. On en parle dans l’édition du 1er mars 1973. Il continuerait à ce poste pendant plusieurs années.

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Une violente crise de conscience des députés

En 2011, surtout depuis la montée nationale des conservateurs de Stephen Harper, on entend souvent parler de l’intention de certains de ressusciter la peine de mort au Canada. En 1973, un débat se poursuivait justement aux Communes sur cette question. Comme Marcel Desjardins, toujours sous son pseudonyme de Paul Huneault, le mentionne dans l’édition du 8 février 1973 du journal Le Carillon, « périodiquement, nos députés fédéraux sont soumis à une violente crise de conscience ». C’est que la peine de mort avait été abolie en 1967, sauf « pour le meurtre de policiers et de gardiens de prison ». Cette mesure valait pour cinq ans et c’est pourquoi la question refaisait surface aux Communes. « Depuis le vote de 1967, le gouvernement libéral a eu le temps d’obtenir une majorité de députés et de la perdre dans le cadre d’une élection dont on a dit avec raison qu’elle avait donné lieu à une montée des éléments conservateurs au pays. Une chose est certaine, les dernières élections ont permis l’élection d’un plus grand nombre de députés conservateurs (avec ou sans l’étiquette officielle) et cela se voit dans le débat sur la peine de mort. Les partisans de la peine de mort sont plus nombreux et plus articulés que jamais aux Communes. Ils sont aussi plus confiants qu’il y a cinq ans. » Le député Denis Ethier avait décidé de « voter contre la peine de mort » et Desjardins souhaitait « qu’une majorité de députés fédéraux fassent comme le député Ethier ». Son souhait avait été exaucé.

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Sa première signature (byline, dans les termes du métier) apparaît dans un article publié dans l’édition du 15 février 1973. La population de l’école secondaire de Hawkesbury équivalait à celle d’un grand village et il serait utile d’y avoir un correspondant en permanence ou encore un journaliste « interne ». Dominique Demers y signe un texte sur le carnaval de l’école intitulé « Les ‘mangeurs de bananes’ en vedette », en référence à un concours dans le cadre du carnaval scolaire. Ce serait le premier de nombreux textes de Dominique dans Le Carillon.

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Comme je le répète souvent, c’était dans le contexte d’il y a presque 40 ans. Dans l’édition du 15 février 1973, j’annonce quelques nouveautés dans le journal, dont une page de jeux, une chronique intitulée « Pouvez-vous m’aider? » et qui sera réalisée par l’éditeur et ceci : « Les lecteurs du Carillon auront remarqué la présence dans les pages des ‘Petites annonces’ d’une photo d’une ‘délicieuse’ représentante du sexe faible (?) et d’un dessin humoristique. » L’expérience allait durer plusieurs mois jusqu’à ce que des lecteurs nous fassent remarquer qu’ils n’avaient pas besoin de telles photos pour continuer à acheter leur journal préféré. Il faut aussi préciser que c’était l’époque où les salles de cinéma faisaient salle comble avec des films érotiques.

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« Au moment du recensement fédéral de juin 1971, il y avait dans les trois comtés de Glengarry, Prescott et Russell pas moins de 16,010 logements, soit 4,970 dans Glengarry, 7,135 dans Prescott et 3,905 dans Russell. » Un article plein de telles statistiques était publié dans l’édition du 15 février 1973. « Les statistiques démontrent qu’il y a encore, dans Glengarry, Prescott et Russell (…) 1,710 maisons où il n’y a pas de toilettes avec chasse d’eau. »

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Un bel ordinateur IBM 1130… de 50 000 $

Nous sommes encore très loin des iPod et des iPad et des portables ultra-puissants. Mais comme le rapporte Le Carillon du 1er février 1973, l’École secondaire régionale de Hawkesbury est à l’avant-garde. L’école « offre maintenant à ses étudiants des cours en traitement des données, en programmation et en information à l’aide d’un ordinateur IBM 1130, modèle 4, achetée au coût de $50,000 ». Le nouvel équipement ultra-moderne « comprend une lectrice de cartes perforées, une unité centrale de contrôle, fonctionnant à l’aide de disques magnétiques et une imprimante sur papier, toutes reliées ensemble ». Et souvenir de l’ère des dinosaures informatiques : « Les machines périphériques, qui ne font pas partie intégrante de l’ordinateur, comprennent une perforatrice à cartes modèle 029 et une reproductrice 514, pour la transformation de cartes marquées à l’aide de crayons électromagnétiques en cartes perforées susceptibles d’être utilisées par l’unité de contrôle. » Voilà, expliquez tout ça à votre petit qui s’amuse avec sa Nintendo DS 3D!

