Bromont… à cause d’un cheval sur le terrain de golf

par Alain Guilbert
Au départ, Bromont ne faisait pas partie des plans du Comité organisateur des Jeux olympiques de Montréal. En effet, dans le plan original du COJO, les épreuves de dressage des sports équestres devaient avoir lieu à l’île Ste-Hélène alors que les épreuves de saut d’obstacles (individuels) devaient être présentées à l’Autostade, une structure aujourd’hui disparue qui avait été construite à l’époque d’Expo 67 en bordure de l’autoroute Bonaventure.
Bien sûr, comme le veut la tradition, les épreuves de sauts d’obstacles par équipes auraient lieu au Stade olympique dans les heures précédant la cérémonie de clôture.

Chaque lieu de compétition doit éventuellement être approuvé par la Fédération internationale de chacun des sports. Ainsi, quand la Fédération équestre internationale a dépêché ses représentants à Montréal, ceux-ci ont rejeté les deux propositions du COJO, soit Ste-Hélène et l’Autostade. Pour queller raisons?

Dans le cas de l’île Ste-Hélène, le passage des automobiles et des camions franchissant par milliers le pont Jacques Cartier tout au long de la journée aurait considérablement « bouleversé » les chevaux qui réclament un silence quasi absolu pour bien performer. Pour que cet emplacement situé dans un extraordinaire décor champêtre ait été acceptable, il aurait fallu fermer complètement le pont pendant plusieurs jours… ce qui était impensable à l’époque.

Dans le cas de l’Autostade, c’était sensiblement le même problème. Les milliers de véhicules qui circulaient à bonne vitesse sur l’Autoroute Bonaventure causaient aussi beaucoup trop de bruit pour les athlètes et les chevaux participant au concours d’obstacles. Là aussi, c’était impensable de fermer le principal accès au centre-ville de Montréal en arrivant par la Rive-Sud.

Une fois ces deux lieux de compétition écartés, il fallait trouver une autre solution. Deux nouvelles propositions ont donc été soumises au COJO, l’une par le centre équestre d’Hudson, en banlieue ouest de Montréal, et l’autre par la nouvelle ville de Bromont, dans les Cantons de l’Est.

Les deux projets étaient pilotés par des personnes importantes. Dans le cas d’Hudson, le projet était parrainé par le propriétaire du centre équestre, George Jacobson, qui était également le président de l’Association canadienne de sports équestres. Dans le cas de Bromont, le projet était parrainé par un entrepreneur prestigieux, Roland Désourdy, le créateur de la ville de Bromont et le grand patron de Désourdy Construction, l’un des principaux constructeurs du Stade et des autres structures du Parc olympique.

Les deux propositions étaient aussi intéressantes l’une que l’autre.

La Fédération équestre internationale, dont le président était le Prince Phillip (oui, le conjoint de « notre » reine!), a donc dépêché son conseiller technique, le major Rourke, ex-officier des Forces britanniques et aussi un cavalier expérimenté.

Le conseiller technique s’est d’abord rendu à Hudson où il a été accueilli par M. Jacobson. Il a semblé impressionné par ce qu’il a vu à ce centre équestre qui existe encore, 40 années plus tard.

Puis, il s’est rendu à Bromont pour y rencontrer M. Désourdy, lui aussi un excellent cavalier. Le Centre équestre de Bromont était à cette époque plus rudimentaire que celui d’Hudson. Mais on y avait effectué plusieurs travaux avant la visite du major Rourke.

Entre autres, on avait recouvert un sentier de nouveau gravier la veille même de la visite technique. Malheureusement, il avait plu abondammant toute la nuit précédente et le nouveau gravier n’avait été compacté encore. Les deux hommescirculaient à travers le centre équesrte avec des chevaux dont les pattes s’enfonçaient dans le sol presqu’à chaque pas.

À un moment donné, les cavaliers se sont arrêtés au sommet d’une colline située en bordure du club de golf et d’où on avait une vue spectaculaire sur l’ensemble du centre équestre.

C’est à ce moment que le major Rourke a mentionné à son hôte que « le fantasme de sa vie avait toujours été de fouler un terrain de golf monté sur son cheval ». On sait que les Britanniques ont un respect quasi religieux pour les pelouses. On ne verra jamais personne fouler du pied ne serait-ce qu’un pouce (ou un centimètre) de pelouse, sauf si c’est pour son entretien. Ce serait quasiment commettre un sacrilege que de le faire.

« Monsieur Roland », comme on le surnommait familièrement, a pensé que son jour de chance était arrivé. Il a invité le major Rourke à le suivre au galop sur le terrain de golf. Après tout, c’est lui qui en était le propriétaire. Le délégué technique n’a pas raté l’occasion qui lui était donnée de réaliser son fantasme… même si les pattes des chevaux ont laissé leurs traces sur deux ou trois des 18 « verts » du terrain.

