Les postes et les services financiers

Encore tout récemment, le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes affirmait que la prestation de services financiers dans les bureaux de poste constituait la solution à la rentabilité et à la survie de ces bureaux omniprésents dans tous les coins du Canada. Ce message n’était pas nouveau.

En juin 1994, par exemple, le président de la Caisse populaire de Halifax, un certain Gilles Lepage, avait écrit au ministre David Dingwall disant avoir eu vent des intentions de la Société canadienne des postes d’intégrer le marché des services bancaires et des services financiers, non seulement au Canada, mais dans d’autres pays. M. Lepage aurait lu une information à cet effet dans le quotidien Le Devoir de Montréal. Il avait envoyé une copie à son député et les médias en ont pris connaissance.

Il n’en était pas et n’en est pas encore question. C’est qu’il y a très longtemps, dans les premiers temps du service postal, les bureaux de poste offraient en effet des services bancaires, comme cela était coutume ailleurs dans le monde. Il y avait même une Banque postale. Je ne sais plus ce qu’il en est advenu, mais je me souviens d’avoir répondu à des questions de journalistes qui voulaient savoir à quoi servait l’argent qui se trouvait encore dans les livres de la banque. La question se pose encore sans doute.

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En 1994, Postes Canada tentait toujours, une douzaine d’années après sa conversion en société d’État, de solidifier des assises comme entreprise à laquelle les grandes entreprises pouvaient se fier. Un autre slogan est énoncé par les services électroniques tout nouveaux : « Electronic solutions for today’s business — L’électronique : la solution pour l’entreprise d’aujourd’hui ». Vingt-deux ans plus tard, ça fait tout drôle.

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À l’été de 1994, un nouveau concept commence à faire son chemin à Postes Canada… celui d’une adresse universelle. Nos stratèges en distribution postale pensaient à une telle idée selon laquelle chaque Canadien aurait son adresse universelle… une adresse regroupant l’adresse municipale, l’adresse postale et l’adresse électronique (télécopieur et courriel). Les logiciels et les machines de traitement de Postes Canada s’occuperaient d’acheminer les envois au bon endroit. Je crois que cette idée ne s’est pas encore matérialisée.

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J’en avais parlé. La Société canadienne des postes avait obtenu du gouvernement progressiste-conservateur de Brian Mulroney l’adoption d’une loi qui permettrait d’établir un programme d’actionnariat pour les employés. Ce que je trouvais une excellente idée. La loi avait même obtenu la sanction royale. Mais voilà, aussitôt les libéraux de Jean Chrétien arrivés au pouvoir, ils refusent d’activer cette loi. À la mi-août de 1994, le Conseil du Trésor était intervenu auprès de Georges Clermont à cet effet. J’avais trouvé que les libéraux avaient été très influencés par la rhétorique syndicale pour cette initiative et pour d’autres. L’idée des actions pour les employés reviendra sur le tapis lorsque Moya Greene était présidente et sous le règne de Stephen Harper, pas longtemps avant que je prenne ma retraite. L’idée n’a pas fait son chemin… encore sûrement à cause de la pression syndicale.

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