Vous voyez… on va concurrencer Purolator

Décidément, Postes Canada faisait jaser dans le milieu des messageries. Après avoir annoncé qu’elle se portait acquéreur d’une participation majoritaire dans Purolator Courrier ltée, voilà que la société d’État se préparait à lancer sur le marché un tout nouveau produit qui ferait concurrence directe à Purolator, « son » entreprise, et les autres grands joueurs de l’industrie.

« Moins cher que les messageries; plus rapide que la poste. » Le nouveau produit serait lancé avec tambours et trompettes le 27 septembre 1993 et s’appellerait « Xpresspost »… en compétition directe avec le produit supérieur de Postes Canada… les Messageries prioritaires. C’en était assez pour nous tenir occupés pendant un certain temps aux relations avec les médias de Postes Canada et le groupe de marketing aurait les mains pleines.

Mais c’était intéressant pour Postes Canada dans le contexte des audiences publiques de l’Office des transports du Canada qui étudiait sa proposition d’achat de 75 p. cent du Purolator. C’était la preuve que Postes Canada souhaitait la concurrence et qu’elle gérerait sa nouvelle société affiliée comme une entreprise indépendante en compétition avec la société mère.

Le nom Xpresspost n’aurait pas d’équivalent français parce que les dirigeants avaient décidé que ce n’était pas un nom anglais non plus, donc il n’était pas nécessaire de le traduire. J’avais rapidement compris que je perdais mon temps à vouloir franciser le nom du nouveau produit… suffirait de le prononcer à la française, avec un e final invisible. J’aurais plus de chance plus tard avec d’autres nouveaux produits et d’autres initiatives. J’y reviendrai.

Entre temps, je reviens à mes moutons. Xpresspost offrirait des caractéristiques moins importantes que celles des Messages prioritaires (en passant, ce dernier produit existe toujours et se nomme Priorité). Il y aurait confirmation de livraison, mais pas de pistage et repérage (ce qui changera avec le temps). Nous anticipions un marché de 300 millions d’articles, dont les trois quarts proviendraient du marché de la poste traditionnelle (achat à un cran supérieur) et le quart serait du marché des messageries (achat à une gamme, en dessous).

Les envois de documents représenteraient 92 p. cent des articles et les paquets, 8 p. cent. Par exemple, si un envoi par Messageries prioritaires coûtait 10 $, le même envoi par Xpresspost coûterait 5,50 $ mais avec des caractéristiques moindres bien entendu. Le marché des petits colis était important; neuf envois sur dix étaient du commerce interentreprises, alors que l’autre était d’entreprises aux consommateurs. Les recherches avaient démontré que 20 p. cent du volume du courrier pour livraison le lendemain n’avaient pas réellement besoin d’être livrées le lendemain. Xpresspost visait justement cette clientèle.

Je pourrais m’éterniser longtemps sur le lancement de ce produit devenu aujourd’hui un des plus populaire de Postes Canada et dont le modèle aura servi à développer un autre service essentiel à l’ère du cybercommerce – un mot qui n’existait pas lors du lancement de Xpresspost – soit les Colis accélérés. Si vous avez suivi les récentes annonces de la société sur ses plans d’avenir et ses nouveaux modèles de livraison, vous aurez compris que ces plans sont la conséquence logique des démarches qui avaient été entreprises par la création de Xpresspost.

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