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De ces choses que l’on n’oublie pas

Je signe un reportage dans l’édition du 4 décembre 1969 du journal Le Carillon. J’en parle parce qu’après toutes ces années, c’est un texte que je n’oublierai sans doute jamais… surtout à cause des réactions qu’il a entraînées.

Nous sommes en pleine périodes des Fêtes et, comme la plupart des journaux le font, il est de mise de publier une histoire qui fait réfléchir à tout ce que la vie nous réserve de bon… ou de mauvais. En collaboration avec le Service social de Prescott-Russell et la Société de l’aide à l’enfance, je rencontre une mère de cinq enfants qui vit dans des conditions exécrables à Chute-à-Blondeau, mon village natal. Ce ne sont pas toutes les mères qui veulent étaler ainsi leur misère à la vue de tous.

Je me souviens des cinq enfants, leurs regards, leur bonne humeur innocente. Je décris leur logis de trois pièces qui « constitue l’exemple typique des conditions de vie que connaissent nombre de familles de la région de Hawkesbury et des comtés unis. La rue qu’habite la famille compte d’ailleurs plusieurs cas semblables ». Leur loyer : 25 $ par mois; l’eau provient du puits d’un voisin. « Les logis qui peuvent accommoder une femme et cinq enfants sont presque inexistants. » La mère « continue à espérer dans la Providence, croyant dans la bonté des gens et acceptant l’aide de qui veut en lui offrir ». Voilà pour l’article, que j’avais accompagné de photos bien entendu.

Et voici pour les résultats dans l’édition du 11 décembre.

Dès la parution de l’article, des gens démontraient leur générosité. Un citoyen d’Alfred attire l’attention de la Société d’aide à l’enfance sur la disponibilité d’une maison vacante. Ce même citoyen offrait même de recevoir cette famille chez lui pour fêter Noël. Une autre personne offre un téléviseur et une antenne réceptrice. D’autres donnent des lits, des boîtes de vêtements, de la nourriture, des ustensiles de cuisine et d’autres objets d’usage courant. J’aurais aimé revoir cette famille et voir ce qu’il était advenu de ces enfants. L’article identifiait la famille et les enfants, mais 42 ans plus tard, je préfère ne pas le faire dans mon blogue.

Je savais, bien sûr, quelle influence pouvait exercer un tel article auprès de la population. Malheureusement, les réactions n’ont pas toutes été positives. La semaine suivante, un lecteur dont je tais le nom me reproche d’avoir utilisé Chute-à-Blondeau et décroche de nombreuses flèches à l’endroit de familles comme celle que j’avais décrite. Il écrit même, en commentant le départ prochain de cette famille pour sa nouvelle maison : « À ceux-là, nous disons bon voyage ». Son message : il n’y a pas de place à Chute-à-Blondeau pour des pauvres et « ces éternels voyageurs qui déménagement de lieu en lieu sans jamais se fixer ». Il va sans dire que je l’ai encore sur le cœur après toutes ses années. Heureusement, un autre lecteur nous félicite pour l’article et rend hommage à tous ceux qui sont venus en aide à la jeune famille.

Cet épisode m’avait convaincu, somme toute, que j’avais choisi le bon métier. Il offrait l’occasion de changer les choses, d’améliorer le sort des citoyens. Je n’ai jamais regretté mon choix. Et les critiques imbéciles? Cela venait avec le territoire. J’en ai eu énormément pendant mes 22 années de carrière, mais les remerciements et les compliments sont venus en aussi grand nombre. On m’en parle encore d’ailleurs.

Bonne fête du Canada!

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ANIK nous rendra tous bilingues au Canada

Bizarre! Dans Le Carillon du 27 novembre 1969, on parle du premier satellite de communications artificiel que lancera le Canada en 1972. On le baptisera ANIK… « frère » dans la langue esquimaude.

Pour Erik Kierans, ministre des Communications dans le cabinet Trudeau, « ANIK est peut-être la clé de voûte de l’unité canadienne, l’instrument qui fera que le Canada deviendra une nation bilingue ». C’est ce qu’il avait affirmé à des francophones du sud de l’Ontario en tout cas. Il semble que Kierans avait traversé les nuages avant le satellite!