Quelques jours plus tard, la Fédération équestre internationale a fait connaître sa décision. Après le rapport de son délégue technique, la FEI recommandait le centre équestre de Bromont pour y présenter les épreuves de dressage et de concours d’obstacles des Jeux olympiques de Montréal.

Quelques années après les Jeux, Monsieur Roland « riait » encore de son aventure et de la façon dont il s’y était pris pour tenter d’influencer la recommendation du major Rourke. « Un cheval sur un terrain de golf » aura possiblement fait de Bromont une ville olympique!

Les ennuis des Soviétiques aux Jeux de Montréal

par Alain Guilbert

À peine quelques jours avant les Jeux de Rio, les Russes, tant leur comité national olympique que leurs athlètes, éprouvent de sérieux ennuis avec la mise au jour d’une énorme opération de dopage impliquant de nombreux gagnants de médailles aux Jeux d’hiver de Sotchi (Russie).

Au moment d’écrire ces lignes, on ne connaît pas encore la sanction qui sera imposée aux Russes, laquelle sanction pouvant aller jusqu’à l’exclusion de toute l’équipe russe des Jeux de Rio.

Ce n’est pas la première fois dans l’histoire des Jeux olympiques que les Russes éprouvent des ennuis. Ils en avaient déjà eu quelques-uns, il y a 40 ans, au cours des Jeux de Montréal.

À cette époque, on parlait peu des Russes… on parlait plutôt des Soviétiques, la Russie n’étant qu’une seule des républiques russes soviétiques (l’URSS).

Leurs ennuis avaient commencé dès le début des Jeux. Grands favoris pour remporter les Jeux de Montréal, les athlètes soviétiques n’arrivaient pas à accumuler victoires et médailles. Après la première semaine des compétitions, la République démocratique allemande (l’Allemagne de l’Est), un tout petit pays de 20 millions de personnes, dominait outrageusement le classement des nations.

Pour en ajouter encore sur le moral des Soviétiques, l’un de leurs plus brillants athlètes, Boris Onischenko, se fait attraper pour tricherie. Onischenko faisait partie de l’équipe du Pentathlon moderne, une discipline qui inclut des épreuves dans cinq sports différents, l’un de ces sports étant l’escrime. Onischenko en était à ses 3es Jeux olympiques, ayant déjà participé à ceux de Mexico et de Munich. Il avait remporté plusieurs médailles ainsi que le Championnat du monde dans sa discipline. Il était considéré comme le meilleur escrimeur parmi tous les athlètes spécialisés dans le pentathlon moderne.

Onischenko commençait-il à perdre ses moyens? Possiblement… il avait truqué son épée de façon à ce qu’il puisse obtenir une « touche » même quand il ne touchait pas son adversaire. Il s’agissait d’un bouton caché dans le manche de son épée qui déclenchait un signal sonore lorsque l’athlète le pressait. Dans l’une de ses épreuves, le Soviétique a déclenché le signal sonore alors qu’il était évident qu’il n’avait pas touché à son adversaire. Celui-ci a demandé à l’arbitre de vérifier l’épée de son adversaire… et a facilement découvert la tricherie.

Bien sûr, les Soviétiques ont perdu la face devant le monde entier… Onischenko a été suspendu à vie de son sport et a été renvoyé dare-dare à Moscou par le premier vol disponible. Certains prétendent que son voyage s’est terminé en Sibérie.

Le lendemain, alors que les médias se régalaient encore avec l’affaire Onischenko, un autre malheur tombe sur l’équipe soviétique. Les compétitions de plongeon (natation) venaient de prendre fin. Des rumeurs avaient circulé parmi les dirigeants soviétiques de l’équipe de plongeon à l’effet que certains plongeurs, plus particulièrement Sergei Nemstanov (17 ans), songeaient à fuir leur pays en demandant asile politique au Canada.

La délégation soviétique ne voulant pas subir une autre humiliation publique avait isolé non seulement Nemstanov, mais tous ses plongeurs dans leurs chambres du Village olympique et entendait ne les laisser sortir de là que le lendemain matin pour les mettre à bord d’un avion à destination de Moscou.

Ce que les Soviétiques n’avaient pas prévu, c’est qu’un jeune athlète canadien (plongeur) lui aussi, Scott Cranham, a réussi à se faufiler dans les chambres des plongeurs et à les amener avec lui à la cafétéria des athlètes pour célébrer la fin de leurs compétitions et se dire « au revoir » dans une atmosphère de fête… et se promettre de rester en contact toute leur vie.

À la fin de la soirée (ou au début de la nuit), Nemstanov a répété à Cranham son intention de rester au Canada. Celui-ci a alors conduit son nouvel ami soviétique dans un bureau de Services Canada qui avait été aménagé dans le village olympique à l’intention des athlètes étrangers qui pourraient avoir besoin d’aide, de prolonger des visas, ou même de demander asile politique. Et bien sûr, le Canada a ouvert ses bras au jeune plongeur soviétique. Et de leur côté, les autorités soviétiques ont rapidement appris la défection d’un des leurs… elles étaient furieuses… et ont immédiatement exigé qu’on leur « rende » leur athlète.