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La nouvelle n’est pas annoncée officiellement par l’éditeur, mais l’édition du 1er février 1973 confirme la position que j’occupe depuis quelques semaines, celle de chef de l’information du journal Le Carillon.

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Décidément, l’histoire se répète à Rockland. En 2011, c’est le conflit entre le nouveau maire Marcel Guibord et l’administrateur Daniel Gatien. En 1973, c’était entre le maire Roger Charon et l’administrateur Denis Bissonnette. Dans l’édition du 1er février 1973, il est question de la démission de ce dernier. Il avait constaté qu’il lui serait impossible de s’entendre avec le nouveau maire. « Il aurait pu choisir de demeurer, de s’accrocher à son poste et d’essayer de faire la vie dure au maire Charron et à ceux qui l’appuient », commente Marcel Desjardins sous son pseudonyme de Paul Huneault.

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Je ne crois pas qu’un journal communautaire pourrait se permettre ça de nos jours. Pour l’édition du 8 février 1973, les 44 pages ne suffisaient pas au nombre d’articles que nous avions cette semaine-là, mais la philosophie de l’éditeur était de tout faire pour nos lecteurs; donc, je fais ajouter deux pages de « Nouvelles EXTRA » à la dernière minute… sans aucune publicité. Il m’arriverait de répéter l’exercice au fil des années, jusqu’à ce que de nouvelles presses ne le permettent plus.

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Tout le monde le reconnaissait, la route 17 était meurtrière et la route 34 presque autant; la 417 n’était pas encore terminée. Quoi qu’il en soit, comme on peut le lire dans Le Carillon du 8 février 1973, « pas moins de 1,454 collisions, faisant 43 morts et 809 blessés, se sont produites sur les routes de Glengarry, Prescott et Russell, en 1971 ». Le ministère ontarien des Transports venait de publier un rapport à cet effet. « À l’échelle de la province, en 1971, 1,769 personnes sont mortes et 84,650 ont été blessées dans 158,831 accidents qui ont occasionné des dommages matériels de $112,306,000. En 1971, il y avait 3,364,891 automobiles enregistrées dans la province, pour une population de 7,800,000. »

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La Ferme Denys… le signe d’un temps

Le gouvernement fédéral a créé un programme d’initiatives locales afin d’encourager l’emploi et le développement. Comme le rapporte Le Carillon du 18 janvier 1973, la Ferme Denys obtient une subvention de 23 758 $ pour le développement d’un centre communautaire. Ce centre est la propriété de l’abbé Denis Lacelle, de Rockland. « La Ferme Denys, située entre Plantagenet et Treadwell, sera devenue un centre communautaire complet dès le début de juin. Elle se veut un centre d’accueil, de fraternité et de formation au service des groupes, organismes et individus de l’Est ontarien, sans distinction de race ou de religion. (…) Depuis son ouverture il y a trois ans, la Ferme Denys a été utilisée par des organismes tels Art Trek, Co-Formation, Direction-Jeunesse, Récupération créativité, Cinésources 10 et autres, L’animation était surtout assurée par le groupe Opiéçal, lui aussi à sa troisième année d’existence. » La Ferme Denys, qui était devenue un centre charismatique, a été la proie des flammes plusieurs années plus tard. (Denis Lacelle était un gars de Hawkesbury. Je l’avais connu au Petit séminaire où il enseignait. Je me souviens particulièrement que nous nous rencontrions dans sa chambre-bureau pour fumer, surtout l’hiver.)

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Au début de janvier 1973, la télévision de Radio-Canada présentait huit émissions-maison pour les enfants : Les Chiboukis, Minute Moumoute, Clak Coco-Soleil, Au jardin de Pierrot, Bobino, Nic et Pic, Fanfreluche et Picotine. Radio-Canada les annonçait dans l’édition du 11 janvier. Combien d’émissions-maison pour les enfants Radio-Canada présente-t-elle aujourd’hui? Je crois que la réponse est « aucune ».

