Entre temps, à Postes Canada…

Il n’y avait pas que le projet Ubi qui retenait mes énergies. Postes Canada était et est encore une organisation nationale qui touche chaque Canadien. Cela suppose des millions de regards qui nous épient quotidiennement et, à l’époque surtout, les gens aimaient bien nous critiquer et nous pendre sur la place publique,

Charlie Greenwell, de CJOH, par exemple, m’avait téléphoné le 17 février 1994 pour me questionner sur la présence d’un lave-auto pour les cadres supérieurs dans le garage de la nouvelle Place Postes Canada. Il voulait savoir si les cadres devaient déposer de la monnaie pour le faire fonctionner. Il n’avait pas grand-chose à faire ce jour-là et cherchait scandale, comme c’était son habitude.

À la même époque, d’autres négociations se préparaient, cette fois avec deux syndicats moins gros… l’Association des officiers des postes et l’Association des maîtres de poste et adjoints. Mais les grèves de ces deux syndicats sont plutôt rares. Une grève en régions rurales, autour de la mi-mai, ne ferait pas l’affaire de l’actionnaire. Les négociations se poursuivraient pendant plusieurs mois, comme c’était la coutume.

La Poste suédoise demande au consortium Ubi la permission d’utiliser notre vidéo de promotion. Le concept intéresse fortement cette administration postale scandinave. À Postes Canada, le groupe des langues officielles s’énerve un peu et craint que les services d’Ubi, exclusifs au Québec en premier, ne soient unilingues… L’actionnaire n’aimerait pas ça étant donné que Postes Canada était assujettie, bien sûr, à la Loi sur les langues officielles. Mais les services d’Ubi avaient été conçus pour être bilingues de toute façon. Le 14 mars 1994, j’apprends que mon collègue Réjean Loiseau, le représentant principal de Postes Canada au comité directeur du consortium, a « quitté Postes Canada pour aller chercher d’autres opportunités » (en jargon de la Société… le type a été remercié de ses services). On m’annonce que son remplaçant est un collègue de Québec, Michel Labrèque. Michel et moi tisserions des liens d’amitié qui se prolongeront au-delà de nos retraites respectives 20 ans plus tard.

McIntyre & Dodd Marketing Ltd est une multinationale de marketing par catalogue qui a une succursale à Hawkesbury. Une de mes anciennes journalistes, alors rendue au quotidien Le Droit, Dianne Paquette-Legault, m’appelle pour me demander si la fermeture de cette succursale nuira au bureau de poste de Hawkesbury dont les transactions postales de McIntyre & Dodd représenteraient le quart du volume des colis à Hawkesbury. Au siège social, on m’assure que cela ne changera rien dans l’emploi du personnel local.

Le 7 mars, je reçois un appel d’une chasseuse de têtes qui m’avait déjà parlé pour d’autres possibilités d’emploi hors de Postes Canada. Cette fois, le poste semble intéressant; directeur des communications externes et porte-parole national francophone, en plus d’appuyer le président de l’organisation et de développer des stratégies pour la haute direction. Il était aussi question d’assurer la liaison avec les membres de l’organisation et avec l’appareil gouvernemental (sous-entendons le lobbying). Le bilinguisme était obligatoire bien entendu. Je répondais pas mal à toutes les exigences du poste… jusqu’à ce que la madame me dise qu’il s’agissait du Canadian Tobacco Manufacturing Council. Pour un gars qui avait cessé de fumer plusieurs années auparavant et qui était devenu, forcément, un antitabac… c’était une offre « qu’il fallait refuser ».

Lors d’une réunion sur le développement de notre service Omnipost, quelqu’un souligne qu’Internet compte alors 25 millions d’utilisateurs à travers le monde et que les utilisateurs commerciaux sont de plus en plus nombreux. 25 millions…, ça frise le ridicule à peine 20 ans plus tard. C’est quasiment le nombre de Canadiens qui sont internautes aujourd’hui. Nous songeons même à offrir le Guide postal… la bible des entreprises de publipostage… sur cédéroms ou sur disquettes. Disquettes… un mot pratiquement disparu du langage informatique.

Lors du lancement du projet Ubi, en janvier 1994, j’avais jasé un peu avec Gilles Vaillancourt, celui-là de grande notoriété qui était alors maire de Laval et dont le sort, 20 ans plus tard, ne serait plus le même. Il m’avait demandé s’il était possible de venir visiter notre Centre national de contrôle avec son directeur général et deux conseillers municipaux, et possiblement d’autres. Je lui avais dit de m’appeler quand il serait prêt à venir visiter et que je m’occuperais du reste. C’est ce qu’il avait fait le 13 mars. Il serait aussi accompagné de Jean-Paul St-Denis, alors président de Vidéoway Multimédia, une filiale de Vidéotron, et grand ami de Vaillancourt. J’avais tout organisé et, un jour, Georges Clermont, mon PDG, apprend que j’amène le maire de Laval… une vedette politique très connue… À partir de ce moment-là, il m’avise que quand il arrivera au siège social, c’est lui qui le prendra en charge. La visite avait eu lieu le 11 avril.

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