C’en était trop pour les Soviétiques : trois malheurs à la suite l’un de l’autre, mauvaise position au classement des médailles, tricherie par l’une de leurs vedettes, Onischenko, et maintenant défection d’un de leurs athlètes. Pour démontrer le sérieux de leur demande, ils ont demandé à tous les athlètes de leurs délégations de descendre leurs bagages dans le hall d’entrée de Village olympique et ont annoncé qu’ils rentraient immédiatement à Moscou alors que les Jeux n’en étaient qu’à mi-chemin. Les Soviétiques ont aussi exigé de rencontrer Nemstanov (ce qui leur a été accordé, mais en présence des agents de la Gendarmerie royale). Ils ont expliqué au jeune plongeur que sa grand-mère était bien âgée et qu’il ne la reverrait jamais s’il restait au Canada. Ils ont menacé de mettre fin à leurs relations sportives pour toujours avec le Canada incluant même le hockey; ils ont accusé le Canada de kidnapping. Ils ont fait appel au premier ministre Trudeau (non, pas Justin… mais son père, Pierre Elliott). Celui-ci, dans sa grande sagesse, a déclaré que c’était au jeune plongeur lui-même de prendre la décision. Pendant ce temps, dans les quartiers généraux du COJO, bien des gens étaient sur les dents. Les Soviétiques allaient-ils vraiment partir? Qu’est-ce qui arriverait de la fin de « nos Jeux »?

Finalement, au petit matin, Nemstatnov a décidé de rester… Les autorités canadiennes lui ont trouvé une famille d’accueil à Toronto. Malgré tout… et à notre grand soulagement, les Soviétiques ont ramené leurs bagages dans leurs chambres et ont poursuivi les compétitions. Cela les a peut-être motivés à travailler plus fort puisqu’ils ont terminé au premier rang des pays avec 125 médailles. Au COJO, nous avons poussé un grand soupir de soulagement quand les Soviétiques ont pris la décision de rester avec nous. Peu de gens ont su que les Jeux de Montréal avaient été menacés à ce point à mi-parcours. Pour un, je sais que nous avons peu dormi cette nuit-là.

Quant au jeune Nemstanov, il avait rencontré une jeune fille, plongeuse comme lui, lors de précédentes compétitions au Canada et aux États-Unis. C’est probablement cette rencontre qui l’avait incité à rester au Canada. L’athlète soviétique avait même laissé entendre à son entourage qu’il était en amour. Le père de la jeune fille a déclaré publiquement que sa fille et Nemstanov n’étaient que des amis.

Après tout ce brouhaha et 19 jours au Canada, le plongeur a décidé de rentrer chez lui en Union soviétique. Son amour aura duré le temps que durent les roses! Comment a-t-il été accueilli dans « son pays »? On ne le saura probablement jamais. La Sibérie, peut-être? Ce qu’on sait toutefois, c’est que Nemstanov a participé aux épreuves de plongeon aux Jeux olympiques de Moscou en 1980, Jeux durant lesquels aucun Canadien ne lui aura parlé parce que « notre pays » avait boycotté cet événement grandiose.

Les médailles « canadiennes » aux Jeux de Montréal

L’auteur a œuvré pendant deux ans et demi au sein du Comité organisateur des Jeux olympiques (COJO) à titre de directeur de l’information, directeur des communications internes, chef de presse adjoint et adjoint au directeur général des relations publiques. Dans une série d’articles consacrés aux Jeux de Montréal 1976, il nous fait revivre quelques-uns de ses souvenirs.

par Alain Guilbert

Si on vous demandait de nommer quelques athlètes qui se sont distingués aux Jeux de Montréal en 1976, la plupart des répondants n’hésiteraient pas à nommer NADIA COMANECI, la toute jeune et menue Roumaine qui a été désignée « la reine » de ces Jeux.

Ceux qui connaissent quelque peu les sports olympiques pourraient sûrement mentionner quelques autres noms… comme Nellie Kim et Olga Korbut en gymnastique, Bruce (devenu Kathleen) Jenner, Lasse Viren, Alberto Juantorena en athlétisme, Anton Tkac et Daniel Morelon en cyclisme, Sugar Ray Leonard ainsi que les frères Leon et Michael Spinks en boxe, John Naber et Kornelia Ender en natation, Vasily Alekseyev en haltérophilie… et possiblement quelques autres.

Et maintenant, si on vous demandait de nommer les athlètes canadiens qui ont remporté des médailles à Montréal, combien de noms vous reviendraient en mémoire? Un??? Deux??? Sans doute pas davantage. Si vous pouvez identifier tous les athlètes canadiens qui ont remporté au moins une médaille à Montréal, vous êtes définitivement un super-expert des sports olympiques.

Officiellement, les athlètes canadiens ont obtenu des médailles dans 11 épreuves différentes… mais dans les faits, ils sont repartis avec 20 médailles.

