Le Cinéma Régent ne devient qu’un souvenir

J’en parle dans ma chronique du journal Le Carillon du 25 juillet 1979. « Le Cinéma Régent vit ses dernières heures. En fin de semaine, il aura passé à l’histoire de Hawkesbury, comme l’Ottawan d’il y a vingt ans. Le vieil édifice croulera bientôt sous le pic des démolisseurs, victime de la modernisation du centre-ville. Avec la disparition du Régent, Hawkesbury sera ainsi privée d’une salle de cinéma et rien ne laisse supposer qu’il y aura une relève. » Et j’ajoute qu’avec « la mode des petites salles, peut-être que le Mail Hawkesbury pourrait utiliser un de ses locaux vacants pour desservir la population. Cela servirait également à attirer une partie de la clientèle qui profitera de Hawkesbury Centre. Le cinéma Régent ayant perdu sa clientèle à cause d’un système de projection inefficace, c’est ce domaine qu’une relève éventuelle devra améliorer. » Évidemment, les proprios du cinéma Laurentien de Grenville s’en réjouissaient. Le cinéma local et régional devenait leur exclusivité et c’est encore la situation aujourd’hui.

Dans l’édition du 1er août 1979, nous avions une photo de l’extérieur du cinéma Régent annonçant les deux derniers films à l’affiche. La légende d’accompagnement se lisait ainsi : « Le Cinéma Régent, rue Principale à Hawkesbury, sera fermé pour tout de bon dès le 4 août. Le propriétaire du cinéma, M. Ghislain Séguin, a été catégorique: le cinéma Régent ne sera pas relocalisé. M. Séguin a précisé que la dégradation de la qualité des films sur le marché était l’une des principales raisons pour laquelle il abandonnait la projection de films. Il a ajouté que les fils de qualité étaient difficiles à obtenir et que les conditions étaient exigeantes pour des cinémas comme le Régent. Ce cinéma a ouvert ses portes le 23 décembre 1946, avec un film de Monte Cristo. Il appartenait à l’époque à M. Oscar Legault, et le premier gérant, M. Bérichon, a été remplacé quelques années plus tard par le gérant actuel, M. Rolland Danis. Une partie du cinéma sera démolie, la devanture, pour les besoins du nouveau centre d’achats de Hawkesbury-Centre, projet de $4 millions. » C’était en fait la véritable raison de sa fermeture.

* * *

Ce théâtre en plein air n’en était qu’à sa deuxième saison d’exploitation en 1979, si ma mémoire est fidèle. J’en parlais dans ma chronique du 14 juillet 1979. « Vous connaissez le théâtre d’été de L’Épi d’or à Ripon? » Les propriétaires voulaient en faire un théâtre de premier plan. Les invités de cet été de 1979 étaient des vedettes de l’époque : Jean-Pierre Ferland, Angèle Arsenault, Jean-Guy Moreau, Jean Lapointe et Edith Butler. Ma fille aimait bien les chansons d’Angèle Arsenault et nous avions donc assisté au spectacle en plein air. Je ne sais pas si ce théâtre existe encore. Il a peut-être changé de nom, ce qui expliquerait que je n’en ai pas entendu parler depuis de nombreuses années. C’était quand même tout un défi d’aller construire un tel amphithéâtre en pleine forêt si loin des grands centres.

* * *

Le texte remplit une pleine page dans le journal du 14 juillet 1979 et il est accompagné d’un petit encadré qui se lit comme suit : « Le Carillon reproduit ci-dessous le texte intégral d’un document publié par le ministère fédéral de l’Emploi et de l’Immigration, en mars 1979, et destiné aux Canadiens désireux de venir en aide aux réfugiés. Le texte est à propos ces temps-ci à cause des ‘réfugiés de la mer’ ces boat people du Vietnam, sans gîte, sans nourriture, avec peu d’espoirs. » Plusieurs personnes de Hawkesbury et des comtés unis avaient adopté de ces jeunes réfugiés, comme des centaines d’autres l’avaient fait ailleurs au pays. Le journal avait offert de la publicité gratuite pour encourager les familles intéressées par l’adoption.

* * *

Tout le monde en parlait parce qu’un accident de la sorte était rare, surtout dans notre petit coin de pays. « Un accident de la circulation impliquant un autobus de la compagnie Voyageur, jeudi vers 12 h 15, a fait 38 blessés dont neuf demeurent toujours hospitalisés. » C’est ce qu’on peut lire dans l’édition du 21 juillet 1979. « L’accident, qui est survenu non loin du viaduc du parc Carillon dans la voie ouest de la route 417, s’est produit quand l’autobus a tenté de doubler un camion cinq tonnes de la compagnie Budge Internationale de Montréal. » L’autobus s’était retrouvé sur le côté dans le fossé. Plus de peur que de mal.