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La nouvelle est rapportée dans Le Carillon du 25 janvier 1973 : « L’aéroport d’Embrun sera bientôt doté d’un système d’atterrissage aux instruments. Ce système, qui s’apparente au radar, permettra aux avions et hélicoptères d’effectuer des atterrissages à l’aéroport dans des conditions de brouillard et de visibilité nulle. » Le gérant et copropriétaire de l’aéroport, Gordon Thomas, avait « prédit un accroissement notable du volume du trafic aérien à la suite de l’installation de ce nouveau système ». Établi en 1962, l’aéroport d’Embrun avait été reconnu comme aéroport commercial en 1968. Quand je suis déménagé à Embrun en 1989, cet aéroport était le rendez-vous des parachutistes; il a fermé ses portes il y a une quinzaine d’années. Il existe un autre petit aéroport à Embrun, mais pour les petits avions privés.

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Pas bête comme idée. Il en question dans l’édition du 25 janvier 1973. « Les citoyens de Hawkesbury ne devront pas se surprendre dorénavant quand ils entendront une drôle de sirène dans les rues de la ville. » La sirène spéciale produirait un son semblable aux sirènes en Europe (hi! ha! hi! ha!). L’ingénieur municipal Kenneth Ménard avait « rappelé que la sirène (dont le son sera aisément identifiable) sera utilisée pour avertir la population quand le service d’aqueduc sera interrompu ou encore quand une automobile sera stationnée de la mauvaise façon dans la rue au moment des opérations de déneigement ».

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Le système semestriel des écoles secondaires

Aujourd’hui, dans les écoles secondaires de la région et de quasiment partout, le système de semestres est tenu pour acquis, mais il n’a pas toujours été la norme. Dans Le Carillon du 21 décembre 1972, on apprend que « les étudiants de l’École secondaire régionale de Rockland pourront profiter d’un système d’enseignement semestriel, si les autorités du Conseil d’éducation de Prescott-Russell le veulent ». Ce système « existe en Alberta depuis cinq ans et connaît une certaine popularité dans les écoles secondaires ontariennes ». Le CEPR allait y consentir et toutes les écoles secondaires allaient éventuellement passer à ce système.

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Sa carrière prend son envol. J’en parle dans ma chronique du 28 décembre 1972. « Daniel McKale, le caricaturiste du Carillon, est maintenant le caricaturiste attitré du journal Hydro-Presse de l’Hydro-Québec. Il remplace l’excellent Girerd, le caricaturiste du quotidien La Presse. Daniel réalise également des dessins pour l’hebdomadaire La Patrie. » Il était toujours à notre service, nous ayant promis de ne jamais nous abandonner étant donné que nous lui avions donné sa première chance.

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Une nouvelle signature apparaît dans Le Carillon du 4 janvier 1973. Charles Burroughs présente la revue de l’année 1972. Charles, qui est au service de l’imprimerie depuis de nombreuses années, vient de joindre les rangs de la salle des nouvelles. Il y restera jusqu’en 1986 alors qu’il deviendra journaliste du journal Le Droit. C’est de là qu’il a pris sa retraite il y a quelques années, non sans avoir passé quelques années avec moi aux communications de Postes Canada. J’y reviendrai.

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Le canton de Cumberland s’était dissocié des Comtés unis de Prescott et Russell en 1967 afin d’être relié à la nouvelle municipalité régionale d’Ottawa-Carleton, formée cette année-là. Le canton est intégré à la nouvelle circonscription fédérale de Glengarry-Prescott dans le cadre d’une restructuration annoncée par la Commission fédérale de délimitation des circonscriptions électorales pour l’Ontario. Cumberland était jusque-là rattaché à la circonscription d’Ottawa-Est. On explique le tout dans l’édition du 4 janvier 1973. Cumberland, qui fait partie de la nouvelle cité d’Ottawa, est toujours dans la circonscription.

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« Cinésources 10, un organisme d’animation en audio-visuel, voudrait inaugurer un centre d’activités culturelles dans les locaux vacants de l’école Ste-Famille, dans Rockland-Est. » Il en est question dans l’édition du 11 janvier 1973. Il a résulterait le Centre culturel La Ste-Famille, qui allait contribuer grandement au développement culturel de l’ouest des comtés pendant de longues années. J’en reparlerai sûrement au fil de mes futurs billets.

