Il a de la classe à revendre

« Il a signé récemment un contrat qui fait de lui l’un des hockeyeurs les mieux rémunérés au monde… et cela à l’âge de 18 ans. Trois compagnies nationales ont déjà retenu ses services pour endosser la promotion de leur produit. Il a terminé au troisième rang des meilleurs compteurs à sa première saison au sein de la défunte Association mondiale de hockey grâce à une fiche de 46 buts et de 65 passes. On lui prédit un bel avenir au sein de la LNH et certains prétendent même qu’il est le successeur éventuel de Bobby Orr. » Le journaliste Yvon Legault signe un reportage sur la participation de Wayne Gretzky au tournoi de golf des Hawks de Hawkesbury. Il y raconte sa rencontre avec celui dont la réputation n’est plus à faire. « Il a de la classe à revendre. Il aime jaser, mais il n’aime pas parler de lui-même. Il tente constamment de s’éloigner du sujet. » Ce qui n’a pas empêché Legault de s’en tenir au sujet. La photo de Gretzky au Club de golf de Hawkesbury fait évidemment la une du journal Le Carillon du 25 août 1979.

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Le ciné-parc Bel-Vue (le bon vieux « drive-in ») était là bien avant le développement résidentiel qui l’entourait maintenant. Et comme cela était inévitable, les gens qui avaient décidé de s’installer à proximité ont commencé à se plaindre de sa présence. Comme on peut le lire dans le journal du 29 août 1979, « les membres du Conseil municipal ont rappelé que le ciné-parc Bel-Vue était bien situé au moment de son ouverture puisqu’il était à l’extérieur de la zone d’habitation. Aujourd’hui, par contre, la même zone est habitée et les bruits deviennent de plus en plus agaçants pour les contribuables. » Les autorités municipales voulaient discuter avec les nouveaux propriétaires du ciné-parc maintenant connu sous le nom de « Mustang » afin de « rediscuter de la relocalisation du ciné-parc à l’extérieur du secteur résidentiel ». Les propriétaires du ciné-parc voudraient un certain dédommagement, ce que les autorités municipales n’étaient pas prêtes à consentir. « Lundi soir, les membres du Conseil ont demandé que les policiers fassent respecter le règlement municipal anti-bruit, ‘au lieu d’espionner qui fait du ‘parking’ et ensuite aller commérer partout’. » Comme à peu près tous les ciné-parcs, celui-là fermerait éventuellement ses portes… sans avoir eu à déménager finalement. L’école secondaire Le Sommet est maintenant située sur l’ancien terrain du ciné-parc.

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Jean Poirier, l’animateur de l’Association canadienne-française de l’Ontario dans Prescott-Russell, ne lâche pas prise. Cette fois, comme on peut le lire dans le journal du 29 août 1979, il effectue un sondage. « Une proportion de 95 pour cent des quelque 500 agriculteurs interrogés estiment important, et très important, l’établissement d’une école d’agriculture francophone dans les comtés. » Entre temps, les autorités provinciales avaient confirmé que l’école Champlain d’Alfred resterait ouverte et accueillerait ses pensionnaires tant et aussi longtemps que son sort à long terme ne serait pas déterminé. À suivre, bien sûr.

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Le conseiller Claude Demers ne lâchait pas lui non plus. Cette fois, c’est un vote de non-confiance à l’endroit du chef de la Sûreté municipale, Maurice Durocher, qui n’a pas récolté l’appui de ses collègues. Demers n’avait pas aimé la réaction et l’effort des policiers lors de récents troubles au parc de la Confédération. « Le problème aurait été soulevé à la suite du fait que certains policiers se seraient plaints directement auprès de certains membres du Conseil de la situation actuelle à la Sûreté municipale. » Les employés municipaux avaient compris que s’ils voulaient « brasser de la merde » sans d’y tremper les pieds, il suffisait d’en parler au conseiller Demers. Et tristement, cela durerait de trop nombreuses années.