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Bernard H. Bougie est agent de relations extérieures au service des Postes et il est invité du club Optimiste de Hawkesbury. Il était sans doute sincère en parlant des plans des Postes. « Afin de réduire les dépenses inutiles, le ministère des Postes est à fusionner les routes rurales et à fermer tous les bureaux de poste qui ne sont pas rentables, soit ceux dont les revenus annuels s’élèvent à moins de 1 000 $ et qui desservent moins de 30 familles. Le quart, en effet, de nos 10 000 bureaux de poste font moins de 450 $ par an. »

Bougie expliquait que cette réforme s’inscrivait dans le cadre de la commission d’enquête Montpetit de 1966, surtout en ce qui trait aux conditions de travail des employés. « Les employés des postes étaient en effet trop souvent considérés comme des boucs émissaires; pendant des années ils ont réduit le déficit de l’ancien ministère des Postes, en acceptant des salaires insuffisants et des conditions de travail dépassées. » C’était l’affirmation de Bougie.

Les années futures allaient démontrer le contraire, surtout avec le moratoire sur la fermeture des bureaux de poste imposé par les libéraux de Chrétien en 1994 et renouvelé par les conservateurs de Harper il y a quelques années, et les récents événements brossent un tout autre portrait que celui de 1969. Et en passant, alors que Bougie affirmait l’intention de fermer des bureaux de poste, le député Viateur Ethier continuait à en faire construire dans sa circonscription de Glengarry-Prescott-Russell.

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« Nous ne voyons pas l’autre qui s’ouvre »

Ce peut paraître anodin, mais ce petit paragraphe a retenu mon attention dans l’édition du journal Le Carillon du 20 novembre 1969. Larry Holtby était le gérant régional des opérations de Bell Canada dans le secteur de Hawkesbury et il signait une « chronique publicitaire » hebdomadaire dans le journal. Cette fois, il cite Alexander Graham Bell, après avoir signalé qu’à la fin de 1969 aux États-Unis, il y aura eu trois billions de conversations téléphoniques. Cette citation : « Quand une porte se ferme, une autre s’ouvre, mais nous nous attardons si longuement à regretter celle qui s’est fermée que nous ne voyons pas l’autre qui s’ouvre. » Voilà! Attention aux portes autour de vous!

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Tiens, tiens, ça non plus n’a pas toujours existé. Ainsi, on apprend qu’à compter du
1er décembre 1969, « tous les automobilistes du Canada, sauf ceux du Québec, devront laisser analyser leur haleine… si la police les soupçonne d’avoir trop bu pour conduire leur auto ». C’était donc l’arrivée de l’ivressomètre, qui allait transformer les sorties du vendredi et du samedi soir pour toujours. Les policiers en Ontario disposent déjà de 83 ivressomètres pour appliquer la nouvelle loi. « Un amendement au Code criminel prévoit une amende de 1 000 $ ou six mois de prison pour les conducteurs qui refusent de se soumettre aux tests. »

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Le préfet de Hawkesbury, J.-Lomer Carrière, insiste pour que la ville accepte l’offre d’Hydro-Ontario de lui vendre la Grande Île pour la somme nominale d’un dollar. La Grande Île est un immense terrain de près de 100 acres situé en face de l’île du Chenail dans la rivière Outaouais. Carrière y voit déjà un parc public et même un jardin zoologique. La ville acceptera bien sûr l’offre d’Hydro-Ontario. Au fil des années, plusieurs idées novatrices ont été proposées pour le Grande Île, mais en 2011, rien n’a encore été fait pour la rendre accessible et la développer en attraction touristique importante. J’y reviendrai parce qu’autre maire, plus tard, avait eu de bonnes idées pour cette île.

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Le succès d’une industrie locale… en 1969

Avec toutes les manchettes entourant l’arrivée de nouvelles industries, la présence d’une entreprise créée par deux hommes d’affaires de Hawkesbury au printemps de 1967 ne soulevait pas l’attention. GMP Associates (General Magnetic Products), propriété de René Quesnel et Lomer Carrière, emploie maintenant 80 employés et rapporte un chiffre d’affaires de plus de 600 000 $. Huit vendeurs représentent la compagnie de pièces d’équipement électronique destinées à l’usage industriel, dans plus de 25 états américains. Il est en question dans l’édition du 20 novembre 1969 du journal Le Carillon.

