Comment Montréal a obtenu les Jeux de 1976

par Alain Guilbert

La décision historique a été prise le 12 mai 1970 lors de la 69e session du Comité international olympique tenue à Amsterdam.

À cette époque, les Jeux étaient attribués six ans avant leur tenue (aujourd’hui, ils le sont sept ans avant).

Trois villes différentes étaient en compétition pour obtenir ces Jeux, soit Montréal, Moscou et Los Angeles. Au premier tour de scrutin, Montréal avait obtenu 25 votes, soit trois de moins que Moscou qui en avait reçus 28 et huit de plus que les 17 enregistrés en faveur de Los Angeles.

Personne n’ayant obtenu la majorité absolue, on a donc procédé à un second tour de scrutin. Los Angeles ayant terminé au dernier rang du premier tour a été éliminé de ce deuxième vote.

Cette fois, les dés sont tombés en place pour Montréal qui a obtenu les 17 votes précédemment accordés à Los Angeles pour un total global de 42, tandis que Moscou ne bougeait pas d’un iota en conservant ses 28 votes originaux.

La conclusion de ce scrutin était beaucoup plus heureuse que celle obtenue six années auparavant alors que Montréal tentait d’obtenir les Jeux de 1972 qui finalement avaient été accordés à Munich. Lors du vote de 1966, quatre villes étaient candidates, soit Munich, Madrid, Montréal et Détroit.

Au premier tour de scrutin, Munich avait obtenu 29 votes, Madrid 16, Montréal et Détroit six chacun. Au second tour, Munich a obtenu 31 votes (seulement deux de plus qu’au tour initial), Madrid est passé de 16 à 18 et Montréal de six à 13, ce qui lui a valu la troisième position (tout comme au premier tour). Le nom de Détroit avait été retiré de la liste.

Que s’était-il donc passé entre 1966 et 1972 pour que Montréal passe de 13 votes seulement lors de sa première tentative à 42 lors de sa deuxième tentative pour obtenir les Jeux?

On pourrait sûrement parler de la ténacité et du prestige du maire Jean Drapeau qui souhaitait donner à Montréal un statut de grande ville internationale reconnue dans le monde entier.

Le maire Drapeau avait déjà obtenu au début des années qu’une exposition internationale de grand prestige ait lieu à Montréal en 1967 — un événement absolument extraordinaire qui avait attiré 55 millions de visiteurs venus du Québec, du Canada, des États-Unis et de partout dans le monde malgré une grève des transports en commun de quelques semaines au cœur de l’été. L’Expo 67 a eu de très nombreuses retombées, entre autres la réalisation du Métro de Montréal, la création d’une île artificielle (l’île Notre-Dame, voisine de la déjà célèbre Île Ste-Hélène). Mais la plus importante retombée d’Expo 67 aura été de donner aux Montréalais en particulier et aux Québécois en général un sentiment immense de fierté. Montréal et le Québec savaient que tout leur était désormais possible.

Dans la lignée de ses ambitions internationales, le maire Drapeau ne désirait pas se limiter à l’Expo 67. Il voulait que cet événement exceptionnel soit suivi des Jeux olympiques, la plus grande manifestation sportive au monde… mais son projet avait déraillé lors du vote de 1966 lorsque les Jeux avaient été accordés à Munich et que le maire était rentré chez lui avec une bien faible troisième position olympique de faire confiance à Montréal et à son maire. Il n’avait pas pu convaincre les membres du Comité international.

Jean Drapeau n’aimait pas les échecs. Croire qu’il n’atteindrait pas son but aurait été bien mal le connaître. L’Expo 67 allait faire la différence… elle allait servir de levier à la réalisation de son autre rêve international.

Durant l’été 1967, la majorité des membres du Comité olympique international sont venus à Montréal comme invités de marque de l’Expo 67. Comme tous les visiteurs étrangers, les membres du CIO ont été fort impressionnés par Montréal devenue la capitale internationale de l’univers cette année-là. Comment ne pas être impressionné par ce spectacle exceptionnel? Nous l’avons tous été, tout autant que les visiteurs étrangers.

À la session suivante du Comité international olympique qui a eu lieu en 1970, c’était à peine trois courtes années après l’Expo 67. Les membres du CIO qui étaient venus à Montréal durant cet été exceptionnel ne pouvaient l’avoir oublié. Ils ne pouvaient que s’en souvenir et ce qui devait arriver arriva.

Au premier tour de scrutin, Montréal obtient 25 voix contre les 28 de Moscou et les 17 de Los Angeles. Jean Drapeau allait-il voir son rêve ne pas se réaliser pour une seconde fois? Mais non, les membres du CIO en avaient décidé autrement. Au tour suivant, Moscou reste « collée » avec ses 28 voix, et Montréal recueille les 17 voix de Los Angeles pour se retrouver avec un total global de 42 et le mandat d’organiser les Jeux olympiques de 1976.

Tout cela grâce à Jean Drapeau, à sa vision et grâce aussi à l’Expo 67. C’est ainsi que Montréal est devenue la capitale internationale de l’univers deux fois en moins d’une décennie.

C’était il y a 40 ans aujourd’hui…

Ses amis et les lecteurs de mon blogue le savent tous… Alain Guilbert a travaillé pendant 28 mois au Comité organisateur des Jeux olympiques (COJO 76), soit du printemps 1974 jusqu’en septembre 1976. Il qualifie cette aventure de merveilleuse… « Le trip de ma vie » a-t-il déclaré récemment au journaliste Philippe Cantin (La Presse). Lors du 1er anniversaire de la cérémonie d’ouverture qui a eu lieu le 17 juillet 1976, il avait écrit un texte souvenir pour La Tribune. Au 5e anniversaire, il a repris ce texte en le modifiant légèrement pour La Voix de l’Est. Au 15e anniversaire, il l’a refait pour Le Soleil. Et encore une fois pour La Presse lors du 25e anniversaire. Aujourd’hui, il revient à ce texte encore une fois pour marquer le 40e anniversaire de l’ouverture des Jeux de Montréal. Son texte a été repris dans quelques grands journaux. Je publierai d’autres textes d’Alain sur cet événement marquant au cours des prochaines semaines. Je tiens pour acquis que les lecteurs de mon blogue l’apprécieront.

par Alain Guilbert

Il était 17 heures environ.

Depuis deux heures, les 70 000 spectateurs entassés dans le Stade olympique étaient passés par toute la gamme des émotions. Aucun d’entre eux n’aurait voulu être ailleurs en cet après-midi du 17 juillet 1976.

Même le ciel avait contribué à cette journée inoubliable. Gris depuis le matin, il s’était complètement dégagé dans l’heure précédant le début de la fête, et le soleil, s’engouffrant par l’anneau technique du stade sans toit, illuminait de tous ses feux la piste sur laquelle s’apprêtaient à défiler ces milliers d’athlètes venus de tous les coins du monde.

À 15 heures précises, Sa Majesté Elizabeth II, reine du Canada (sic), avait pris place dans la loge royale; à ses côtés, hommes politiques et dignitaires de la grande famille olympique se pressaient.

L’atmosphère était quelque peu tendue. Depuis des semaines, les rumeurs les plus farfelues avaient circulé: présence de terroristes à Montréal, danger d’écroulement du stade, complot pour assassiner la reine. Les forces de sécurité étaient omni présentes, au cas où.

La très grande majorité des spectateurs ne demandaient qu’à manifester leur joie. Les huées isolées qui avaient accueilli Elizabeth II avaient été noyées sous des applaudissements nourris, plus chaleureux encore à l’entrée de Jean Drapeau.

Pendant plus de 75 minutes, les athlètes avaient défilé, ceux de la Grèce ouvrant la marche, comme le veut la tradition, ceux du Canada, pays hôte, la fermant, comme le veut aussi la tradition. Les acclamations n’avaient jamais cessé durant cette longue marche menée au son d’une musique qui unissait athlètes et spectateurs.

La clameur avait gagné en intensité pour marquer l’arrivée des athlètes canadiens, les plus nombreux. Leur entrée avait projeté une décharge électrique dans la foule, qui s’était levée d’un bloc pour crier à la fois sa joie et son appui à ces garçons et filles bien décidés à relever le défi du baron Pierre de Coubertin.

Les Québécois montraient du doigt Claude Ferragne et Robert Forget qu’ils avaient reconnu. Les deux sauteurs portaient sur leurs jeunes épaules les espoirs de médaille olympique de tout un peuple, un fardeau sans doute trop lourd pour des garçons à peine sortis de l’adolescence. C’est probablement à cet instant précis que tous deux ont subi l’élimination, 13 jours avant l’épreuve du saut en hauteur.

Dans les minutes suivantes, Elizabeth II, chef d’État du Canada (resic), avait proclamé les Jeux ¨officiellement ouverts¨. On avait ensuite procédé à l’envoi des couleurs, à la remise du drapeau olympique par le maire de Munich (hôte des Jeux précédents) au maire de Montréal. Puis 80 pigeons, symbolisant les années écoulées depuis la renaissance des Jeux en 1896, avaient pris leur envol vers le ciel.

Maintenant, il était 17 heures environ…

Soudain, un murmure qui s’amplifiait rapidement pour devenir un tonnerre. Sandra Henderson et Stéphane Préfontaine arrivaient dans le Stade au pas de course en brandissant la flamme olympique. Deux adolescents pour bien montrer que nos yeux étaient résolument tournés vers l’avenir; une fille et un garçon pour témoigner de l’égalité des sexes; une anglophone et un francophone pour exprimer la dualité canadienne.

Quand Sandra et Stéphane ont gravi le rostre central, mes yeux se sont embrouillés.