Mais est-ce 11 ou 20 médailles?

Commençons par découvrir ce qui se cache dans ces chiffres.

L’équipe canadienne a vu ses représentants monter sur le podium une fois en athlétisme, une fois en canoë, une fois en sports équestres et huit fois en natation (oui, huit fois en natation).

Voici maintenant les noms de ces athlètes :

– Greg Joy, médaille d’argent au saut en hauteur (athlétisme);

– Michel Vaillancourt, médaille d’argent Grand Prix saut d’obstacles individuel (sports équestres);

– John Wood, médaille d’argent Canoë C-1 sur 500 mètres (canoë);

– Cheryl Gibson, médaille d’argent au 400 mètres 4 nages (natation);

– Stephen Picket, Graham Smith, Clay Evans et Gary MacDonald, médaille d’argent au relais 4 X100 mètres 4 nages — (natation);

– Nancy Garapick, médaille de bronze 100 mètres dos (natation);

– Nancy Garapik, médaille de bronze 200 mètres dos (natation);

– Shannon Smith, médaille de bronze 400 mètres nage libre (natation);

– Becky Smith, médaille de bronze, 400 mètres 4 nages (natation);

– Gail Amundrud, Barbara Clark, Becky Smith et Anne Jardin relais 4 fois 100 mètres nage libre (natation);

– Wendy Hogg, Robin Corsiglia, Susan Sloan et Anne Jardin – relais 4 fois 100 mètres 4 nages (natation).

Quand un athlète monte sur le podium, il reçoit une médaille…

Et quand quatre athlètes montent sur le podium, chacun d’eux reçoit une médaille, mais cela ne représente qu’une seule médaille pour son pays.

Donc, même si le Canada n’a obtenu que 11 médailles aux Jeux de Montréal, cinq d’argent et six de bronze, 20 médailles ont été remises aux athlètes (dont deux à Nancy Garapick et deux également à Anne Jardin).

Combien de Canadiens se souviennent de ces athlètes qui se sont illustrés aux Jeux de Montréal? Je parie à 10 contre 1 que la plupart d’entre vous auraient pu nommer seulement les noms de Michel Vaillancourt et de Greg Joy. Si vous vous êtes souvenus d’autres noms, vous êtes définitivement au-dessus de la moyenne.

La question suivante : combien des médaillés canadiens aux Jeux de Montréal étaient québécois? Si votre réponse est « trois», vous avez raison. De qui s’agit-il… bien sûr, il y a Michel Vaillancourt avec un nom « pure laine ». Anne Jardin, qui est née à Montréal et habitait Pointe-Claire en 1976. Et l’autre était Robin Corsiglia, née à Kirkland (Québec); elle faisait partie de l’équipe de relais 4 X 100 mètres quatre nages. Sa spécialité était la brasse et elle n’avait que 14 ans.

Plusieurs d’entre vous se souviennent de Greg Joy qui avait remporté la médaille d’argent. Presque personne n’avait entendu parler de lui avant les Jeux. Les Québécois ne connaissaient que Claude Ferragne et Robert Forget chez les « sauteurs » canadiens. Ferragne en particulier était la grande vedette de l’athlétisme québécois. Greg Joy, pendant ce temps, étudiait à l’Université El Paso (au Texas) et compétitionnait dans l’immense réseau qu’est le NCAA (National Collegiate Athtletic Association). Peut-être inconnu au Canada, mais une vedette dans son domaine aux États-Unis. Sa médaille d’argent n’a pas été une surprise pour les « connaisseurs ».

Quant à Ferragne et Forget en qui les Québécois avaient mis leurs espoirs de médailles « locales », ils ont probablement croulé sous la pression pendant la cérémonie d’ouverture quand la foule a réservé à l’équipe canadienne une ovation qui avait presque fait trembler le Stade olympique. Forget ne s’est pas qualifié pour la finale du saut en hauteur.

Autre détail à noter, le Canada a été le premier hôte des Jeux olympiques d’été à ne pas remporter une médaille d’or chez lui. Tous les pays qui avaient organisé les Jeux modernes depuis 1896 avaient au moins remporté une médaille lorsque les Jeux s’étaient déroulés « à la maison ». Même la Grèce avait remporté une médaille d’or aux Jeux d’Athènes. C’est le berger Spyridon Louis qui avait gagné le marathon. 80 ans plus tard, lors des Jeux de Montréal, c’était encore la seule médaille d’or olympique obtenue par la Grèce, une médaille gagnée « à domicile ». Le marathon est une épreuve de longue distance qui représente la distance parcourue par le soldat grec qui avait couru jusqu’à Athènes pour annoncer à son roi la victoire de la Grèce sur l’Empire perse (aujourd’hui l’Iran). Il est tombé mort après avoir transmis son message.