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Un entrefilet dans l’édition du 20 novembre à l’effet que le maître de poste de Hawkesbury et son adjoint, respectivement Roger Mayotte et Jean-Paul Yelle, suivront un cours de perfectionnement donné à Ottawa par le ministère des Postes. J’en parle parce que Roger et Jean-Paul travaillaient maintenant tous deux au siège social de Postes Canada, devenue alors société d’État, lorsque j’y suis entré aux communications en 1987.

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Ça me fait rire en rétrospective. Un texte dans l’édition du 20 novembre 1969 du journal Le Carillon. Il y est question d’un commentaire du chef libéral ontarien Robert Nixon lors d’une assemblée de l’Association libérale de Prescott et Russell, à Plantagenet. Devant 200 partisans, Nixon déclare que « le système d’éducation est la principale cause du manque de bilinguisme chez les anglophones ontariens ». La question est pertinente parce qu’il y avait eu récente controverse après l’embauche de deux unilingues anglophones comme médecin-hygiéniste de l’Unité sanitaire de l’Outaouais et du St-Laurent d’une part, et comme directeur du Service d’évaluation régional d’autre part. Le nouveau président de l’Association, Marcel Bourgon, y était allé lui aussi de ses reproches quant à la nomination d’administrateurs bilingues. L’article conclut en précisant que « M. Nixon a glissé quelques mots en français au début de sa conférence, tandis que M. Bourgon a exprimé ses opinions en anglais. Les quelques 200 partisans libéraux présents étaient des Franco-Ontariens ». Ça frisait le commentaire éditorial.

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Une loterie à Hawkesbury? Il n’en est pas question.

Le maire Victor Bruneau est catégorique : il n’est pas de question de loterie à Hawkesbury pour renflouer les coffres municipaux. On en parle dans l’édition du 16 octobre 1969 du journal Le Carillon. Le maire faisait référence aux villes de Montréal et de Sherbrooke, au Québec, et à leur système de « taxe volontaire », qui était très populaire auprès des résidants de Hawkesbury et de la région. Il y a même eu quelques articles pour parler de ceux et celles qui avaient une chance de gagner un gros lot.

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Dans l’édition du 23 octobre, on apprend que la société Empire Bentwood Industries Inc. investira un million et demi pour s’installer à Hawkesbury et créer une centaine de nouveaux emplois. À son usine de Hawkesbury, Empire Bentwood produira des chaises destinées aux hôtels, motels et autres édifices publics. Empire Bentwood est une nouvelle entreprise formée d’intérêts canado-américains. Elle a fermé ses portes depuis longtemps.

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La rumeur circule et Le Carillon du 6 novembre 1969 en parle brièvement. Il s’agirait de la construction d’une fonderie dans le canton de Longueuil qui créerait éventuellement 200 emplois. Personne ne veut parler. En fait, plus tard, l’usine était en construction et personne ne voulait confirmer son existence. J’y reviendrai.

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La situation est courante aujourd’hui : quand les contraintes de production l’exigent, des employés sont mis à pied. À Hawkesbury, la nouvelle usine de Duplate Canada vient à peine de commencer ses opérations. Dans l’édition du 13 novembre 1969 du journal Le Carillon, on apprend que 54 employés sont mis à pied, trois semaines après leur embauche le 14 octobre. Le président du syndicat, William Lymett, avait mentionné que « l’embauche d’une troisième équipe de travail n’était pas indispensable et que les mises à pied devenaient donc inévitables ». Le problème est que plusieurs avaient quitté de bons emplois ailleurs, croyant en la stabilité de la nouvelle usine et donc de leurs nouveaux emplois. « Mais la grande cause, dans tout ceci, d’expliquer le directeur de l’usine, John Clarke, est simplement la situation naturelle du marché de l’automobile, dont une entreprise comme la Duplate ne peut que suivre les mouvements. » Ce sont les mêmes arguments qui ont amené la fermeture définitive de l’usine l’an dernier.

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La saga est terminée et toute contestation devient futile. Le Carillon du 20 novembre 1969 rapporte la décision du comité des écoles publiques du Conseil d’éducation de Prescott et Russell de construire la nouvelle école publique à Pleasant Corners comme c’était son souhait en 1968. L’école devrait ouvrir ses portes au début de 1971. Le terrain acheté était beaucoup trop important pour les besoins de l’école, l’une des principales raisons de la controverse avec le fait qu’elle serait située trop loin de Hawkesbury, où était située l’école que cette nouvelle construction remplacerait.