Dans ma tête, les images se succédaient à un rythme vertigineux. Je revoyais les manchettes affirmant que les Jeux de Montréal n’auraient jamais lieu; je relisais ces rapports d’experts (!) disant que le Stade ne pourrait être complété à temps; je revivais ces pénibles conflits politiques comme le statut de Taiwan et le boycottage des pays africains; je me rappelais les sarcasmes au sujet du coût des installations, la démission de quelques politiciens, les doutes d’une population parfois charriée par les médias; je ressentais les drames qui avaient durement frappé le COJO, comme la mort de deux vice-présidents, les conflits de travail sur les chantiers de construction, les énergies consacrées à rassurer le Comité international olympique et l’opinion mondiale sur la capacité (ou peut-être l’incapacité) de Montréal à présenter les Jeux.

Au même moment, je savais au plus profond de moi que nous avions triomphé de toutes les difficultés qui avaient parsemé la longue route menant de Munich à Montréal. Je savais que l’idéal auquel nous croyions avait eu raison de tout. La vasque que Sandra et Stéphane venaient d’enflammer en témoignait éloquemment.

Près de moi, des proches, des amis, des compagnons de travail, des inconnus, Canadiens et étrangers. La plupart d’entre eux ne pouvaient savoir ce que nous avions vécu pour en arriver là. Tout avait été difficile.

Mais à cet instant précis, plus rien n’avait d’importance. Le ballet gymnique, hommage de la jeunesse québécoise à la jeunesse du monde entier se déroulait comme un mouvement parfaitement synchronisé. La foule voguait sur un nuage. La flamme brûlait. Plus de 8 000 athlètes étaient au rendez-vous. La vraie fête pouvait commencer. Mission accomplie!!!

Avant de quitter le Stade, j’ai attendu que le dernier athlète en soit sorti. Puis lentement, entouré des miens, j’ai marché avec cette foule soudainement silencieuse et respectueuse du moment historique qu’elle venait de vivre…

C’était y a 40 ans aujourd’hui…

« J’en ai déjà fait plus en même temps »

Le texte suivant a été publié dans le journal Le Soleil, où Alain Guilbert était rédacteur en chef, le 21 juillet 1984. Il avait connu Jean Lapierre en 1979 (l’année où il a été élu député pour la première fois) à Granby quand il est devenu président du journal La Voix de l’Est, où il a œuvré pendant cinq années. Il a suivi Jean tout au long de sa carrière, soit comme politicien engagé et habile, soit comme analyste politique vraiment exceptionnel. En reprenant ce texte écrit il y a plus de 30 ans et en le diffusant au lendemain de la terrible tragédie qui lui a coûté la vie ainsi que celle de quatre autres membres de sa famille, c’est sa façon de lui rendre hommage.

par Alain Guilbert

À peine 17 ans, trop jeune même pour voter, un étudiant qui doit réaliser un travail dans le cadre de l’un de ses cours au cégep attrape la piqûre de la politique.

Moins de 11 ans plus tard, un tout jeune homme de 28 ans reçoit un appel du premier ministre du Canada, qui l’invite à joindre les rangs de son cabinet.

Ce n’est pas un, mais deux ministères, celui de la Jeunesse et celui du Sport amateur, que John Turner confie à Jean Lapierre, député de Shefford, qui devient par le fait même le plus jeune ministre du pays depuis la Confédération.

Un défi de taille qui pourrait en effrayer plusieurs, mais pas Jean Lapierre, déjà un « vieux » routier de la politique.

Disponible, travailleur, ambitieux, politicien jusqu’au bout des doigts, Lapierre a aussi la chance de pouvoir compter sur un « parrain » puissant à Ottawa, soit André Ouellet, le tout nouveau président du Conseil privé.

Les liens qui unissent les deux hommes se sont tissés au cours des ans. Ils ressemblent presque aux liens qui unissent un père et son fils.

À Granby depuis un an seulement, en 1974 Lapierre préside déjà les destinées des jeunes libéraux provinciaux et fédéraux. Douze mois plus tôt, il vivait encore en Californie où il apprenait l’anglais, après avoir quitté son pays natal, les Îles-de-la-Madeleine. Il songeait même à séjourner au Mexique pour apprendre l’espagnol, mais bifurque plutôt vers Granby pour y rejoindre un copain et poursuivre ses études,

Dans son cours de science politique, il décide de faire un travail sur la campagne électorale (provinciale) de l’automne 1973. Il rencontre les candidats en présence, se lie d’amitié pour le (candidat) libéral et travaille à son élection. C’est là qu’il attrape (vraiment) la piqûre.

Les jeunes étant peu nombreux au sein des organisations politiques, chez les libéraux tout au moins, il constate ce vacuum et se retrouve à la tête de deux associations de jeunes libéraux.

C’est à ce titre qu’il invite (André) Ouellet à Granby, surtout que ce dernier agit comme ministre responsable de l’Estrie au sein du cabinet de Pierre Elliott Trudeau. Ouellet hésite, mais Lapierre insiste tellement que le ministre accepte finalement. Lapierre remplit d’étudiants la plus grande salle de la ville. Ouellet en a plein les yeux. C’est le coup de foudre instantané.

Quelques mois plus tard, après les élections fédérales de 1974, le candidat libéral subit la défaite dans Shefford, défaite que Lapierre promet de venger un jour. Ouellet offre un emploi (à Ottawa) au jeune étudiant qui l’avait tellement impressionné lors de sa visite à Granby.

Le ministre met une condition à l’emploi de son nouveau protégé : celui-ci doit poursuivre ses études, et pour prouver son intérêt, il doit même lui soumettre régulièrement ses bulletins. Lapierre accepte. Il travaille et étudie. Heureusement que son amie de cœur (de l’époque), celle qu’il devait épouser plus tard, s’inscrit aux mêmes cours que lui. « Elle prenait de bonnes notes et j’avais une bonne machine à photocopier », raconte-t-il avec le sourire.

En 1976, quand André Ouellet doit démissionner pour avoir critiqué publiquement un jugement de la Cour d’appel, ses adjoints le quittent, sauf Lapierre qui accepte une réduction de salaire pour demeurer à ses côtés.

Quand Ouellet réintègre le cabinet un peu plus tard, il manifeste sa reconnaissance à Lapierre en faisant de lui son chef de cabinet, le plus jeune de l’histoire à 20 ans.

Les événements se précipitent par la suite. Lapierre, par un concours de circonstances, devient candidat libéral dans Shefford en 1978 pour les élections fédérales qui n’auront lieu finalement qu’un an plus tard.

Dans l’espace de quelques semaines, il réussit ses examens du Barreau, se marie, se fait construire une maison et aussi est élu député. Il n’a que 23 ans. Réélu l’année suivante (en 1980) avec une majorité de 23 000 votes, il se fait remarquer parce qu’il est toujours au cœur de l’action.

Participant actif au référendum de 1980, seul représentant du Québec avec Serge Joyal au sein du comité de la constitution, « vendeur » du programme national d’énergie, successivement secrétaire parlementaire au Sport amateur et aux Affaires extérieures, « concepteur » du ministère de la Jeunesse, il multiplie les contacts avec ses collègues, avec les militants et avec la presse, chez qui il a ses entrées. Il ne néglige pas son comté pour autant, où on le voit toujours et partout.

Pendant la campagne au leadership de son parti, il travaille aux côtés de son « père politique » André Ouellet, comme coordonnateur adjoint à la campagne de John Turner.

Quand le nouveau premier ministre forme son cabinet, c’est la consécration et la récompense pour ce tout jeune « serviteur », deux ministères.

Est-ce trop lourd pour ses épaules? Il affirme que non : « J’en ai déjà fait plus en même temps », dit-il.

De toute façon, pouvait-on rêver d’un meilleur choix pour vendre aux jeunes Canadiens l’idée que toutes les portes leur sont ouvertes, que les rêves les plus fous peuvent encore être réalisés…

Yvon Dubé, un grand du journalisme

par Alain Guilbert

L’un des plus grands jours de chance dans ma vie est survenu quand le directeur de la rédaction de La Tribune et plusieurs de ses journalistes ont décidé à la fin de l’été 1959 de se joindre à La Presse qui avait décidé d’ouvrir des bureaux régionaux à Sherbrooke (et aussi à Trois-Rivières, à Québec et à Chicoutimi).

Ces départs en masse ont ouvert la porte à toutes sortes de changements. D’abord, un nouveau directeur de la rédaction, Yvon Dubé, qui avait fait ses classes à Coaticook et qui s’était joint à La Tribune depuis quelques mois à peine. Et aussi l’arrivée de plusieurs nouveaux journalistes… dont j’ai été du nombre.

Jamais je n’avais imaginé que cet emploi, qui devait me permettre de financer mes études universitaires ainsi que ma vie dans un nouveau milieu deviendrait le début d’une carrière de près d’un demi-siècle dans le milieu des communications.

Et cette carrière dont je suis fier et qui m’a permis d’extraordinaires satisfactions je la dois à une personne en particulier, Yvon Dubé, le premier « boss » de ma vie professionnelle et mon « mentor » pendant des dizaines d’années.

Grâce à Yvon Dubé, j’ai gravi tous les échelons de la salle de rédaction au cours des années. Il m’avait adopté en quelque sorte… Même quand j’ai été président du syndicat des journalistes pendant une courte période, j’ai poursuivi les discussions quotidiennes que j’avais avec lui, les « lunches » que nous prenions ensemble avec différents acteurs de la vie sherbrookoise, des « lunches » qui nous ont permis d’apprendre des dizaines et des dizaines de nouvelles que nous n’aurions jamais su sans ces rencontres « cédulées ou pas » au moins quatre midis par semaine.