Quant au Canada, il avait remporté ses deux premières médailles d’or de l’histoire aux Jeux de Saint Louis (États-Unis) en 1904. Des médailles d’or en quoi? Je vous le donne en mille : l’une au football (soccer) et l’autre au lancer du poids. L’auteur de cette médaille individuelle : Étienne Desmarteau, dont un centre sportif construit dans l’est de Montréal pour les Jeux de 1976 porte son nom. Quant au tournoi de football à ces Jeux de 1904, il ne comptait que deux équipes, les États-Unis et le Canada.

Des exploits incroyables pour plusieurs… mais faciles à comprendre. Après les premiers Jeux olympiques de l’ère moderne à Athènes en 1896 et à Paris en 1900, les pays européens avaient jugé que St-Louis était trop loin (il n’y avait pas d’avions pour traverser l’Atlantique à cette époque). Seules deux équipes de soccer étaient présentes à Saint Louis… les États-Unis et le Canada. Seulement 13 pays étaient représentés aux Jeux de Saint Louis. Dans les 94 compétitions au programme, 52 d’entre elles mettaient en présence uniquement des athlètes en provenance des États-Unis. Ce qui prouve que pour gagner, il faut d’abord participer!

Comment Montréal a obtenu les Jeux de 1976

par Alain Guilbert

La décision historique a été prise le 12 mai 1970 lors de la 69e session du Comité international olympique tenue à Amsterdam.

À cette époque, les Jeux étaient attribués six ans avant leur tenue (aujourd’hui, ils le sont sept ans avant).

Trois villes différentes étaient en compétition pour obtenir ces Jeux, soit Montréal, Moscou et Los Angeles. Au premier tour de scrutin, Montréal avait obtenu 25 votes, soit trois de moins que Moscou qui en avait reçus 28 et huit de plus que les 17 enregistrés en faveur de Los Angeles.

Personne n’ayant obtenu la majorité absolue, on a donc procédé à un second tour de scrutin. Los Angeles ayant terminé au dernier rang du premier tour a été éliminé de ce deuxième vote.

Cette fois, les dés sont tombés en place pour Montréal qui a obtenu les 17 votes précédemment accordés à Los Angeles pour un total global de 42, tandis que Moscou ne bougeait pas d’un iota en conservant ses 28 votes originaux.

La conclusion de ce scrutin était beaucoup plus heureuse que celle obtenue six années auparavant alors que Montréal tentait d’obtenir les Jeux de 1972 qui finalement avaient été accordés à Munich. Lors du vote de 1966, quatre villes étaient candidates, soit Munich, Madrid, Montréal et Détroit.

Au premier tour de scrutin, Munich avait obtenu 29 votes, Madrid 16, Montréal et Détroit six chacun. Au second tour, Munich a obtenu 31 votes (seulement deux de plus qu’au tour initial), Madrid est passé de 16 à 18 et Montréal de six à 13, ce qui lui a valu la troisième position (tout comme au premier tour). Le nom de Détroit avait été retiré de la liste.

Que s’était-il donc passé entre 1966 et 1972 pour que Montréal passe de 13 votes seulement lors de sa première tentative à 42 lors de sa deuxième tentative pour obtenir les Jeux?

On pourrait sûrement parler de la ténacité et du prestige du maire Jean Drapeau qui souhaitait donner à Montréal un statut de grande ville internationale reconnue dans le monde entier.

Le maire Drapeau avait déjà obtenu au début des années qu’une exposition internationale de grand prestige ait lieu à Montréal en 1967 — un événement absolument extraordinaire qui avait attiré 55 millions de visiteurs venus du Québec, du Canada, des États-Unis et de partout dans le monde malgré une grève des transports en commun de quelques semaines au cœur de l’été. L’Expo 67 a eu de très nombreuses retombées, entre autres la réalisation du Métro de Montréal, la création d’une île artificielle (l’île Notre-Dame, voisine de la déjà célèbre Île Ste-Hélène). Mais la plus importante retombée d’Expo 67 aura été de donner aux Montréalais en particulier et aux Québécois en général un sentiment immense de fierté. Montréal et le Québec savaient que tout leur était désormais possible.

Dans la lignée de ses ambitions internationales, le maire Drapeau ne désirait pas se limiter à l’Expo 67. Il voulait que cet événement exceptionnel soit suivi des Jeux olympiques, la plus grande manifestation sportive au monde… mais son projet avait déraillé lors du vote de 1966 lorsque les Jeux avaient été accordés à Munich et que le maire était rentré chez lui avec une bien faible troisième position olympique de faire confiance à Montréal et à son maire. Il n’avait pas pu convaincre les membres du Comité international.

Jean Drapeau n’aimait pas les échecs. Croire qu’il n’atteindrait pas son but aurait été bien mal le connaître. L’Expo 67 allait faire la différence… elle allait servir de levier à la réalisation de son autre rêve international.

Durant l’été 1967, la majorité des membres du Comité olympique international sont venus à Montréal comme invités de marque de l’Expo 67. Comme tous les visiteurs étrangers, les membres du CIO ont été fort impressionnés par Montréal devenue la capitale internationale de l’univers cette année-là. Comment ne pas être impressionné par ce spectacle exceptionnel? Nous l’avons tous été, tout autant que les visiteurs étrangers.