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La remise en question de la justice

Vous me verrez venir… Dans l’édition du 9 octobre 1969, Paul Huneault (Marcel Desjardins) écrit un billet dans lequel il soutient qu’il est sain de remettre la justice en cause. Il fait référence à la décision du 24 septembre de la Cour d’appel du Québec de maintenir « l’appel de Pierre Vallières et ordonne la tenue d’un nouveau procès dans le cas de ce Felquiste accusé du meurtre de Mlle Thérèse Morin, tuée par l’explosion d’une bombe à l’usine La Grenade, le 5 mai 1966, dans la Métropole ». Nous sommes à une année de la notoire Crise d’octobre 1970.

Le lendemain de cette décision, le solliciteur général du Canada, George McIlraith, publiait un volumineux rapport sur la réforme pénale et correctionnelle du pays. Huneault traçait un parallèle entre deux faits qui « nous rassurent quelque peu sur la justice en terre canadienne ». Et il ajoute : « Il est sain dans une société, cela va surtout de soi dans une société démocratique, de remettre en cause la justice, l’appareil judiciaire et le rôle des hommes qui font fonctionner cette machine parfois lourde. »

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Les temps ne changent pas dans la LNH. Dans l’édition du 9 octobre 1969, Daniel McKale consacre sa caricature à l’ouverture prochaine de la saison du hockey. Il y montre deux joueurs en train de se battre étendus sur la glace. Sa caricature est toujours d’actualité.

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Toujours dans l’édition du 9 octobre 1969, un texte explique que onze municipalités dans Prescott et Russell ont accusé une baisse de population totalisant 387 personnes en 1969. Par contre, à l’échelle des comtés, on a inscrit une hausse de 66 habitants, soit 42 437 comparativement à 42 371 en 1968. C’est quand même 562 de moins qu’en 1967.

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Côme Charbonneau, de L’Orignal, devient le président de l’Association Lacordaire du diocèse d’Ottawa, un mouvement qui regroupait alors un total de 722 membres et qui était manifestement en voie d’extinction. Charbonneau avait rappelé que « le Lacordaire doit être un apôtre laïc dont le rôle est d’aider les alcooliques, les jeunes en particulier, à vaincre leurs tendances à la boisson et à faire de ces malades impuissants d’autres apôtres ». Autres temps, autres mœurs.

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St-Cœur-de-Marie est vendu… le Centre Maria ferme

Dans son édition du 18 septembre 1969, Le Carillon rapporte que les Servantes du Cœur-Immaculé-de-Marie ont offert de vendre l’hôpital St-Cœur-de-Marie aux Sœurs de la Charité d’Ottawa, déjà propriétaires de l’hôpital Notre-Dame, également situé à Hawkesbury. La vente n’est pas conclue, mais il est évident que les Servantes veulent se départir de leur hôpital. Par contre, le Centre Maria, un « foyer d’accueil pour les filles-mères », ne ferait pas partie de la transaction étant donné qu’il ne s’agit pas d’une œuvre des Sœurs de la Charité.

Le Centre Maria remontait au 5 mai 1938 et un peu moins de 2 000 jeunes filles-mères y ont séjourné pendant toute cette période. Ce foyer avait été élargi en 1956 pour devenir l’hôpital St-Cœur-de-Marie, une institution réservée exclusivement aux femmes pendant plusieurs années. Quant à l’hôpital Notre-Dame, les Sœurs Grises de la Croix comme étaient alors connues les Sœurs de la Charité, il remonte à 1927, une fois que l’ancien hôtel Lion d’Or a été converti en centre hospitalier; une annexe avait été aménagée en 1954.

La vente est confirmée dans l’édition du 20 novembre. Dans cette même édition, on confirme aussi la fermeture du Centre Maria. On tournait la page sur un important chapitre de l’histoire des soins hospitaliers à Hawkesbury. L’hôpital Notre-Dame est fermé depuis les années 70 et St-Cœur-de-Marie a été transformé en manoir pour personnes âgées plusieurs années après sa fermeture comme hôpital. Le nouvel Hôpital général de Hawkesbury avait été construit entre temps.