Yvon Dubé n’écrivait pas de nouvelles… mais il avait un flair incroyable pour les détecter… Yvon Dubé n’écrivait pas de textes, mais il avait une connaissance parfaite de la langue française et des expressions qui signifiaient quelque chose. Yvon Dubé n’avait jamais dirigé de journaux avant La Tribune (où il a été directeur de la rédaction et par la suite en est devenu président et directeur général jusqu’à sa retraite). Il n’avait jamais fait de gestion avant sa venue à Sherbrooke… pourtant il a été un gestionnaire exceptionnel.

Yvon Dubé était un innovateur exceptionnel… c’est lui qui a donné naissance aux pages régionales dans La Tribune… ce qui signifie que toutes les régions aux alentours de Sherbrooke avaient leur propre page quotidiennement… Drummondville, Victoriaville, Thetford Mines et Lac-Mégantic, Magog et Coaticook, Asbestos et Richmond, même Granby (pendant une longue période).

C’est lui qui a développé de nouveaux concepts publicitaires qui ont généré des revenus à la hausse année après année.

C’est encore lui qui a donné naissance aux chroniques immensément populaires comme le « Carnet King-Wellington », le « Persiflage » et combien d’autres. Ses initiatives devançaient tout le monde… et ont depuis longtemps été reprises dans de nombreux journaux.

Il n’avait jamais fabriqué de journaux avant La Tribune… mais il a été un précurseur dans le format six colonnes (au lieu des traditionnelles huit colonnes). Quand de grands journaux américains ou canadiens se présentaient comme les créateurs des présentations typographiques sur six colonnes, il y avait longtemps que La Tribune avait créé ce modèle. Je me souviens même d’un jour où nous avions monté une première page de La Tribune en deux formats… la moitié de la page était selon le modèle traditionnel et l’autre moitié de la page était selon le modèle tabloïd. C’était bien avant que La Presse ne transforme sa section des sports en tabloïd, et bien des années-lumière avant que Le Quotidien, La Voix de l’Est, La Tribune, Le Droit, Le Nouvelliste et même Le Soleil n’adoptent le format tabloïd pour de bon. Nous avions « testé » le concept bien avant tout le monde.

Yvon Dubé avait aussi une capacité à détecter les journalistes de talent. Après mes 11 premières années professionnelles à La Tribune, je suis allé à Montréal pour diriger le magazine L’Actualité puis la division de l’information au Comité organisateur des Jeux olympiques de 1976. C’est un peu lui qui m’avait incité à aller ailleurs, à vivre d’autres expériences. Il m’avait dit un jour que le seul regret de sa vie était de « ne pas être allé voir ailleurs ce qui s’y passait »… selon lui, c’était une façon sûre d’apprendre, de s’améliorer. Après les Jeux, je suis revenu à La Tribune à sa demande comme rédacteur en chef et éditeur adjoint. Nous avions alors la plus formidable équipe dont puissent rêver tous les quotidiens du monde (j’exagère à peine!!!). Il y avait André Préfontaine, qui a été par la suite vice-président de la Presse canadienne et président des Publications Transcontinental; Pierre Francoeur, qui a été le « grand patron » du Journal de Montréal puis aussi de tous les quotidiens français et anglais du Groupe Québecor; et aussi Guy Crevier, qui aura été le président de TVA, de Vidéotron, de La Presse, du Groupe Gesca et le créateur de La Presse +. Je pourrais en nommer de nombreux autres qui ont atteint des sommets grâce à lui.

Dans mon cas, c’est lui qui m’a enseigné à être un patron. Il m’avait expliqué un jour qu’il y avait seulement deux façons de fonctionner dans la vie… ou « on faisait des choses… ou on faisait faire des choses »… Les premiers étaient des « faiseurs »… les seconds étaient des « patrons ». C’était simple… mais il l’avait compris depuis bien longtemps.

Je suis resté en contact avec lui bien des années après mon second départ de La Tribune. Souvent, quand j’avais des doutes sur des décisions à prendre, tant professionnelles que personnelles, je l’appelais pour en discuter. Sa philosophie était celle du « gros bon sens ». Au cours des dernières années, nous avions perdu contact… mais je pensais souvent à lui… Même si je ne lui ai pas parlé depuis longtemps, il me manquait… et maintenant qu’il est parti pour un monde meilleur, il va me manquer davantage. (Note du blogueur : Yvon Dubé est décédé le 20 novembre 2015 à l’âge de 89 ans. Il avait pris sa retraite de La Tribune en 1989.)

Je ne peux résister à l’envie de vous raconteur un incident survenu il y a bien longtemps (en 1981). Yvon avait obtenu le très prestigieux Prix littéraire Juge Lemay décerné par la Société St-Jean-Baptiste de Sherbrooke (qui comptait alors plus de 23 000 membres). J’avais écrit un texte sur l’honneur qu’il recevait dans le magazine Perspectives (qui était alors distribué à près d’un million d’exemplaires chaque semaine). J’avais commencé mon texte comme suit : « Un prix littéraire décerné à un homme qui n’écrit pas dix lignes par année ».

Cela pouvait surprendre… mais c’était parfaitement cohérent avec ce qu’il était… Il ne « faisait pas »… Il « faisait faire ». Sous sa direction, La Tribune a fait une extraordinaire contribution à la promotion de la langue et de la culture française. Toute sa vie professionnelle aura aussi été une extraordinaire contribution à la qualité du journalisme tant régional et québécois.

Il n’y avait personne comme lui… et il n’y en aura jamais.

MERCI pour tout, Yvon… et à un de ces jours…

Le « Grand Jean », un surnom à la mesure de Jean Béliveau

par Alain Guilbert

À Québec, on l’appelait le « gros Bill »… à Montréal, et ailleurs au Québec, on l’appelait plutôt le « Grand Jean », un surnom tout à fait à sa mesure.

Comme je suis né il y a bien longtemps (plus de 70 ans), j’ai eu le plaisir et le privilège de le voir jouer au hockey tant en personne qu’à la télévision. Ceux et celles qui ont moins de 50 ans ne peuvent pas en dire autant. Pourtant, tout le monde le connaît jeunes et « vieux ». Jean Béliveau, c’est une légende… Dans les faits, c’est l’une des trois seules « véritables légendes » dans la longue et « glorieuse » histoire des Canadiens de Montréal.

Oui, trois, seulement, les numéros 9, 4 et 10…. Maurice Richard, Jean Béliveau, Guy Lafleur… Bien sûr, il y a eu de nombreux « grands joueurs » qui ont porté les couleurs du CH… les Jacques Plante, Doug Harvey, Bernard Geoffrion, Jacques Lemaire, Larry Robinson, Serge Savard, Patrick Roy, etc., mais des légendes authentiques, je n’en compte que trois… et aujourd’hui une seule est encore vivante, soit Guy Lafleur.

En écrivant ce texte, mon intention n’est pas de vous rappeler les péripéties qui ont amené Jean Béliveau de Québec à Montréal, après qu’il ait étincelé de tous ses feux tant avec les Citadelles (junior) et les As (senior) de Québec… un passage qui n’est pas étranger à l’éternelle rivalité Québec-Montréal. Certains « Québécois » n’ont pas encore digéré (60 ans plus tard) le fait que Montréal ait « volé » Jean Béliveau à Québec.

Mon intention n’est pas non plus de rappeler ses performances éblouissantes durant ses 18 saisons complètes avec les Canadiens, ses 1125 matches, ses 507 buts, ses 712 aides pour un total de 1219 points (le 2e plus haut total de l’histoire du CH après les 1246 points de Guy Lafleur). Cela n’inclut pas ses 162 matches en séries éliminatoires, ses 79 buts et 97 assistances, pour un total de 176 points. Et enfin, cela n’inclut pas ses 10 bagues de la Coupe Stanley, ni ses nombreux trophées, ni ses nombreuses sélections au sein des équipes d’étoiles.

La radio, la télévision et les journaux seront remplis de tous ces chiffres pendant les prochains jours.

Je veux surtout vous parler de Jean Béliveau, l’homme souriant, gentil, disponible, respectueux, attentif, dévoué, et ainsi de suite, que j’ai eu le privilège de connaître personnellement. Je veux vous parler de ce « grand homme », tant par sa constitution physique et ses performances sur la patinoire, que par ses qualités morales et humaines qu’il a toujours démontrées tant sur la patinoire qu’hors de la patinoire.

J’ai vraiment connu Jean Béliveau en 1975 alors que j’occupais le poste de directeur de l’information au sein du Comité organisateur des Jeux olympiques de Montréal (Cojo 76). Comme c’est la coutume, le Cojo a organisé des compétitions internationales en 1975 dans toutes les disciplines au programme des Jeux olympiques de 1976. Ces compétitions « préolympiques » (mais nous n’avions pas l’autorisation de les appeler ainsi) devaient servir à plusieurs fins : tester la majorité des stades et facilités où auraient lieu les Jeux olympiques, tester le fonctionnement de notre organisation pour accueillir les athlètes, les accréditer, les transporter, les loger, les nourrir, etc. En fait, il s’agissait de mini-olympiques sans en avoir le nom. Ces compétitions devaient également servir à initier les organisateurs, les journalistes et le public en général à des sports avec lesquels ils n’étaient pas ou peu familiers.

Entre mai et novembre 1975, nous avons donc organisé les Compétitions internationales Montréal 1975 à l’intérieur desquelles nous avons présenté des épreuves de volleyball, handball, football (soccer), basketball, athlétisme (courses, sauts et lancers), gymnastique, natation (nage, plongeon et water-polo), boxe, lutte (libre et gréco-romaine), canot, aviron, voile, sports équestres, tir à l’arc, tir au fusil, pentathlon moderne, haltérophilie, et d’autres.