À la session suivante du Comité international olympique qui a eu lieu en 1970, c’était à peine trois courtes années après l’Expo 67. Les membres du CIO qui étaient venus à Montréal durant cet été exceptionnel ne pouvaient l’avoir oublié. Ils ne pouvaient que s’en souvenir et ce qui devait arriver arriva.

Au premier tour de scrutin, Montréal obtient 25 voix contre les 28 de Moscou et les 17 de Los Angeles. Jean Drapeau allait-il voir son rêve ne pas se réaliser pour une seconde fois? Mais non, les membres du CIO en avaient décidé autrement. Au tour suivant, Moscou reste « collée » avec ses 28 voix, et Montréal recueille les 17 voix de Los Angeles pour se retrouver avec un total global de 42 et le mandat d’organiser les Jeux olympiques de 1976.

Tout cela grâce à Jean Drapeau, à sa vision et grâce aussi à l’Expo 67. C’est ainsi que Montréal est devenue la capitale internationale de l’univers deux fois en moins d’une décennie.

C’était il y a 40 ans aujourd’hui…

Ses amis et les lecteurs de mon blogue le savent tous… Alain Guilbert a travaillé pendant 28 mois au Comité organisateur des Jeux olympiques (COJO 76), soit du printemps 1974 jusqu’en septembre 1976. Il qualifie cette aventure de merveilleuse… « Le trip de ma vie » a-t-il déclaré récemment au journaliste Philippe Cantin (La Presse). Lors du 1er anniversaire de la cérémonie d’ouverture qui a eu lieu le 17 juillet 1976, il avait écrit un texte souvenir pour La Tribune. Au 5e anniversaire, il a repris ce texte en le modifiant légèrement pour La Voix de l’Est. Au 15e anniversaire, il l’a refait pour Le Soleil. Et encore une fois pour La Presse lors du 25e anniversaire. Aujourd’hui, il revient à ce texte encore une fois pour marquer le 40e anniversaire de l’ouverture des Jeux de Montréal. Son texte a été repris dans quelques grands journaux. Je publierai d’autres textes d’Alain sur cet événement marquant au cours des prochaines semaines. Je tiens pour acquis que les lecteurs de mon blogue l’apprécieront.

par Alain Guilbert

Il était 17 heures environ.

Depuis deux heures, les 70 000 spectateurs entassés dans le Stade olympique étaient passés par toute la gamme des émotions. Aucun d’entre eux n’aurait voulu être ailleurs en cet après-midi du 17 juillet 1976.

Même le ciel avait contribué à cette journée inoubliable. Gris depuis le matin, il s’était complètement dégagé dans l’heure précédant le début de la fête, et le soleil, s’engouffrant par l’anneau technique du stade sans toit, illuminait de tous ses feux la piste sur laquelle s’apprêtaient à défiler ces milliers d’athlètes venus de tous les coins du monde.

À 15 heures précises, Sa Majesté Elizabeth II, reine du Canada (sic), avait pris place dans la loge royale; à ses côtés, hommes politiques et dignitaires de la grande famille olympique se pressaient.

L’atmosphère était quelque peu tendue. Depuis des semaines, les rumeurs les plus farfelues avaient circulé: présence de terroristes à Montréal, danger d’écroulement du stade, complot pour assassiner la reine. Les forces de sécurité étaient omni présentes, au cas où.

La très grande majorité des spectateurs ne demandaient qu’à manifester leur joie. Les huées isolées qui avaient accueilli Elizabeth II avaient été noyées sous des applaudissements nourris, plus chaleureux encore à l’entrée de Jean Drapeau.

Pendant plus de 75 minutes, les athlètes avaient défilé, ceux de la Grèce ouvrant la marche, comme le veut la tradition, ceux du Canada, pays hôte, la fermant, comme le veut aussi la tradition. Les acclamations n’avaient jamais cessé durant cette longue marche menée au son d’une musique qui unissait athlètes et spectateurs.

La clameur avait gagné en intensité pour marquer l’arrivée des athlètes canadiens, les plus nombreux. Leur entrée avait projeté une décharge électrique dans la foule, qui s’était levée d’un bloc pour crier à la fois sa joie et son appui à ces garçons et filles bien décidés à relever le défi du baron Pierre de Coubertin.

Les Québécois montraient du doigt Claude Ferragne et Robert Forget qu’ils avaient reconnu. Les deux sauteurs portaient sur leurs jeunes épaules les espoirs de médaille olympique de tout un peuple, un fardeau sans doute trop lourd pour des garçons à peine sortis de l’adolescence. C’est probablement à cet instant précis que tous deux ont subi l’élimination, 13 jours avant l’épreuve du saut en hauteur.