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« La mort du Père Noël » – L’auteure avait 16 ans

Je note dans l’édition spéciale des fêtes du journal Le Carillon du 21 décembre 1972, en page I-3, un conte intitulé « La mort du Père Noël » et qui avait valu à son auteure le deuxième prix dans le cadre du Concours de contes de Noël du journal. Et qui était cette auteure? Dominique Demers, alors âgée de 16 ans, et qui habitait au « 711 de la rue Laflèche à Hawkesbury ». Les futurs écrits de Dominique Demers, dont la réputation n’est plus à faire, allaient lui apporter plusieurs autres honneurs. Je tiens pour acquis que Dominique l’a conservé. Pour le simple plaisir, voici ce texte qui démontrait déjà ses grands talents :

Il était une fois un vieux bonhomme souriant. Sa barbe étincelait comme la neige de décembre, ses sourcils étaient aussi fournis que les branches du sapin de Noël, ses yeux aussi bleus qu’un ciel d’hiver, et ses lèvres aussi rouges que le costume qu’il portait. Ses longues bottes noires et sa ceinture scintillaient au soleil. Son rire aussi franc, aussi doux, aussi sincère que celui des enfants, tintait avec les cloches de la nuit de Noël.

Son nom est celui des sommets enneigés, des nuits féériques, des sourires moqueurs, des espoirs fleurissants : « le Père Noël ».

Chaque année, de janvier à décembre, le Père Noël se retirait en son royaume en Paradis. Là, des milliers de lutins travaillaient pour le bonheur de tous les enfants. En une seule année, l’équipe du Père Noël fabriquait des millions de poupées souriantes, de soldats de bois des plus courageux, de trains les plus longs, d’animaux les plus doux. Et chaque année, le Père Noël surveillait du haut d’un nuage tous les enfants de la terre. Il faisait une longue liste de tous ceux qui étaient sages. Le 24 décembre, à l’heure où tous les enfants sommeillent profondément, le Père Noël, transporté dans un grand chariot tiré par des rennes, perçait les nuages et volait à travers la nuit. À chaque maison où dormaient des enfants sages, il descendait la cheminée et déposait des bonbons dans les bas suspendus à la cheminée et des trésors enveloppés sous l’arbre de Noël. Pendant toute la nuit, on entendait le gros rire bienveillant du Père Noël.

Depuis toujours, le Père Noël était demeuré fidèle à sa tâche et au bonheur des enfants sages de l’univers.

Malheureusement, il y a plusieurs années déjà, le Père Noël et ses lutins firent la grève au Paradis. Immédiatement le Bon Dieu averti vint les retrouver.

« Père Noël, qu’est-ce qui t’arrive? Tu dois ordonner à tes lutins de fabriquer des jouets. Tu dois te dépêcher, peut-être qu’en ce moment certains enfants ne sont pas sages. Remettez-vous à l’ouvrage car sur la terre on commencera bientôt à chanter Noël! »

« Non, Bon Dieu », répliqua le Père Noël. Sur la terre maintenant, il n’existe plus de nuit de Noël. Mes rennes ne peuvent plus descendre car en bas l’homme a créé un gros brouillard, l’air a perdu sa pureté et même l’homme n’y peut plus respirer. Plus personne ne chante la Noël, car on n’a plus le temps de chanter. Je ne sais plus si les enfants sont sages, parce qu’ils ne vivent plus avec leurs parents. Tous les enfants demeurent ensemble avec des professeurs qui les instruisent. Bon Dieu, il y a trop longtemps que les poupées ont été inventées. Les enfants d’aujourd’hui n’aiment plus mes jouets. Mes poupées souriantes ont été remplacées par des robots qui peuvent tout faire sauf rire et mes trains par des boules que l’on lance et qui font sauter l’univers. Je ne peux plus leur donner des chiens de peluche car depuis quelque temps l’homme a décidé que les animaux domestiques ne lui apportaient rien. Il les a tués et mes petits enfants ne connaissaient pas l’amitié du chien. Les maisons sont de verre et n’ont plus de cheminée. Les bonbons n’existent plus.