À cette époque, peu de personnes connaissaient ces sports, et encore moins ceux et celles qui étaient les meilleur(e)s au monde et susceptibles de remporter des médailles à Montréal l’année suivante.

Pour créer un peu plus d’intérêt auprès des médias et du public en général pour ces compétitions, le Cojo avait demandé à Jean Béliveau d’agir comme président d’honneur de ce programme étendu sur sept mois. Le « Grand Jean » avait pris sa retraite du hockey quelques années plus tôt, soit en 1971. Réagissant à l’invitation de Simon St-Pierre, qui était alors le vice-président directeur du Cojo, l’ex-numéro 4 du Canadien a accepté avec sa gentillesse proverbiale de tenir ce rôle.

Durant les sept mois où ces compétitions ont eu lieu, j’ai eu le plaisir de rencontrer Jean Béliveau des dizaines et des dizaines de fois. Jamais il n’a fait défaut une seule fois. Il a assisté à toutes les compétitions sans exception. Certaines n’avaient duré qu’un jour; plusieurs s’étaient étendues sur deux ou trois jours.

À chaque compétition, il rencontrait le personnel du comité organisateur. Nous lui expliquions le sport en question, ses principales règles. Nous lui parlions des athlètes présents, de leur origine, de leurs performances, de leur classement mondial. Lui, il avait toujours un bon mot pour tout le monde; c’était comme si nous lui faisions une faveur d’être « notre président d’honneur », alors que c’était nous qui lui étions redevables d’avoir accepté cette responsabilité.

Jamais il n’a été en retard à une de ces rencontres préparatoires. Chaque fois, il a manifesté un intérêt réel pour notre équipe d’organisation (après deux ou trois compétitions, il nous saluait tous par notre prénom), pour chaque sport en compétition, pour les athlètes participants. Il voulait tout savoir. Il écoutait patiemment toutes nos explications et il les retenait très bien. Il a assisté à toutes les compétitions au complet, qu’elles durent quelques heures, un jour, deux ou même trois. Jamais il n’est parti avant la fin d’une compétition. À la fin de chaque compétition, il présentait les médailles aux vainqueurs; il s’arrêtait devant chaque athlète pour échanger quelques mots avec lui ou avec elle. Nombre de ces athlètes ne connaissaient rien au hockey; mais on percevait dans leurs yeux et leurs gestes qu’ils admiraient ce « grand homme » qui prenait le temps de leur parler et de les féliciter pour leur performance.

Ces sept mois de l’année 1974 seront toujours inoubliables pour moi. Ils n’étaient sûrement pas au niveau de l’émotion vécue à l’occasion des Jeux en 1976, mais grâce à Jean Béliveau ils ont obtenu une importance qui n’aurait pas été aussi grande sans sa présence.

Pendant ces sept mois, nous avons eu l’occasion de côtoyer à des centaines de reprises l’une des légendes vivantes des Canadiens de Montréal… mais encore plus… un « grand homme » dans le sens le plus large du mot – un des hommes les plus extraordinaires qu’il m’a été donné de rencontrer au cours de ma vie.

Plus de 25 années plus tard, alors que j’étais responsable des communications de Postes Canada, et aussi du programme philatélique, nous avons émis des timbres mettant en vedette les plus grands joueurs de l’histoire de la Ligue nationale de hockey. Dès la seconde année de ce programme qui s’est déroulé sur cinq ou six ans, Jean Béliveau faisait partie des rares joueurs qui ont été immortalisés par un timbre. Une cérémonie spéciale de présentation des timbres avait eu lieu à Denver, au Colorado, où avait le match annuel des Étoiles cette année-là.

Bien sûr, Jean Béliveau était présent; dès que je l’ai croisé, il m’a immédiatement reconnu et m’a salué d’un chaleureux « Bonjour Alain ». Il se souvenait des Compétitions internationales Montréal 1975 qui s’étaient déroulé un quart de siècle plus tôt. Pendant les deux jours passés à Denver, je l’ai observé dans toutes les rencontres avec le public et surtout avec les ex-étoiles et les étoiles d’alors de la Ligue nationale. Tous sans exception avaient les yeux remplis d’admiration en saluant Jean Béliveau. J’ai vraiment ressenti que tout un chacun le considérait comme un « grand homme ». Comme le GRAND JEAN!

Jean Béliveau… reposez en paix… vous l’avez bien mérité!

Carol Vadnais en retour de Guy Lafleur!!!???

par Alain Guilbert

C’est avec beaucoup de tristesse que j’ai appris le décès de l’ex-joueur de hockey Carol Vadnais cette fin de semaine (31 août 2014), un homme que j’ai trouvé sympathique au premier abord. Ce qui m’a rappelé une intéressante anecdote à son sujet.

Bien sûr, comme tous les « vieux » amateurs de hockey, j’ai vu Carol Vadnais évoluer avec le Canadien junior, puis avec le CH avec son « très grand ami » Serge Savard, les Golden Seals d’Oakland (ou de la Californie, selon ce que vous préférez), les Bruins de Boston, les Rangers de New York et, enfin, les Devils du New Jersey.

Carol a connu une excellente carrière de 17 saisons dans la Ligue nationale, dont deux seulement (et d’ailleurs très courtes… soit 42 matches au total) avec le CH.

Un jour (il y a quatre ou cinq ans de cela), alors que je jouais au golf à Hilton Head en compagnie de Serge Savard et Claude Boulay, Carol était le quatrième membre de notre quatuor. Il se relevait à peine de sa première grande bataille contre le cancer (qu’il avait gagnée, du moins temporairement, et qui l’a finalement emporté). Après une complexe chirurgie, des traitements de chimio et de radio qui s’étaient étalés sur plusieurs mois, il se sentait assez bien et assez fort pour passer quelques jours sous le soleil de la Caroline du Sud chez celui qu’il considérait comme un frère, Serge Savard.

Bien sûr, avec Serge et Carol dans notre groupe de golf, on ne pouvait éviter de parler « hockey », surtout que Claude et moi nous trouvions avec deux « vrais » experts.

À un moment donné, Claude a demandé à Carol dans quel contexte il avait quitté l’uniforme Bleu, Blanc, Rouge… pour se retrouver en Californie. Et Carol de lui répondre immédiatement : « Le Canadien m’a échangé aux Golden Seals en retour de Guy Lafleur ».

La réponse m’a vraiment surpris… et je n’ai pu retenir un grand sourire. Bien sûr, Carol se donnait un beau rôle avec cette réponse, mais il ne s’agissait quand même pas d’une fausse réponse… disons qu’il s’agissait d’une simplification de la vérité… d’une façon de colorer la réalité.

Je me rappelais très bien des faits survenus lors de cette transaction. Le directeur général du CH à cette époque était le très « rusé » Sam Pollock. Celui-ci avait de nombreuses cordes à son arc et il savait vraiment comment les utiliser, tout un chacun d’elles.

À la fin de la saison 1967-1968, Pollock savait déjà que le premier choix au repêchage à la fin de la saison 1970-1971 (et oui, trois ans plus tard) serait très certainement le déjà célèbre ailier droit des Remparts de Québec et déjà une « grande vedette » dans toute la Ligue junior majeure du Québec, Guy Lafleur. Et Pollock voulait bien s’assurer de mettre la main sur lui. À cette époque, l’équipe qui finissait en dernière position obtenait automatiquement le premier choix au repêchage, l’équipe qui terminait en avant-dernière position, le deuxième choix, et ainsi de suite. Il n’y avait pas de tirage au sort entre les cinq dernières équipes, comme c’est maintenant le cas.

Le Canadien était alors l’une des meilleures équipes de la LNH, sinon la meilleure. Ses chances de terminer en dernière position trois saisons plus tard étaient pratiquement nulles. Alors, comment s’assurer les droits sur Guy Lafleur? Sam Pollock avait conçu un plan… il allait céder l’un de ses bons joueurs (Carol Vadnais) en échange du premier choix au repêchage des Golden Seals à la fin de la saison 1970-1971. Vraiment… astucieux!

Mais au milieu de la saison 1970-1971, sans doute avec l’aide de Carol Vadnais, les Golden Seals avaient quitté les bas-fonds du classement, position qu’ils occupaient au cours des saisons précédentes. Les Seals avaient cédé la dernière place aux Kings de Los Angeles, qui auraient alors obtenu le premier choix au repêchage s’ils demeuraient dans la « cave » du classement jusqu’à la fin de la saison.

Mais le « vieux Sam », comme on le surnommait à l’époque, avait plus d’un tour dans son sac. Il expédia alors son troisième meilleur joueur de centre (après Jean Béliveau et Henri Richard), Ralph Backstrom, aux Kings en retour de « considérations futures ». Et le plan de Pollock a fonctionné.

Avec l’aide de Backstrom, les Kings ont grimpé en avant-dernière place, tandis que les Seals glissaient en dernière place… et obtenaient ainsi le premier choix au repêchage – choix qui appartenait toutefois au CH – est c’est ainsi que Guy Lafleur s’est retrouvé à Montréal à la grande satisfaction du directeur général et des partisans… et c’est ainsi aussi que Carol Vadnais a pu dire sans vraiment raconter un mensonge qu’on l’avait « échangé » aux Seals en retour de Guy Lafleur. En vérité, on devrait plutôt dire que le choix du « Démon Blond » a été obtenu en retour de Carol Vadnais… et de Ralph Backstrom.

Un « long shot »… dit-on dans le langage des parieurs!