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Voilà, la décision est finalement prise. Dans l’édition du 25 septembre 1969, on apprend que l’UCFO, soit l’Union catholique des fermières de l’Ontario, n’existe plus; elle devient l’UCFO, soit l’Union culturelle des Franco-Ontariennes. Même sigle, nom différent. Le débat autour du nouveau nom avait été « la cause de violentes controverses ». Ainsi, les cercles locaux de Chute-à-Blondeau, Curran, Fournier, Plantagenet, St-Bernardin, Vankleek Hill et Ste-Anne-de-Prescott s’étaient retirés au mouvement provincial et régional en guise de protestation et avaient conservé l’ancien nom (l’UCFO). À ne pas confondre bien entendu avec la troisième UCFO : l’Union des cultivateurs franco-ontariens. Oui, je sais, c’est mêlant! Imaginez les lecteurs à l’époque.

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Dans l’édition du 2 octobre 1969, on apprend la mort d’Eugène Paquette, 83 ans, qui avait été greffier de la ville de Hawkesbury pendant 35 ans, soit de 1913 à 1948 (pendant les deux Guerres mondiales à bien y penser). En 1929, il avait été le premier président de la nouvelle Chambre de commerce de Hawkesbury. Il avait aussi été le directeur de scrutin dans le comté de Prescott au cours de trois élections provinciales. Il était le père d’André Paquette, le propriétaire-éditeur du journal Le Carillon, mon patron à l’époque.

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Un juge promet d’être sévère avec les juvéniles

Dans l’édition du 11 septembre 1969 du journal Le Carillon, un article consacré à des déclarations du juge Jean-Louis Cloutier, de la Cour provinciale, division familiale. Cloutier « s’est promis d’être très sévère à l’endroit des jeunes qui enfreindront les lois et des adultes qui ne respecteront pas les clauses de la loi se rapportant aux juvéniles ». Il se référait précisément aux règlements de la route, sur la vente des cigarettes aux juvéniles, le couvre-feu et le travail des juvéniles. Pour ce qui est de la route, il parle du problème des bicyclettes et des jeunes cyclistes qui enfreignent les lois régissant leur utilisation.

Et quant au couvre-feu, j’avais oublié qu’il y avait une loi à cet effet à l’époque. « Un jeune homme de moins de 16 ans, c’est-à-dire un juvénile, ne doit pas être sur la rue après 22 heures, à moins d’être accompagné de ses parents. » L’article ne précise pas pourquoi il se référait particulièrement à « un jeune homme »; j’imagine que cette loi s’appliquait autant aux jeunes filles.

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Paul Huneault (Marcel Desjardins) titre sa rubrique du 11 septembre : « Le cancer de l’anglicisation fait son œuvre ». Il écrit : « Un fait est passé inaperçu dans l’activité de la rentrée scolaire en Ontario. Un peu partout en Ontario, dans le sud surtout, les parents francophones ont oublié de se prévaloir de leurs droits et ne réclamaient pas toutes les classes francophones auxquelles ils ont droit. Plus près de nous, au Collège Algonquin, à Ottawa, les élèves francophones de l’Est de l’Ontario, des comtés de Prescott et Russell, comme des comtés d’Ottawa fermaient les yeux sur les cours offerts en langue française pour s’inscrire aux cours dispensés en langue anglaise. » La Cité collégiale n’existait pas encore bien sûr.

Huneault notait d’ailleurs que la Loi sur les langues officielles était en vigueur au Canada depuis le dimanche précédent. Il rappelait aussi que le projet de loi 140 de l’Ontario conférait « aux francophones des droits chèrement gagnés et revendiqués par quelques générations ». Huneault se demande également « si les tenants du statu quo de l’École secondaire régionale de Hawkesbury n’ont pas raison et s’il ne faut pas, sous le prétexte de mieux, de toujours mieux parler la langue de Shakespeare, pour monter, pour toujours monter plus haut dans l’échelle sociale, il ne faut pas accepter de se laisser angliciser à petits feux. » La question était posée en 1969.

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La sempiternelle route du nord… reportée encore une fois

Ah! Cette route du nord à Hawkesbury fait encore couler de l’encre. Cette fois, dans l’édition du 11 septembre 1969, c’est le Conseil municipal qui se donne un nouveau délai. « La première phase des travaux qui doit être complétée à la fin de 1971, prévoit que la route du nord se poursuivra de l’intersection des rues Principale-Ouest et McGill jusqu’à la rue John, tandis que la seconde phase, dont le parachèvement est prévu pour 1986, prévoit le prolongement de la route de la rue John à la rue Cameron dans l’est de la ville ».