« Les lutins ne veulent plus travailler car ils savent leur inutilité. Ma mission est finie. Pendant plusieurs années, j’ai fait rire des millions d’enfants, j’ai allumé du feu dans une multitude de cœurs, j’ai fait briller des étoiles dans beaucoup d’yeux. Toujours, j’ai symbolisé l’espoir, le bonheur, l’unité. L’homme ne connaît plus la définition de ces mots. Maintenant, plus personne ne veut sourire, ils ont oublié que la nuit de Noël est unique, différent de toutes les autres nuits. Même dans sa noirceur, la nuit de Noël était illuminée, elle ne l’est plus. L’homme a oublié que le Père Noël aime les enfants. Il a oublié de souhaiter « Joyeux Noël » et d’envoyer des cartes de vœux décorés d’anges roses, de sapins verts et de ciel bleu. L’homme a cessé d’être heureux. »

Pendant tout le récit, le Bon Dieu était demeuré silencieux. Calmement, il avait écouté. Depuis longtemps qu’il s’attendait à ces paroles du Père Noël. D’une voix sourde et étouffée par l’émotion, il reprit :

« Je sais, Père Noël, ne t’en fais pas. Toujours, tu as rendu les gens heureux en ces nuits de Noël. Ton exemple a toujours servi à l’homme charitable. L’homme m’a oublié… »

À ces mots, le Père Noël laissa échapper du plus profond de son cœur, là où l’on réprime les soupirs, une larme fondante. Et parce que le Père Noël n’avait jamais pleuré et que le monde l’a ignoré, il s’affaissa sur un nuage du Paradis et rendit l’âme. Le Bon Dieu s’écria : « Père Noël, l’homme t’a tué… »

Dominique l’a écrit il y a 39 ans. Je trouve ce conte encore pertinent…

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D’importants dommages à l’usine Dansereau

Les pertes étaient énormes pour l’époque. Les flammes causent des dommages de plus de 750 000 $ à l’usine Georges Dansereau et fils de Grenville, une division de la compagnie Mason and Risch, et « une centaine d’employés se retrouvent en chômage ‘temporaire’ à la suite de l’incendie ». Un long article y fait référence dans l’édition du 14 décembre 1972 du journal Le Carillon. « La section incendiée était la plus vieille des installations de la firme Dansereau. (…) L’élément destructeur aurait pris naissance dans l’entrepôt, où quelque 100,000 pieds de bois franc étaient empilés, pour se propager très rapidement aux séchoirs et à la section des bureaux. » Les employés ont repris le travail peu de temps après, heureusement.

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Pour économiser de l’argent, le gouvernement ontarien avait décidé de s’occuper lui-même de l’entretien du pont Perley. C’est le service municipal de voirie qui s’en occupait jusqu’alors. Les conséquences de cette décision ont été évidentes dès l’arrivée de la première neige. Ainsi, dans l’édition du 21 décembre 1972, on apprend que « le mauvais entretien du pont interprovincial Perley est à la source de l’embouteillage gigantesque qui a paralysé la circulation sur la rue Principale pendant six heures d’affilée samedi après-midi ». Par suite de violentes bourrasques de neige, les descentes du pont Perley se sont transformées en patinoire. Les « difficultés des automobilistes à l’entrée du pont Perley, sur la rue John, ont créé un bouchon de circulation qui a paralysée la rue Principale, depuis le rue Hampden jusqu’à la rue McGill, jusque vers 20 heures en soirée ».

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« MM. Gaston Patenaude, d’Embrun, et Lucien Berniquez, de Hawkesbury, les deux nouveaux membres du Conseil d’éducation, participeront à une conférence à l’intention des nouveaux conseillers scolaires, en janvier à Toronto. » J’en parle dans ma chronique du 21 décembre 1972. Patenaude et Berniquez deviendront éventuellement maire de leur municipalité respective, le canton de Russell et la ville de Hawkesbury, mais le secteur scolaire avait été un bon tremplin politique. Berniquez avait acquis de l’expérience en gérant la campagne à la mairie d’Yvon Montpetit. Patenaude était sous-préfet du canton de Russell. Dans un cas comme dans l’autre, j’y reviendrai.