Petit détail intéressant… Vous souvenez-vous du joueur qui a été repêché en seconde place (après Guy Lafleur) cette année-là? Oui, bien sûr, il s’agissait du centre des Black Hawks de St. Catharines de la Ligue junior majeure de l’Ontario… Marcel Dionne.

Entre vous et moi, Dionne n’aurait sans doute pas été un mauvais premier choix pour le CH! Il a sans doute été moins « spectaculaire » et moins « flamboyant » que Lafleur, mais il a obtenu 1771 points au cours de sa carrière (dont 731 buts – le quatrième meilleur marqueur de tous les temps dans la LNH) contre 1353 points pour l’ailier droit du Canadien (dont 560 buts).

À ces chiffres, il faut ajouter les séries éliminatoires auxquelles Lafleur a participé plus souvent que Dionne. Le premier a obtenu 134 points (dont 58 buts) et le second, 45 points (dont 21 buts).

Dionne aurait-il aussi bien fait que Lafleur s’il s’était retrouvé à Montréal? Voilà un bon sujet de discussion pour les amateurs – mais, quelle que soit la réponse à cette question, ce sera toujours une simple supposition!

Salut, Carol…, et repose en paix!

Note du blogueur : Alain m’a fait parvenir son texte le jour même de mon départ pour l’Europe. Il n’est jamais trop tard pour publier un bel hommage.

Tout est bien qui finit bien!

par Alain Guilbert

Eh oui! La victoire du Canada au hockey masculin ce matin constitue la « cerise sur le sundae ». Quel beau match! On a vu une « gang » de vedettes individuelles disputer le premier match du tournoi contre la Norvège. Puis les choses ont évolué de match en match. Les vedettes individuelles se sont lentement, mais sûrement, transformées en une équipe véritable. Ce qu’on a vu dans cet affrontement avec la Suède n’était peut-être pas « super spectaculaire »… mais quelle performance d’équipe… une équipe où chaque membre a joué le rôle qu’on attendait de lui. Jamais l’expression « victoire d’équipe » n’aura été aussi vraie à mon avis. On a donné les étoiles à Sydney Crosby, Patrice Bergeron et Carey « Jesus » Price, mais on aurait facilement pu donner une étoile à chacun des porte-couleurs de cette équipe. Bravo Canada! Nous sommes vraiment fiers de vous.

Le Canada souhaitait terminer au premier rang des pays participants aux Jeux de Sotchi. Il n’a pas atteint son objectif, mais il n’y a aucune raison de pleurer.

Le classement final (selon les médailles d’or) est le suivant :

Pays              Or    Argent   Bronze   Total
Russie            13         11            9          33
Norvège         11           5          10          26
CANADA       10        10             5          25
États-Unis      9           7           12          28
Pays-Bas         8          7              9          24
Allemagne       8          6              5          19
Suisse               6          3              2          11

Ce classement est calculé en fonction des médailles d’or. On tient compte des autres médailles seulement en cas d’égalité. Si le classement était calculé en fonction du total de toutes les médailles, le Canada aurait plutôt terminé en 4e place pendant que les États-Unis seraient passés au 2e rang et la Norvège au 3e.

En 2010 à Vancouver, le Canada avait obtenu 26 médailles, dont 14 d’or, ce qui lui donnait la 1re place (toujours non officielle). Mais le Comité organisateur avait choisi de faire ses classements en fonction du total des médailles (plutôt que des seules médailles d’or), ce qui nous avait privés d’une 1re place.

Pour 2014, à Sotchi, les attentes du Comité olympique canadien étaient très grandes. On visait 31 médailles au total, en tenant compte que des disciplines additionnelles avaient été ajoutées au programme comparativement à Vancouver.

Voici quelles étaient ces attentes dans chaque sport comparativement aux résultats obtenus (sans tenir compte de la couleur des médailles) :

Sports                     Médailles     Médailles
                                 prévues        obtenues
Ski alpin                            1             1
Biathlon                            0             0
Bobsleigh                          1             1
Ski de fond                        1             0
Curling                               2            2
Patinage artistique          4             3
Ski acrobatique                7              9
Hockey                               2             2
Luge                                    2             0
Combiné nordique            0             0
Patinage courte piste       5              3
Patinage longue piste       2              2
Skeleton                             0              0
Saut à ski                            0              0
Surf des neiges                   4              2

Et maintenant, le détail des médailles canadiennes pour chaque sport; le ski acrobatique est évidemment le grand gagnant :

Sport                                 Or   Argent   Bronze   Total
Ski acrobatique                   4         4            4            9
Curling                                 2          –            –             2
Hockey                                 2         –             –             2
Patinage (courte piste)       1         1            1             3
Bobsleigh                              1         0            0             1
Patinage (artistique)          0         3            0             3
Surf des neiges                    0         1            1             2
Patinage (longue piste)       0         1            1             2
Ski alpin                                0         0            1             1

Soulignons aussi les moments les plus émouvants de ces Jeux pour les Canadiens, et plus particulièrement pour les Québécois :

La victoire des filles au hockey avec leur retour tout simplement incroyable en toute fin de match!
– Le doublé or-argent des sœurs Justine et Chloé Dufour-Lapointe dans l’épreuve de bosses du ski acrobatique.
– Le doublé or-argent d’Alexandre Bilodeau et Mikaël Kingsbury, aussi dans l’épreuve de bosses du ski acrobatique.
– La médaille d’argent des patineurs artistiques canadiens dans la toute nouvelle épreuve par équipe, des athlètes habitués depuis toujours à compétitionner individuellement et qui, soudainement, doivent unir leurs forces et leur talent pour compétitionner en équipe. Très intéressant!
– Le geste de Gilmore Junio qui cède sa place à Denny Morrison aux 1000 mètres de patinage de vitesse longue piste, et Morrison, qui obtient une médaille d’argent sous les applaudissements de Junio assis dans les gradins. Quel grand geste!
– Et, bien sûr, la médaille de l’équipe masculine de hockey, une médaille attendue, bien sûr, mais non sans que nous ayons assisté au cours des 10 derniers jours à la transformation d’une bande de joueurs individuels en une formidable équipe devenue invincible. Bravo au coach Babcock!

En bref…

Dans ses commentaires d’après Jeux, le président du Comité olympique canadien, Marcel Aubut, ne semblait pas trop déçu que « son » équipe olympique (l’équipe canadienne) n’ait pas atteint « son » objectif de terminer en première place à Sotchi. Il réalise que certains pays (comme les pays scandinaves) se spécialisent uniquement dans un ou deux sports comme le ski de fond ou le patinage de vitesse sur longue piste, des sports où leurs athlètes peuvent obtenir jusqu’à 10 ou 12 médailles (un peu comme le Canada qui réussit tout un exploit avec ses neuf médailles en ski acrobatique). Aux Jeux de Turin, par exemple, le Canada avait obtenu huit médailles en patinage de vitesse longue piste, dont cinq par une seule patineuse, Cindy Klassen. Cette année, le Canada a dû se contenter de deux médailles dans cette discipline. Selon le principal programme canadien de financement à l’endroit du sport d’élite, « Own the Podium » (« À nous le podium »), les sommes d’argent attribuées aux fédérations sportives le sont en fonction des médailles obtenues aux Jeux olympiques. Est-ce à dire que les fédérations moins performantes sont condamnées à le rester pendant longtemps?

Un mot au sujet des cérémonies d’ouverture et de clôture de ces Jeux, cérémonies qui nous ont fait connaître plus de choses sur l’histoire et la culture de la Russie que nous en avions apprises au cours de toute notre vie. Quels spectacles extraordinaires (avec l’aide de quelques spécialistes de la mise en scène québécois)!

Incidemment, Radio-Canada a compris qu’elle n’avait pas besoin d’un chroniqueur politique (qui ne connaissait rien aux sports olympiques et à l’olympisme) pour commenter une cérémonie de cette envergure. Après l’échec de l’ouverture, Radio-Canada s’est fort bien reprise à la clôture en faisant appel à Marie-Josée Turcotte, aidée de Nathalie Lambert et Dominick Gauthier, deux ex-athlètes qui ont vécu de nombreux Jeux. Tous trois ont fait preuve de retenue et de sobriété dans leurs interventions. Ils ont été très peu interrompus par des messages commerciaux (surtout qu’ils avaient été diffusés à de bien mauvais moments lors de l’ouverture). Somme toute, un « bien beau job » par Radio-Canada, une « job » qui nous fait oublier les bévues de l’ouverture.

Dans mes commentaires d’hier, j’ai traité des coûts des Jeux olympiques, et j’ai souligné que les médias d’information avaient tendance à considérer toutes les dépenses faites à l’occasion des Jeux comme faisant partie du coût des Jeux. À Vancouver, par exemple, on avait profité de cet événement international pour refaire la route (à travers les Rocheuses) et la voie ferrée entre Vancouver et Whistler, des travaux qui s’imposaient depuis bien des années. Il aurait fallu les faire un jour ou l’autre, Jeux olympiques ou pas. Pourquoi alors attribuer les coûts de ces travaux à ceux des Jeux. À Pyeongchang (Corée du Sud), on dit déjà que les Jeux coûteront 7 milliards de dollars. Mais déjà on sait que quatre de ces sept milliards serviront à construire une liaison rapide entre Séoul (la capitale) et Pyeongchang, une liaison qu’on se devait de faire un jour ou l’autre. Pourquoi inclure ces travaux dans le coût des Jeux? Montréal a perdu une belle occasion lors des Jeux de 1976 en ne créant pas ce lien rapide entre le centre-ville et l’aéroport. Une superbe opportunité ratée? Quand Montréal l’aura-t-elle, ce lien rapide? Quand nous serons tous morts… sans doute!

