Emprunt du latin : partout, n’importe où

La recherche du nom était importante, mais elle était aussi secondaire à cette étape du développement. Nous préparions toujours le lancement, prévu au départ pour novembre 1993. La conférence de presse se fera aussi par liaison satellite, à cause des besoins de Hearst Corporation à ses bureaux de New York.

Nous avions déjà dressé la liste des invités de marque et l’idée était d’éviter la carte politique et de s’en tenir à la carte commerciale ou société d’État. Au moment du lancement, notre « nouveau » ministre responsable viendrait brouiller les cartes, au grand déplaisir de tous les partenaires. (J’ouvre une parenthèse. Le 25 octobre 1993 avait chambardé le paysage politique à Ottawa. Jean Chrétien et ses libéraux avaient donné une leçon à la première ministre progressiste-conservatrice sortante Kim Campbell, en poste depuis le 25 juin précédent. Les Canadiens avaient élu 177 députés libéraux, 54 du Bloc québécois et l’Opposition officielle, alors que le Parti réformiste en faisait élire 52 et le NPD 9. Il ne resterait que deux conservateurs et un député indépendant.) J’y reviendrai.

Au départ, le lancement devait se tenir aux studios de Télé-Métropole le 18 novembre à 11 h. Télé-Métropole, le cœur du réseau TVA, était la propriété de Vidéotron depuis 1987 et en 1992, Télé-Métropole, donc Vidéotron, avait pris le contrôle du nouveau Groupe TVA. Ce ne sera qu’en 2000 que Quebecor se portera acquéreur de Vidéotron et par ricochet, l’année suivante, obtiendra l’aval pour le Groupe TVA. Quoi qu’il en soit, le réseau TVA n’était pas, en soi, un partenaire du consortium, mais un diffuseur comme les autres dont le signal ferait nécessairement partie de l’offre de services. GemPlus était un partenaire technologique et ferait évidemment partie des invités de marque, au même titre que Vidéoway Communications.

À notre réunion du 29 octobre, à Montréal, nous discutons de divers préparatifs, dont la production d’une vidéo promotionnelle par nulle autre que Pixar, moins connue à l’époque qu’aujourd’hui. Et nous lançons en l’air d’autres idées de noms : Top Télé, Immédiat, Merlin, Sesame, Passsages, Odyssey, Téléroute, Agora, In-Touch… des propositions précédentes qui avaient retenu l’attention. Une semaine plus tard, d’autres noms circuleraient par téléphone : TéléRoute, Viatel, I-D, Immédiate, Hamlet, ClienTel, MédiaRoute… Toujours rien d’intéressant. (Ce même 4 novembre 1993, nous apprenons que notre nouveau ministre responsable est le député d’East Richmond, au Cap Breton, David Dingwall. Je précise le lieu d’origine parce que cela aura une certaine importance dans une autre histoire que je vous raconterai plus tard.)

Les dates de lancement de novembre sont annulées, à cause du trop grand nombre d’absents. Des neuf dates suggérées en novembre, rien ne va. L’option est d’organiser le tout pour la mi-janvier. Entre temps, Odessa continue et trois architectes de système y travaillent assidûment. Quant aux choix de noms que nous avions retenus, aucun n’est disponible selon les recherches du groupe Geyser (Cossette Communications) à qui nous avions confié le mandat.

Des partenaires sont mécontents contre Postes Canada. Georges Clermont, le président-directeur général, et André Malo, le vice-président responsable du Québec, auraient présenté une vidéo sur Odessa à un groupe de visiteurs, ce qui était beaucoup trop prématuré. La Commission des valeurs mobilières est très exigeante en matière d’annonces publiques pour des entreprises cotées en bourse. Pas moins de 45 fournisseurs de services, déjà identifiés, attendaient eux aussi la confirmation de la nouvelle afin de se préparer adéquatement à leur participation.

Pour Postes Canada, le partenariat procure déjà certains avantages de marketing. Ainsi, le 10 décembre 1993, André Chagnon, le président de Vidéotron et inspirateur du consortium, visite le Centre national de contrôle (l’ancien)… et il est accompagné d’une équipe de Télé-Métropole.

Le 20 décembre, dans les bureaux de Loto-Québec cette fois, il faut prendre une décision. Les noms suggérés : ubi, avantel, virtuo et amio. La liste devient plus courte. J’aime bien « ubi », un emprunt à l’adverbe latin « ubique » qui veut dire partout, n’importe où… une belle description de ce que doit être le nouveau service interactif. Mais à mesure que la date du lancement approchait, les complications commençaient à se manifester…

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