Dans les minutes suivantes, Elizabeth II, chef d’État du Canada (resic), avait proclamé les Jeux ¨officiellement ouverts¨. On avait ensuite procédé à l’envoi des couleurs, à la remise du drapeau olympique par le maire de Munich (hôte des Jeux précédents) au maire de Montréal. Puis 80 pigeons, symbolisant les années écoulées depuis la renaissance des Jeux en 1896, avaient pris leur envol vers le ciel.

Maintenant, il était 17 heures environ…

Soudain, un murmure qui s’amplifiait rapidement pour devenir un tonnerre. Sandra Henderson et Stéphane Préfontaine arrivaient dans le Stade au pas de course en brandissant la flamme olympique. Deux adolescents pour bien montrer que nos yeux étaient résolument tournés vers l’avenir; une fille et un garçon pour témoigner de l’égalité des sexes; une anglophone et un francophone pour exprimer la dualité canadienne.

Quand Sandra et Stéphane ont gravi le rostre central, mes yeux se sont embrouillés.

Dans ma tête, les images se succédaient à un rythme vertigineux. Je revoyais les manchettes affirmant que les Jeux de Montréal n’auraient jamais lieu; je relisais ces rapports d’experts (!) disant que le Stade ne pourrait être complété à temps; je revivais ces pénibles conflits politiques comme le statut de Taiwan et le boycottage des pays africains; je me rappelais les sarcasmes au sujet du coût des installations, la démission de quelques politiciens, les doutes d’une population parfois charriée par les médias; je ressentais les drames qui avaient durement frappé le COJO, comme la mort de deux vice-présidents, les conflits de travail sur les chantiers de construction, les énergies consacrées à rassurer le Comité international olympique et l’opinion mondiale sur la capacité (ou peut-être l’incapacité) de Montréal à présenter les Jeux.

Au même moment, je savais au plus profond de moi que nous avions triomphé de toutes les difficultés qui avaient parsemé la longue route menant de Munich à Montréal. Je savais que l’idéal auquel nous croyions avait eu raison de tout. La vasque que Sandra et Stéphane venaient d’enflammer en témoignait éloquemment.

Près de moi, des proches, des amis, des compagnons de travail, des inconnus, Canadiens et étrangers. La plupart d’entre eux ne pouvaient savoir ce que nous avions vécu pour en arriver là. Tout avait été difficile.

Mais à cet instant précis, plus rien n’avait d’importance. Le ballet gymnique, hommage de la jeunesse québécoise à la jeunesse du monde entier se déroulait comme un mouvement parfaitement synchronisé. La foule voguait sur un nuage. La flamme brûlait. Plus de 8 000 athlètes étaient au rendez-vous. La vraie fête pouvait commencer. Mission accomplie!!!

Avant de quitter le Stade, j’ai attendu que le dernier athlète en soit sorti. Puis lentement, entouré des miens, j’ai marché avec cette foule soudainement silencieuse et respectueuse du moment historique qu’elle venait de vivre…

C’était y a 40 ans aujourd’hui…

Postes Canada à l’échelle mondiale

La société Postes Canada Gestion de systèmes limitée était l’agence de Postes Canada responsable de la commercialisation de nos systèmes postaux à l’échelle de la planète depuis 1990. C’était un des éléments de mon portefeuille des relations avec les médias. Ses activités étaient particulièrement intéressantes.

En septembre 1994, par exemple, on m’avait informé de la visite prochaine (le 23 septembre) du chef de la direction de la Deutsche Bundespost. Il fallait nous préparer aux questions des médias, le cas échéant. Il serait accompagné d’une délégation de quasiment 40 personnes. Tout ce beau monde visiterait les édifices du parlement, mais aussi le super bureau de poste historique de la rue Elgin, à l’angle de la rue Sparks. Ce bureau est toujours là d’ailleurs. Ils iraient aussi à ce qui est aujourd’hui la librairie Réflexion des Galeries de l’Outaouais à Gatineau et qui, déjà, était l’exemple parfait d’où voulait se diriger Postes Canada dans la prestation des services postaux par comptoirs privés. Un processus qui avait été sensiblement ralenti par l’arrivée des libéraux de Jean Chrétien l’année précédente. Le lendemain, la délégation allemande irait se promener en bateau jusqu’à ce bijou qu’est le Château Montebello. Le lundi suivant, tout ce beau monde visiterait le tout nouveau centre de traitement de Stoney Creek, près de Hamilton, ainsi que l’établissement de traitement des lettres dit « ouest »… un des plus importants du réseau national de Postes Canada.

J’en parle parce que Postes Canada a joué un rôle important de conseiller auprès de plusieurs administrations postales ailleurs au monde. L’entreprise n’avait pas été privatisée, mais elle était une société d’État à vocation commerciale (impôts et dividendes). L’expérience de la Deutsche Bundespost intéressait beaucoup Postes Canada.

La Bundespost avait un statut différent depuis la chute du Mur de Berlin en 1989 et la fusion des deux Allemagnes. Quelques mois après la visite de cette délégation, soit le 1er janvier 1995, la Deutsche Bundespost Postdienst (la poste traditionnelle) devenait une société privée, comme deux autres de ses composantes d’ailleurs, la Bundespost Postbank (vous vous rappelez de ma référence aux services bancaires postaux dans mon billet précédent) et la Bundespost Telekom (avec un mandat lié aux communications électroniques).