(En principe, les commentaires que vous venez de lire devraient être mes derniers au sujet des Jeux de Sotchi. Prochain rendez-vous pour les Jeux de Rio en 2016!)

Des succès et des échecs

par Alain Guilbert

Alors qu’il reste moins de 24 heures avant que la flamme olympique ne s’éteigne à Sotchi (Russie) pour se rallumer dans deux ans au Brésil (Jeux d’été) et dans quatre ans seulement en Corée du Sud (Jeux d’hiver), nous pouvons commencer à dresser un premier bilan de ces XXIIes Jeux d’hiver.

Le Canada terminera probablement en 3e position du classement non officiel. Le Comité international olympique ne fait aucun classement, je vous l’ai déjà dit, mais les médias aiment bien (exigent même) un classement. Alors, les comités organisateurs de même que les comités olympiques des pays où les Jeux ont lieu en font un. Traditionnellement, le pays qui obtient le plus grand nombre de médailles d’or est le premier. Aux Jeux de Vancouver, en 2010, on avait préféré diffuser un classement en vertu du total des médailles (toutes couleurs incluses). Si on avait considéré uniquement les médailles d’or, le Canada aurait terminé premier avec 14 de ces médailles en métal si précieux. Mais avec son total de 26 médailles (incluant argent et bronze), il n’était que troisième.

À Sotchi, le Comité organisateur est revenu à la méthode des médailles d’or; au moment d’écrire ces lignes, le Canada est au troisième rang avec neuf de ces médailles (soit cinq de moins qu’à Vancouver). La Russie et la Norvège en ont 11 chacune, la Russie étant considérée comme en première place à cause de son total de 29 et la Norvège en 2e place avec ses 26. Bien sûr, le Canada peut encore gagner la médaille d’or au hockey demain matin (à 7 heures pour les lève-tôt), mais, s’il réussit l’exploit, cela ne lui en fera que 10, donc, toujours pour la 3e place. Si on établissait le classement en fonction du total de toutes les médailles, le Canada chuterait en 4e place, parce que les États-Unis en ont 27 à date (trois de plus que le Canada au total, dont neuf médailles d’or comme le Canada).

Quelques mots de nos succès et de nos échecs (le Canada, évidemment)…

Nos succès :

– le ski acrobatique (au moins six médailles : trois doublés or-argent en bosses (hommes), en bosses (femmes), en ski cross (femmes);
– le curling : deux médailles d’or sur les seules deux possibles;
– le hockey sur glace : avec une médaille d’or (femmes) et une médaille d’or ou d’argent (selon le résultat du match de demain matin) (et seulement deux possibles);
– le patinage artistique : avec nos médailles d’argent dans la compétition par équipe et l’autre médaille d’argent obtenue par Patrick Chan. Ce n’est pas facile d’évoluer dans un sport où l’on doute de l’honnêteté des juges. Avez-vous déjà vu cela dans un autre sport, où un juge est le conjoint d’un athlète qu’il doit juger?

Nos succès mitigés :

– le patinage de vitesse sur longue piste avec deux médailles seulement (une argent et une bronze); l’équipe en avait obtenu cinq à Vancouver;
– le patinage de vitesse sur courte piste avec trois médailles seulement (une or et deux bronze); l’équipe en avait aussi obtenu cinq à Vancouver, et surtout en promettait encore plus à Sotchi.

Nos échecs :

– le surf en ski (planche à ski) : tous nos jeunes « flyés » des X-Games nous promettaient des miracles, mais ces miracles ont tourné en catastrophe dans les épreuves « slopestyle » (obstacles) la majorité de nos planchistes n’ont même pas obtenu la moitié des points possibles. « C’est la faute des juges », ont-ils dit. Et en surf des neiges plus traditionnel, Jason Jay Anderson, qui avait pris sa retraite après sa médaille aux Jeux de Vancouver, mais qui a décidé un an plus tard de revenir à la compétition, n’a pu se qualifier pour la finale de son épreuve. « C’est la faute des dirigeants de notre sport », a-t-il dit. Peut-être aurait-il été mieux de rester à la retraite;
– le ski de fond : peut-être nos athlètes ont-ils « peaké » (atteint le sommet de leur forme) trop vite, mais on s’attendait à plus de leur part, particulièrement d’Alex Harvey; peut-être avait-on mis trop de poids sur ses épaules;
– le biathlon : mais on n’attendait rien de ce sport.

En bref…

Juste un mot du match Finlande-É.-U. au hockey. Les États-Unis s’attendaient à la médaille d’or; leur moral est tombé à plat après leur défaite contre le Canada. Ils n’avaient plus aucune « motivation » pour la médaille de bronze. Quand tu vises l’or, et que tu le rates, ton moral s’en va dans tes talons. La Finlande, de son côté, considérée comme la 4e ou 5e équipe en importance aux Jeux (après le Canada, les États-Unis, la Russie et la Suède) visait le bronze, médaille que ce pays a d’ailleurs obtenue quatre fois au cours des cinq derniers Jeux d’hiver. Les Finlandais étaient vraiment motivés aujourd’hui et cela a paru dès le départ, ce qui explique la raclée subie par les Américains qui auraient préféré quitter Sotchi après leur défaite contre le Canada. Teemu Selanne a démontré une fois de plus quel grand joueur il était… le joueur de hockey le plus âgé à mériter une médaille olympique dans ce sport, à 43 ans!

Je ne vous ai pas offert souvent d’images ou de dessins depuis le début de mes commentaires. Mais j’ai pensé faire exception aujourd’hui en vous transmettant une caricature publiée dans le Vancouver Sun. C’est l’instructeur de l’équipe canadienne (hommes) de hockey qui se prépare à affronter la Suède pour la médaille d’or. Préparez-vous à sourire :

https://plus.google.com/app/basic/stream/z12qtxiqrmjkt505s04cg5lakznvv105gv40k

Et tant qu’à être dans les images, pourquoi pas une courte vidéo d’environ trois minutes. La plupart d’entre vous (ceux et celles qui lisent mes commentaires) ont probablement découvert les Jeux olympiques à Montréal en 1976. À cette époque, vous connaissiez les noms des grands joueurs de hockey comme Maurice Richard, Jean Béliveau, Guy Lafleur, Gordie Howe, Bobby Orr et quelques autres, mais vous n’aviez sans doute jamais entendu parler de Lasse Viren (Finlande), Bruce Jenner (États-Unis), Greg Joy (Canada), Nadia Comaneci (Roumanie), Nellie Kim (Union Soviétique), Sugar Ray Leonard et les frères Spinks (États-Unis), Anton Tak (Tchécoslovaquie), Daniel Morelon (France) et bien d’autres.

Vous aviez entendu parler des coûts du Stade olympique et de ses problèmes de construction, mais personne ne vous parlait des athlètes – les vraies vedettes des Jeux. À tous les Jeux, c’est la même histoire : pendant quatre, cinq ou six ans avant « la fête », on vous parle de leurs coûts, des délais dans les constructions, des problèmes d’organisation, mais jamais (ou presque) des athlètes. Ce n’est qu’une fois la flamme allumée dans le stade principal, que les athlètes prennent toute la place et vous éblouissent par leurs performances. Aujourd’hui, vous pouvez probablement nommer des dizaines d’athlètes olympiques dans toutes sortes de sports (été et hiver), mais en 1976 vous auriez probablement été incapable d’en nommer deux ou trois, tous sports confondus. Il aura seulement fallu qu’une toute petite adolescente roumaine se présente sur le plateau de gymnastique situé dans le vieux Forum de Montréal pour que vous deveniez « accros » des Jeux. Et depuis presque 40 ans, le même phénomène se reproduit tous les quatre ans (et maintenant tous les deux ans depuis qu’on a désynchronisé les Jeux d’été et les Jeux d’hiver). Vous vous retrouvez devant votre télé ou (dans un monde de nouvelles technologies) devant votre téléphone intelligent, votre ordinateur ou votre tablette, et vous voilà « accros » une fois de plus.

Regardez la vidéo suivante et cela vous rappellera les moments où vous avez été (très probablement) séduits pour la première fois de votre vie par les Jeux olympiques :

http://www.youtube.com/watch?v=Yi_5xbd5xdE&feature=player_embedded

Maintenant que j’ai ouvert la porte en parlant des coûts des Jeux dans le paragraphe précédent, autant continuer sur le sujet. Tous les commentaires disent que les Jeux de Sotchi sont extravagants parce qu’ils auraient entraîné des dépenses de 50 milliards $. Mais est-ce vraiment le coût des Jeux? Habituellement, quand un pays, ou une ville avec l’appui du gouvernement de son pays soumet sa candidature pour obtenir les Jeux, c’est que le pays (ou la région, ou la ville en question) souhaite profiter d’un tel événement, l’un des plus spectaculaires au monde, pour se doter d’installations et d’infrastructures. Ce ne sont pas les Jeux qui coûtent si cher, ce sont les installations et les infrastructures, ce qui sera laissé en héritage par les Jeux. Revenons un instant aux derniers Jeux d’hiver à Vancouver. Leur coût a été estimé à 7 milliards $. Mais qu’est-ce qu’on inclut dans cette somme? Entre autres, le coût pour refaire la route Vancouver-Whistler, une route sinueuse et extrêmement dangereuse qui causait des dizaines de morts accidentelles chaque année, qui a été remplacée par une autoroute moderne à travers les montagnes Rocheuses. Tout un défi à relever. Ceux qui ont déjà circulé sur l’ancienne route pour aller skier à Whistler, surtout après le coucher du soleil, se souviennent très bien des dangers encourus. Par ailleurs, le village olympique construit à Vancouver a permis de résoudre en grande partie les problèmes de logement du centre-ville. Le village des athlètes de Whistler a aussi servi à accroître le nombre de visiteurs dans la plus belle et la plus grande station de ski au Canada. Le Centre de conférence construit à Vancouver pour les Jeux est maintenant un atout majeur pour la ville. Et que dire du système de transport rapide qui a été réalisé pour relier l’aéroport international de Vancouver au centre-ville en quelques minutes à peine. Les Montréalais rêvent depuis longtemps d’une liaison de ce genre avec leur aéroport et devront un jour payer des centaines de millions, voire quelques milliards, pour en réaliser une. Les Jeux de Vancouver eux-mêmes ont-ils coûté 7 milliards $? Bien sûr que non. Les Jeux n’ont été qu’une occasion pour réaliser tous ces autres projets qui profitent maintenant, et pour longtemps encore, à Vancouver, à la Colombie-Britannique et d’une certaine façon à l’ensemble du Canada.