La nouvelle route devait porter le nom de « boulevard du Chenail ». Je crois avoir déjà mentionné que ce projet d’envergure avait même été discuté quand je siégeais du Conseil de Hawkesbury de 1985 à 1988. Il a fallu attendre quasiment 30 ans pour la première phase et il est fort probable que la deuxième phase ne verra jamais le jour. Il n’en est même plus question en 2011.

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Dans cette même édition, un long article soulève la pertinence de l’embauche d’un directeur des loisirs à Hawkesbury. La question refait surface « à la suite de l’expulsion du Club des jeunes du local qu’il occupait depuis deux ans au sous-sol du Centre Guindon ». Fait intéressant, le président fondateur de ce Club des jeunes était René Berthiaume, aujourd’hui maire de Hawkesbury.

En se référant à cet éventuel directeur des loisirs, Berthiaume affirmait que « cet homme devrait être capable de se mêler à tous, autant les jeunes que les adultes, autant ceux qui portent les cheveux longs que ceux qui les aiment courts. Il doit être à même de se faire accepter de tous et, surtout, de combattre les préjugés que les adultes entretiennent au sujet des jeunes. Car les adultes de Hawkesbury sont portés à nous juger trop rapidement sur notre aspect extérieur ». L’éditorialiste Jean-Robert Danis, dans la page voisine, aborde le même thème et conclut que la dépense qui serait occasionnée par une telle embauche « apparaît toutefois plus que justifiée ». Daniel McKale en fait l’objet de sa caricature. J’y reviendrai.

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Carnets de voyage : Mer Baltique – 3 au 13 juin 2011 (Dernière partie)

Cette croisière en mer Baltique était à bord du navire Norwegian Sun. L’aventure nous a amenés à Berlin, Helsinki, Saint-Pétersbourg, Tallinn et Stockholm. Deux jours ont été passés en mer. Notre port de départ et d’arrivée était à Copenhague.

11 juin – C’est devenu le « running gag », nous apportons le soleil avec nous. La croisière est essentiellement terminée et nous avons eu 15 minutes d’averse locale à Berlin et quelques gouttes devant l’église du vieux Tallinn.

Au port de Nynäshamn, à 45 km de Stockholm, le navire jette l’ancre et nous prenons les « canots motorisés » de 120 passagers pour nous rendre au quai. Linda Nillson, notre guide suédoise aux cheveux noirs et au sourire facile, nous amène dans le vieux Stockholm historique, devant le palais du roi. Le Stockholm médiéval nous rappelle Sienne et Malte et autres villes anciennes riches d’histoire et d’architecture. Nous aurions aimé y passer quelques jours, comme à Florence.

Il y a cette histoire d’un prince ou d’un roi (je me souviens vaguement de tous les détails) qui aurait fait massacrer des ennemis en leur coupant la tête. Le sang aurait coulé dans les rues en pente. Une bâtisse de quelques étages a des pierres blanches et chacune représenterait une victime, selon la légende.

Dans une boutique, je parle hockey avec le proprio. Il me dit que Vancouver mène 3-2 contre Boston. Il prend pour Vancouver à cause de ses compatriotes (les jumeaux Sedin) qui y jouent. Je lui parle de Daniel Alfredsson. Je pense qu’il connaît plus la LNH que moi. Nous avons bien ri. J’avais totalement oublié que la finale de la LNH avait lieu pendant notre croisière. En fait, nous sommes ignorants de l’actualité canadienne depuis une semaine.

Stockholm est une superbe ville. Elle aussi bâtie autour de l’eau à la manière de Saint-Pétersbourg. La ville est aménagée sur 14 îles et 74 points les relient entre elles. J’ai rempli ma carte mémoire de 2 go en visitant le musée consacré au vieux navire de guerre Vasa de 1628 et sorti de l’eau en 1961. L’épave avait été découverte en 1954 et la Suède y a même affecté sa marine pour la récupérer. Il faut dire que son état de conservation relevait du miracle.

Nous jasons un peu avec un couple de Vancouver (lui a 84 ans et elle, 79); ils n’en ont pas l’air. Le duo s’arrête à Londres quelques jours (dans leur appartement à temps partagé) avant de retourner chez eux.

Nous avons de beaux souvenirs pour tout le monde. Hier soir, je me suis trouvé un nouveau bracelet pour remplacer celui que j’avais perdu à l’aéroport d’Amsterdam après la fouille de sécurité.