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Tiens, tiens! Un encadré intéressant dans l’édition du 21 décembre 1972. « Le programme TIP (Turn In a Pusher), qui se répand de plus en plus chez nos voisins du sud, vient d’être instauré à Alexandria, où un groupe de parents, alarmés de voir la consommation de drogues chez les jeunes, se sont cotisés pour créer un fonds afin de récompenser le porteur de tout renseignement amenant l’arrestation et la condamnation subséquente de trafiquants de drogues. » Bien sûr, « l’anonymat est à la base de tout le système ». Une sorte de précurseur du programme Échec au crime (Crime Stopper). « Le programme TIP à Alexandria est l’initiative d’un citoyen d’Alexandria, qui tient évidemment à rester dans l’ombre. Découvrant que son jeune fils utilisait régulièrement de la drogue, il se souvint d’un article paru dans une revue où il était fait mention du programme TIP. Il n’eut aucune difficulté par la suite à regrouper plusieurs autres parents qui avaient des idées semblables aux siennes. »

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Un campus permanent du collège Algonquin

Le nouveau maire Yvon Montpetit l’avait fortement souhaité lors de son élection en 1970 et il avait lancé une grande étude communautaire afin de le justifier. C’était par contre la Jeune chambre de Hawkesbury qui en avait assumé l’organisation, mais avec des fonds municipaux. Comme je l’écris dans un reportage dans l’édition du 7 décembre 1972 du journal Le Carillon, le groupe responsable de cette étude propose « la création d’un campus permanent du collège Algonquin à Hawkesbury ». Il s’agissait là de l’une des conclusions de l’étude, les autres étant « l’ouverture de salles communautaires, la publication d’un bottin de renseignements, l’embauche d’un animateur social, les communications entre les organismes de services ». Le groupe, présidé par l’ancien préfet Marcel Gélineau, avait « recommandé la création d’un campus permanent du collège Algonquin à Hawkesbury afin de desservir de 500 à 600 étudiants diplômés des écoles secondaires de Hawkesbury, Vankleek Hill et Plantagenet et d’offrir des cours qui répondent à leurs besoins ». Le collège Algonquin avait déjà un campus permanent à Pembroke « pour seulement 124 étudiants ». Le collège allait éventuellement avoir un campus à Hawkesbury. Tout ça bien avant l’arrivée de La Cité collégiale.

L’étude communautaire traitait de divers volets, dont celui de la santé. « Les participants ont déploré que la vasectomie et la ligature des trompes à l’Hôpital général de Hawkesbury étaient interdites pour des principes de religion, comme dans tous les hôpitaux affiliés à l’Association des hôpitaux catholiques du Canada et dirigés par des religieuses. Ces deux interventions sont pratiquées à la clinique Smith. » En ce qui a trait à l’information, à la communication et à la participation, on « a déploré la non-participation à l’étude communautaire des clubs sociaux, du clergé, des conseillers municipaux et scolaires, ainsi que des représentants des services gouvernementaux ».

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Il n’était pas encore question de fermer tout l’hôpital, comme cela serait proposé quelques décennies plus tard, mais la seule suggestion de fermer le service d’obstétrique avait soulevé les boucliers des autorités municipales de la région. Comme on peut le lire dans Le Carillon du 7 décembre 1972, « les maires des municipalités de la région située près de la ville d’Ottawa rencontreront le député provincial Albert Bélanger, pour protester contre la fermeture du département d’obstétrique de l’hôpital St-Louis-Marie-de-Montfort, à Ottawa ». Les maires de Plantagenet, Russell, Cambridge, Casselman, Clarence Creek, Orléans et Rockland voulaient que Bélanger intervienne le plus rapidement possible. « Le caractère francophone de l’hôpital St-Louis-Marie-de-Montfort est un facteur qu’il est également important de considérer. » Le ministre de la Santé avait changé d’idée finalement devant tant de pressions, parce que l’Association canadienne-française de l’Ontario avait aussi mobilisé les francophones et les médecins avaient eux aussi fortement réagi.

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Des élections municipales ont lieu un peu partout autour de Hawkesbury. Ainsi, Bernard Pelot, qui avait été candidat libéral indépendant au dernier scrutin fédéral, défait le maire sortant Ernest Burton dans le canton de Russell, alors que Bruno Massie montre la porte au maire sortant Jean-Paul Touchette d’Alexandria. À St-Isidore-de-Prescott, Donat Bergevin est réélu une quatrième fois, alors que Marcel Châtelain déloge Fernand Larocque à la mairie d’Alfred. Ailleurs, les maires avaient été réélus sans opposition lors des mises en candidature comme cela se produisait régulièrement à l’époque.