Et si on revenait à Montréal pour un instant. Le maire Drapeau avait dit que les Jeux s’autofinanceraient avec la loterie, la monnaie et les timbres olympiques. Le budget initial des Jeux de 1976 avait été estimé à 310 millions $, soit 250 millions $ pour les constructions et 60 millions $ pour l’organisation. Le Parc olympique à lui seul (le Stade, les piscines, le vélodrome, ainsi que la rénovation de l’aréna Maurice-Richard et du Centre Maisonneuve) aurait coûté presque 3 milliards $ selon les médias. Mais c’est bien loin de la vérité. Toutes les installations ensemble ont coûté aux environs d’un milliard de dollars, somme qui devait être payée par les programmes olympiques (loterie, monnaie et timbres). Ceux-ci ont rapporté plus de 550 millions $, soit presque le double des prévisions initiales. Le gouvernement du Québec, qui avait pris le contrôle du Parc olympique quelques mois avant les Jeux, a choisi d’imposer une taxe sur le tabac pour payer le déficit. Mais pendant des années et des années, le même gouvernement n’a versé qu’une infime partie de cette taxe sur la dette olympique. Il a plutôt utilisé les revenus de cette taxe dans son fonds consolidé pour ses opérations courantes (éducation, santé, etc.). Quand une personne achète une maison de 325 000 $ qu’elle souhaite payer à l’aide d’une hypothèque étalée sur 20 ans, sa maison lui aura probablement coûté dans les 700 à 750 000 dollars quand l’hypothèque aura été remboursée au complet. Cette personne dira-t-elle que sa maison lui a coûté 750 000 dollars ou bien 325 000? La réponse est évidente. Pourquoi le coût du Parc olympique serait-il estimé de façon différente tout simplement parce que le gouvernement du Québec préférait payer de l’intérêt sur le coût original plutôt que de rembourser la dette.

En Russie, où l’économie est dominée par la mafia et par la collusion (rien de nouveau sous le soleil pour ceux et celles qui suivent le déroulement de la Commission Charbonneau – la collusion a existé de tout temps dans presque tous les pays), on dit que les malversations à elles seules représentent plus de la moitié des 50 milliards. Une autre partie de ces 50 milliards a permis de renouveler ou accroître les infrastructures de la ville considérée comme la station balnéaire par excellence de l’Europe de l’Est. Le coût des Jeux à 50 milliards $, ça ne tient pas debout. Et à Montréal à l’époque des Jeux de 76, vous croyez peut-être qu’il n’y avait pas de collusion entre les firmes d’ingénieurs, les entrepreneurs, les syndicats, le crime organisé? Libre à chacun de penser ce qu’il voudra. Pour moi, le coût des Jeux (dans quelque ville ou pays que ce soit), tel que rapporté dans les médias, me laisse toujours un peu de doute par rapport à la réalité.

À la prochaine…

Quand l’or coule à flots…

par Alain Guilbert

À tous ceux (et celles) qui ne croient pas encore que Carey Price est le meilleur gardien de but au monde… j’espère que vous avez bien vu le match d’aujourd’hui.

À tous ceux (et celles) qui croient encore que le Canadien a fait une erreur en ne gardant pas Jaroslav Halak au lieu de Carey « Jesus » Price, j’imagine que tous vos doutes sont maintenant balayés.

Quand l’équipe du Canada a défait la Norvège par le mince pointage de 3 à 1 lors du premier match du tournoi olympique, il y avait des raisons de nous inquiéter. Même chose au second match du tournoi quand l’équipe canadienne l’a emporté 6 à 0 contre l’Autriche.

L’équipe canadienne ne compte pas beaucoup de buts, seulement 14 depuis le début du tournoi. Souvent, dans les Jeux d’il y a une douzaine d’années ou plus, le Canada comptait 14 buts dans un seul match. Mais les choses sont différentes aujourd’hui, les autres se sont améliorés. Cette victoire d’aujourd’hui sur les Américains par la plus mince des marges (1 à 0) est fantastique; elle amène « notre équipe » à la grande finale olympique. Nous sommes maintenant assurés de la médaille d’argent… ou même de la médaille d’or. Nos adversaires seront les Suédois, une superbe équipe aussi. L’important ne sera pas de compter quatre ou cinq buts contre la Suède, mais seulement « un but » de plus qu’eux, comme aujourd’hui. Gagner 5 à 0 ou 1 à 0? Quelle est la différence? Je pense encore que la victoire par un but a encore plus de mérite que celle par quatre ou cinq buts.

Nous verrons bien dimanche ce qui se produira, mais je suis certain que s’il n’en tient qu’à Carey Price, ses coéquipiers (et lui) repartiront de Sotchi avec de l’or dans leurs bagages!

Juste une remarque en passant : je ne sais pas qui à Radio-Canada a fait le choix des étoiles du match Canada-É.-U. aujourd’hui, mais ceux qui ont décidé de ne pas accorder une étoile à Carey Price devaient sûrement être en train de regarder les « chutes » des Canadiens en patinage de vitesse courte piste plutôt que le match de hockey!

Autre très grande médaille d’or, aujourd’hui : celle de l’équipe masculine du Canada au curling. Impossible de faire mieux – médaille d’or pour les filles et médaille d’or pour les gars… Super!

Autre très grand exploit, le doublé « or et argent » des filles en ski cross. C’est le quatrième doublé or-argent réussi par le Canada depuis le début des Jeux, un exploit sans précédent pour nos athlètes, Jeux d’hiver et Jeux d’été confondus. À titre de rappel, voici nos quatre doublés or et argent :

– les sœurs Justine et Chloé Dufour-Lapointe en ski acrobatique (bosses);
– Alexandre Bilodeau et Mikaël Kingsbury aussi en ski acrobatique (bosses);
– Kaillie Humphries et Heather Moyse en bobsleigh (à deux);
– (et ce matin) Marielle Thompson et Kelsey Serwa en ski cross (femmes).

Et voilà aussi que le Canada réussit à obtenir les deux médailles d’or de curling – hommes et femmes – et que nous pouvons maintenant rêver des deux médailles d’or en hockey; les filles ont déjà accompli l’exploit et les gars sont sur le point de le faire.

Au moment d’écrire ces lignes (le vendredi 21 février), le Canada est en troisième place, quelle que soit la façon dont on compte les médailles. La vraie façon « non officielle » est basée sur le nombre de médailles d’or, et s’il y a égalité, selon les médailles d’argent, et s’il y a encore égalité, selon les médailles de bronze.

Le classement actuel est donc le suivant :

Pays                  Or     Argent  Bronze  Total
1– Norvège        10          4             8           22
2– Russie             9        10             7           26
3– Canada            9        10             5           24
4– États-Unis      9          7            11           27
5– Allemagne       8          4             4           16
6– Pays-Bas         6          7             9           22

Comment cela se terminera-t-il? À Vancouver, le Canada avait obtenu 26 médailles, dont 14 d’or. C’est maintenant impossible d’en obtenir autant (des médailles d’or) à Sotchi. Mais en ce qui concerne le total de toutes les médailles confondues, le Canada pourrait se rendre à 26 (comme à Vancouver) où même davantage. Comme je vous l’avais expliqué au moment d’entreprendre cette série de commentaires sur les Jeux, il y avait 255 médailles en jeu à Vancouver. Avec ses 26, le Canada avait accumulé 10,2 % du total. Mais à Sotchi, des épreuves ont été ajoutées et il y maintenant 294 médailles en Jeux (sans compter les égalités). Il faudrait donc que le Canada termine avec 30 médailles au moins pour égaler son pourcentage de 10,2 % de Vancouver. Cela n’arrivera pas.

Mais nous n’avons aucune raison de ne pas être fiers de nos athlètes et de leurs performances. Nous avons vécu des déceptions dans certains sports, particulièrement en patinage de vitesse sur courte piste, où nos espoirs étaient grands. Peut-être trop! Nous avons eu aussi des déceptions en ski de fond, en ski alpin (sauf pour la médaille de bronze de Jan Hudek). Mais quand le bilan final sera fait, Marcel Aubut sera sûrement déçu que le Canada n’ait pas terminé premier, mais nous (les spectateurs) aurons des tonnes de raisons d’être fiers et de pavoiser. Nos exploits auront été beaucoup plus nombreux que nos échecs.