Quant à Postes Canada Gestion de systèmes limitée, elle a été incorporée sous un nouveau nom le 16 mars 2016… Elle se nomme maintenant Postes Canada Gestem limitée, mais elle a conservé son appellation anglaise de Canada Post Systems Management Limited.

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J’imagine que c’est comme ça dans toutes les grandes entreprises. Je me réfère à la nécessité de réorganiser les structures de fonctionnement régulièrement. À l’automne de 1994, j’étais gestionnaire des relations avec les médias. Le directeur général des Communications à l’époque, Pierre Gosselin, avait décidé de restructurer son groupe en deux volets, celui des Communications avec les employés (11 employés) et des Relations publiques (19 employés). Je faisais partie de ce dernier volet. Mon titre passait à celui de gestionnaire des relations avec les médias et de la planification des communications. On m’ajoutait une équipe spécialisée dans cette planification.

C’est que Gosselin voulait accroître le profil de sa direction générale au sein de l’entreprise. Il voulait que les stratégies de communication s’intègrent mieux aux activités de Postes Canada et que nous participions davantage à la planification des communications. Tout ça sous-entendait l’élaboration de normes et de procédures, des balises de référence et le recours aux meilleures pratiques. La grosse expression… il fallait « créer de la valeur pour nos clients » … ceux des Communications.

Il avait même été question d’impartir l’organisation de deux gros « bébés » des Communications… le programme des lettres au père Noël » et le programme sur l’alphabétisation, alors notre cause externe par excellence. Il faudrait attendre quelques semaines avant la mise en œuvre de cette restructuration, mais l’impartition des deux programmes majeurs n’aura pas lieu.

Les postes et les services financiers

Encore tout récemment, le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes affirmait que la prestation de services financiers dans les bureaux de poste constituait la solution à la rentabilité et à la survie de ces bureaux omniprésents dans tous les coins du Canada. Ce message n’était pas nouveau.

En juin 1994, par exemple, le président de la Caisse populaire de Halifax, un certain Gilles Lepage, avait écrit au ministre David Dingwall disant avoir eu vent des intentions de la Société canadienne des postes d’intégrer le marché des services bancaires et des services financiers, non seulement au Canada, mais dans d’autres pays. M. Lepage aurait lu une information à cet effet dans le quotidien Le Devoir de Montréal. Il avait envoyé une copie à son député et les médias en ont pris connaissance.

Il n’en était pas et n’en est pas encore question. C’est qu’il y a très longtemps, dans les premiers temps du service postal, les bureaux de poste offraient en effet des services bancaires, comme cela était coutume ailleurs dans le monde. Il y avait même une Banque postale. Je ne sais plus ce qu’il en est advenu, mais je me souviens d’avoir répondu à des questions de journalistes qui voulaient savoir à quoi servait l’argent qui se trouvait encore dans les livres de la banque. La question se pose encore sans doute.

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En 1994, Postes Canada tentait toujours, une douzaine d’années après sa conversion en société d’État, de solidifier des assises comme entreprise à laquelle les grandes entreprises pouvaient se fier. Un autre slogan est énoncé par les services électroniques tout nouveaux : « Electronic solutions for today’s business — L’électronique : la solution pour l’entreprise d’aujourd’hui ». Vingt-deux ans plus tard, ça fait tout drôle.

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À l’été de 1994, un nouveau concept commence à faire son chemin à Postes Canada… celui d’une adresse universelle. Nos stratèges en distribution postale pensaient à une telle idée selon laquelle chaque Canadien aurait son adresse universelle… une adresse regroupant l’adresse municipale, l’adresse postale et l’adresse électronique (télécopieur et courriel). Les logiciels et les machines de traitement de Postes Canada s’occuperaient d’acheminer les envois au bon endroit. Je crois que cette idée ne s’est pas encore matérialisée.

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J’en avais parlé. La Société canadienne des postes avait obtenu du gouvernement progressiste-conservateur de Brian Mulroney l’adoption d’une loi qui permettrait d’établir un programme d’actionnariat pour les employés. Ce que je trouvais une excellente idée. La loi avait même obtenu la sanction royale. Mais voilà, aussitôt les libéraux de Jean Chrétien arrivés au pouvoir, ils refusent d’activer cette loi. À la mi-août de 1994, le Conseil du Trésor était intervenu auprès de Georges Clermont à cet effet. J’avais trouvé que les libéraux avaient été très influencés par la rhétorique syndicale pour cette initiative et pour d’autres. L’idée des actions pour les employés reviendra sur le tapis lorsque Moya Greene était présidente et sous le règne de Stephen Harper, pas longtemps avant que je prenne ma retraite. L’idée n’a pas fait son chemin… encore sûrement à cause de la pression syndicale.