Devant notre balcon, un centre de distribution/réception de biogaz. Je pense que c’est le genre de terminal que l’on veut construire à Cacuna, près de Rivière-du-Loup, mais je n’en suis pas sûr. Nous partons tantôt pour Copenhague où nous arriverons très tôt lundi matin. On nous a livré notre paperasse de débarquement. Norwegian est bien organisé.

12 juin – Petit-déjeuner ce matin avec notre couple de Vancouver d’hier. Deux enseignants à la retraite. La dame, plutôt verbomotrice, nous parle de ses cinq enfants, mais insiste sur le dernier, Owen Taylor, élève de la prestigieuse Julliard School of Music à New York. Il aurait même tenu un rôle dans « Cats » sur Broadway. Il ne joue plus aujourd’hui, mais son fils de 15 ans, Jacob Giovanni Taylor, serait lui-même soprano et violoncelliste. Il aurait chanté avec le Metropolitan Opera, selon sa grand-mère. Histoire intéressante racontée avec passion. Un des couples mal engueulés de Saint-Pétersbourg, des New-Yorkais, se joint à la conversation. Les deux ont confondu, qui était le mari de qui et la femme de l’autre… pourtant!!!

Pedro, le directeur du divertissement de la croisière, nous dit qu’il y a 500 jeunes sur le navire et que grâce aux programmes et à l’équipe qui leur sont réservés, c’est difficile à croire qu’il y en a autant. Ce sont plutôt les cheveux gris qui retiennent l’attention, sans doute parce que ceux qui les portent sont plus lents et donc plus visibles!!!

Cet après-midi, en mer, des centaines et des centaines d’éoliennes des deux côtés du navire. L’énergie éolienne est extrêmement présente en région baltique. Je n’en reviens toujours pas de l’importance du trafic maritime en Baltique. Il faudra que je renseigne davantage. Au casino du navire, ça sent de plus en plus la fumée.

Cet après-midi, des membres de l’équipage nous ont présenté leurs talents au Stardust. Quelques très belles voix. Un gars des Philippines nous présente des tours de magie. Nous ne savons pas où a bien pu passer le long ballon de trois pieds qu’il a avalé un pouce à la fois.

Toute la journée, la mer était d’un calme reposant et il faisait juste un peu frais à l’extérieur. Mes pantalons courts, ma chemise à manches courtes et mes sandales contrastaient avec tous ceux et celles qui s’étaient emmitouflés… sans doute des Américains de la Floride ou de la Californie (il y en avait plus d’un à bord). Personne n’utilise la piscine, mais quelques braves sont dans les bains-tourbillon où l’eau est tenue à 104 degrés Fahrenheit.

13 juin – Le débarquement s’est fait en parfaite logistique, mais nous devions attendre plusieurs heures à l’aéroport de Copenhague. D’un point de vue de la vérification de sécurité, c’est là qu’on semble utiliser son meilleur jugement. À Charles-de-Gaulle, nous devons changer de terminal et même prendre la navette sur rail pour nous rendre à notre point d’embarquement. À la vérification des douanes, le vol pour Montréal est traité en même temps que celui pour Ouagadougou. Nous craignons de rater notre vol et la même crainte revient au contrôle de sécurité où le coude de Louise déclenche un tripotage en règle encore une fois. Bien sûr, ma trousse de toilette (que je devais garder avec moi pour le dernier matin sur le navire) éveille des soupçons et je dois tout vider mon sac avec l’agent de sécurité. Au poste d’Air France, plusieurs autres comme nous arrivent à la dernière minute pour l’embarquement. Il a quand même fallu patienter une autre leur pour le décollage du Airbus A380 à cause d’un problème technique. Par ailleurs, puisqu’il y avait une grève des préparateurs de mets chauds à Paris, on nous sert des mets froids… mais c’est bon quand même (foie gras inclus).

Arrivée à Montréal avec une heure de retard… à 14 degrés Celsius… et avec de la pluie. Nous constatons la pluie sur l’écran devant nous étant donné qu’il y a une caméra sur l’aileron vertical de l’A380. Cette caméra capte l’atterrissage comme elle l’avait fait pour le décollage. Impressionnant!

Et c’est ainsi que prend fin un superbe voyage en mer Baltique.