En bref…

Je ne peux m’empêcher de souligner les commentaires de Nathalie Lambert, l’une des grandes athlètes en patinage de vitesse sur courte piste à travers les années. Elle se dit extrêmement déçue du comportement de certains athlètes coréens qui bloquent la route à leurs adversaires aux courses à relais, de certains athlètes chinois qui ralentissement volontairement certaines courses pour favoriser leurs coéquipiers, et ainsi de suite. Nathalie n’ose pas critiquer le sport où elle a tellement brillé, elle dénonce seulement le comportement de certains athlètes. Mais c’est exactement là le problème du patinage de vitesse coure piste qui ressemble parfois (souvent?) à du « roller derby ».

Dans La Presse d’hier, le journaliste Simon Drouin, un spécialiste du ski (alpin et nordique) citait le grand Pierre Harvey. Celui-ci disait que « le sport de haut niveau est un univers ultra-compétitif, mais jamais autant qu’aux JO ». Et il ajoutait : « Il y a peut-être 40 gars qui ont gagné une coupe du monde au cours des quatre dernières années. Ces 40 gars-là, ils se disent tous – si je suis chanceux, si je ‘peake’ au bon moment, je peux gagner une médaille olympique. Regardez Erik Guay : il était super hot, tout le monde croisait les doigts. Des Erik Guay et des Alex Harvey (son propre fils), il y en a 50 dans le monde dans chacun de ces sports-là. Il y en a juste un qui va être chanceux »… Puis quand les Jeux sont terminés, c’est toujours Pierre Harvey qui parle : « Que reste-t-il à faire? On va pleurer pendant trois jours, puis on va recommencer! »

C’est la loi du sport de compétition, une loi bien cruelle… mais combien fantastique quand vous repartez des Jeux avec une médaille autour du cou – quelle que soit sa couleur!

À la prochaine…

Deux incroyables médailles d’or pour le Canada

par Alain Guilbert

Le match de hockey féminin pour la médaille d’or disputé aujourd’hui à Sotchi passera sûrement à l’histoire comme l’un des plus extraordinaires de tous les temps… hockey masculin et féminin confondu.

Il restait à peine trois minutes à jouer et les Canadiennes tiraient de l’arrière par deux buts (2 à 0). Le match était à toutes fins utiles terminé et la médaille d’or partie à destination des États-Unis. Mais comme disait le célèbre Yogi Berra à l’époque, « It’s not over till it’s over! » On avait bien ri quand il avait prononcé la phrase qui l’a rendu célèbre, mais c’était pourtant la pure vérité. Les Canadiennes comptent finalement leur premier but. Elles tirent alors de l’arrière par un seul but avec un peu plus de trois minutes à jouer. L’espoir renaît et avec une minute à jouer, Marie-Philip Poulin égalise les chances 2 à 2. C’est l’euphorie à Sotchi, mais aussi dans des millions de « chaumières » canadiennes. L’incroyable vient de se produire. Nos joueuses viennent de réussir l’un des plus grands retours de l’histoire. Les Américaines sont assommées, je dirais même « abasourdies ». Le match s’en va en période supplémentaire et l’incroyable se produit encore une fois. Marie-Philip Poulin compte un autre but qui « nous » donne la médaille d’or. Incroyable… tout simplement incroyable. Nous ne le répéterons jamais assez.

Cette Marie-Philip Poulin, pour ceux et celles qui ont le moindrement de mémoire, avait accompli le même exploit de compter deux buts lors du match de médaille d’or (remportée aussi par les Canadiennes) aux Jeux de Vancouver. C’est la quatrième médaille d’or de suite pour les Canadiennes; elles l’ont obtenue à Salt Lake City (2002), à Turin (2006), à Vancouver (2010) et aujourd’hui à Sotchi (2014).

Trois des joueuses de l’équipe canadienne en étaient aussi à leur quatrième médaille olympique en hockey. Il s’agit (comme vous le savez sans doute) d’Hayley Wickenheiser, de Caroline Ouellette et de Jayna Hefford.

Combien d’athlètes ont gagné des médailles d’or à quatre Jeux olympiques consécutifs différents? Très, très peu. On peut probablement les compter sur les doigts de la main. Je me souviens d’Al Oerter, un Américain spécialisé dans le lancer du disque, qui a réussi l’exploit en 1956 à Melbourne, en 1960 à Rome, en 1964 à Tokyo et en 1968 à Mexico. Il y a eu aussi Carl Lewis qui a aussi réussi l’exploit en saut en longueur à Los Angeles en 1984, Séoul en 1988, Barcelone en 1992 et Atlanta en 1996. Il existe des athlètes qui ont gagné bien plus de médailles d’or au total parce qu’ils pratiquaient des disciplines où ils pouvaient gagner jusqu’à six ou sept médailles d’or dans les mêmes Jeux (comme la natation, le patinage de vitesse). Mais au hockey (comme au lancer du disque et du saut en longueur), il n’y a qu’une seule médaille d’or par Jeux olympiques; ce qui ajoute encore beaucoup de valeur à cette incroyable (je sais que je me répète) équipe féminine de hockey et à ses « vétérantes »!

Reste à souhaiter que la performance de « nos filles » au hockey inspire « nos gars » à répéter l’exploit!

Il faut également accorder beaucoup d’importance à l’autre extraordinaire médaille d’or remportée aujourd’hui au curling par Jennifer Jones et son quatuor. Jennifer Jones a réussi un exploit sans précédent au curling féminin, en gagnant tous les matches sans exception disputés dans le cadre du tournoi olympique (préliminaires, demi-finale et finale). C’est la première fois qu’une équipe féminine réussit un tel parcours « sans faute » depuis l’introduction de ce sport aux Jeux olympiques (qu’il ait été sport officiel ou sport de démonstration). Sans la « skip » Jennifer Jones, le Canada aurait probablement été éliminé il y a bien longtemps. C’est elle qui a porté son équipe au bout de ses bras (ou plutôt de son bras)! C’était un moment attendu depuis fort longtemps. La dernière fois que le Canada avait remporté une médaille d’or en curling féminin remonte aux Jeux de Nagano en 1998, soit il y a 16 ans. L’équipe canadienne de l’époque était dirigée par la très grande Sandra Schmirler, qui s’était emparée de l’or olympique après avoir remporté deux championnats du monde. Son exploit lui avait valu à elle et son quatuor d’être choisi l’équipe de l’année au Canada en 1998 par la Presse canadienne. Schmirler s’était attiré l’admiration de tous les Canadiens à la suite de son exploit. Mais elle devait décéder deux années plus tard, soit le 2 mars 2000, à la suite d’un cancer très agressif. Elle n’avait que 36 ans, mais elle est passée à l’histoire comme l’une des plus grandes athlètes canadiennes de tous les temps. Sans aucun doute, Jennifer Jones, qui comptait déjà un championnat canadien et un championnat du monde avant sa médaille d’or d’aujourd’hui, rejoindra Schmirler comme l’une des plus grandes du sport canadien.

En passant, pour ceux et celles qui auraient tendance à croire que le curling n’est pas un vrai sport, je vous invite à disputer un ou deux matches pour votre plaisir. Si vous réussissez à placer une pierre dans la « maison » ou si vous réussissez à faire dévier la trajectoire d’une pierre en balayant la glace devant la pierre, faites-le-moi savoir. Je ne m’attends pas à recevoir beaucoup d’appels! Incidemment, le curling n’a pas toujours eu la vie facile comme discipline olympique. Il est apparu aux premiers Jeux d’hiver de l’histoire en 1924 à Chamonix, avant de subir une longue éclipse jusqu’en 1932, puis il est encore une fois disparu du programme. Il est revenu comme sport de démonstration en 1988 à Calgary et en 1992 à Albertville. Ce n’est qu’en 2006 à Turin qu’il est redevenu un sport officiel. Parions qu’il le restera encore longtemps.

En bref…

En faisant le bilan des médailles décernées jusqu’à maintenant aux Jeux de Sotchi, je constate qu’il en manque au moins deux et, ce qui est plus grave, c’est qu’il s’agit de deux médailles d’or, celles qui auraient dû être décernées à Vladimir Poutine et à Marcel Aubut pour leur performance respective « en culture de leur image de soi »!

Qu’est-ce qui va le plus vite aux Jeux olympiques d’hiver. L’équipe de Radio-Canada a réalisé cette recherche et en est arrivée aux résultats suivants : en patinage de vitesse, longue piste, on peut obtenir des vitesses tout près de 50 km/heure et ainsi de suite en passant par de nombreux sports jusqu’au ski alpin (épreuve de descente) où on peut atteindre plus de 160 km/heure. Mais il y a quelque chose de plus vite encore. Non, ce ne sont pas des athlètes qui atteignent cette vitesse supérieure à 180 km/heure, mais les rondelles projetées par lancers frappés au hockey sur glace. Je présume qu’on a mesuré le lancer de Shea Weber!

J’ai mentionné à quelques reprises que les joueurs canadiens (et cela vaut aussi pour les joueurs américains) avaient de la difficulté à s’adapter à la dimension des patinoires européennes par rapport aux patinoires nord-américaines. Quelqu’un m’a demandé quelle était la différence entre les deux. Alors voici : les dimensions des patinoires nord-américaines sont généralement de 200 pieds de longueur par 85 pieds de largeur (soit 17 000 pieds carrés). Les dimensions des patinoires européennes mesurent généralement 210 pieds en longueur et 98 pieds en largeur (soit 20 580 pieds carrés), une différence énorme de 21 %. Une autre différence, moindre celle-là, se situe au niveau de la ligne des buts qui est à 11 pieds de la bande en Amérique du Nord et à 13 pieds de la bande en Europe. Résultat net de ces différences, c’est que les joueurs canadiens et américains ont de la difficulté à pratiquer le jeu d’accrochage qui est à la base de leurs succès dans la Ligue nationale.

À la prochaine…